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Nouvelle-Zélande: Rotorua, un parfum inoubliable

Par Laurie Goret / Publié le 02.12.2016
C’est une ville fantôme au premier sens du terme, plongée dans une brume épaisse du matin jusqu’au soir : bienvenue à Rotorua, cité géothermale de Nouvelle-Zélande où bains de boue, sources chaudes et culture maorie vont de pair.

Le lac de Rotorua, là où tout a commencé (Photo : Brice Lefèvre)
Le lac de Rotorua, là où tout a commencé (Photo : Brice Lefèvre)

Rotorua est sans conteste l‘une des étapes incontournables d’une visite en Nouvelle-Zélande. A 230 km au sud-est d’Auckland, dans l’île du Nord, elle attire chaque année des milliers de vacanciers. A première vue, c’est assez surprenant. Il faut dire qu’on ne voit pas plus loin que le bout de son nez à certains endroits et selon l’orientation des vents. La première inspiration est tout aussi perturbante : une odeur de soufre parvient aux narines des visiteurs. Elle ne les quittera pas jusqu’à la fin du séjour !

La ville blanche

Rotorua est devenu l’un des lieux les plus touristiques du pays grâce à ses sources géothermales. La ville est bordée par un lac du même nom, né d’une éruption volcanique. Un immense bassin rempli de minéraux en tout genre, laissant s’échapper par endroits des effluves pestilentiels. On peut longer le plan d’eau à pied sur plusieurs kilomètres, la promenade vaut le détour : plusieurs oiseaux d’eau douce y ont élu domicile. La baie porte bien son nom : on l’appelle la « Sulfur Bay » (ou baie du soufre). C’est assez impressionnant à voir, surtout lorsqu’on ignore les effets secondaires de l’eau sur la peau si l’on venait à y tremper un orteil… Décapant !

Au bord du lac, plusieurs maisons thermales ont pignon sur rue. Les baigneurs jouissent des bienfaits de cette eau si singulière tout en profitant de la vue sur le lac. Ces instituts de bien-être offrent aussi toute une gamme de soins pour se relaxer, une fois enveloppé de boue.

La traversée du parc de Rotorua est ensuite un passage obligé pour tout bon visiteur. On ne peut pas le rater : au cœur de la ville, il plonge la cité dans une atmosphère particulière. Ici et là, des barrières entourent les fameuses sources crépitantes, laissant s’évaporer dans une fumée blanche une odeur inoubliable. Il existe même un petit bassin où ceux qui n’ont peur de rien peuvent profiter d’un bain de pied sulfureux…

Geysers et sources multicolores

Le parc de Waiotapu (Photo : Brice Lefèvre)

Il faut s’éloigner à 37 km au sud de la ville pour découvrir la beauté de cette région. Waiotapu est sans conteste le site volcanique qui a fait le succès de Rotorua. La visite dure au moins une demi-journée. Le parc s’ouvre en beauté : tous les jours à 10 heures pétantes, un guide vient activer manuellement un geyser. Sa technique est imparable, il suffit d’y plonger du savon, tout simplement. C’est d’ailleurs en faisant leur toilette que les anciens ont découvert l’existence de ce geyser, des années auparavant, lorsque l’un d’entre eux, maladroit, y laissa tomber sa savonnette !

La visite du site se poursuit par une marche autour de sources chaudes ou froides, vertes, orange ou violettes. Tout dépend s’il s’agit d’arsenic ou d’une autre substance dangereuse.

L’une des nombreuses sources colorées du parc de Waiotapu (Photo : Brice Lefèvre)

Une deuxième aire volcanique se trouve à dix kilomètres de là. Elle est beaucoup plus récente. La vallée de Waimangu doit sa forme actuelle à l’éruption du Mont Tarawera, survenue à cinq reprises au cours des 18 000 dernières années. Par le passé, le volcan s’est notamment réveillé en 1886, puis en 1900-1904 et en 1917. Forcément, ça laisse des traces. On les appelle par des noms poétiques tels que “le lac d’émeraude”, “le cratère de l’enfer” ou encore “la source coquille Saint-Jacques”.

Le berceau de la culture maorie

Rotorua vient du Maori et signifie littéralement « le lac du cratère » ou « deuxième lac ». Les premiers colons de Nouvelle-Zélande sont venus de Polynésie à bord de pirogues. Te Arawa désigne la tribu locale qui s’est installée à Rotorua. Ses descendants vivent encore ici, et perpétuent la tradition. Il est possible de visiter leur village et de découvrir la manière dont ils vivent. Attraction touristique ou réalité ethnologique ? On ne sait qu’en penser. Quoi qu’il en soit, les vacanciers viennent à la rencontre des locaux, habillés en tenue d’époque. Ils utilisent les sources d’eau géothermiques pour cuire les aliments, se baigner et réchauffer leurs habitats.

Le soir venu, des spectacles sont aussi organisés : Tamaki, Mitai ou Ohinemutu, tels sont les noms de ces villages dits « traditionnels ». Au menu, musique, danses typiques avec l’incontournable Haka, défilé de guerriers tatoués à bord de pirogues géantes et plats traditionnels. L’occasion d’apprendre les coutumes et les légendes de la culture maorie. Le tout compris entre 115 et 200 dollars néo-zélandais par personne. Petits budgets, s’abstenir !
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