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Valencia, Espagne: le charme puissant de la fantaisie

Par Noëlle Hermal / Publié le 22.08.2014
La séduction de Valencia est d’autant plus puissante qu’elle a longtemps été méconnue. Troisième ville d’Espagne, elle est moins évidemment touristique que Madrid ou Barcelone. Mais Valencia s’impose désormais par la beauté de ses plages, sa grande richesse culturelle, son sens de la fête. Une magie discrète et pénétrante qui conquiert le visiteur.

Cité des Arts et des Sciences, Valencia (Photo: Marc via Flickr)
Cité des Arts et des Sciences, Valencia (Photo: Marc via Flickr)

Sur la côte Est de l’Espagne, Valencia est bordée par la Mer Méditerranée. Avec près de 800 000 habitants, elle est la troisième ville du pays mais se trouve touristiquement distancée par Madrid, la capitale, et Barcelone, autre cité balnéaire très populaire sur la côte. Cependant, Valencia possède de sérieux atouts pour séduire les voyageurs.

Si vous êtes amateurs de plages, cette destination à la fois urbaine et côtière a tout pour vous plaire. En seulement quinze minutes depuis le centre-ville, il est aisé de rejoindre les plages de Las Arenas, El Cabañal et Malvarrosa. Sable fin et ambiance festive sont au rendez-vous ! Sur le Paseo Neptune qui longe la plage de Malvarrosa, les restaurants de poissons rivalisent pour attirer les promeneurs désireux de goûter aux saveurs iodées. Mais La Pepica est sans conteste l’adresse à retenir : fondé en 1898, cet établissement flirte avec le statut d’institution tant il est connu de tous. De fait, il mérite le détour par la fraîcheur de ses fruits de mer, sa décoration charmante faite de carrelage bleu et blanc, sa situation idéale en front de mer. Hemingway, homme de goût s’il en est, avait d’ailleurs coutume de s’y attabler !

Une architecture follement contemporaine…

Valencia attire aussi de nombreux visiteurs, curieux de découvrir son célèbre centre océanographique. Ce complexe de 100 000m², inauguré en décembre 2002, capte immédiatement le regard du promeneur par l’originalité de son architecture aux airs de nénuphar spatial, œuvre de Félix Candela. A l’intérieur de cet immense édifice de verre et de lumière reflétée sur l’eau, le plus grand aquarium d’Europe abrite dauphins, phoques, bélugas, ainsi qu’une serre à oiseaux aquatiques. L’Oceanogràfic est l’un des éléments de la vaste Cité des Arts et des Sciences, quartier majeur et récent de Valencia, qui démontre ainsi toute sa capacité à repenser son identité urbaine. Non loin des plages et du centre-ville, facilement accessible avec le réseau de bus, la Cité se dessine à l’embouchure de l’ancien fleuve Turia, aujourd’hui asséché et transformé en parc traversant la ville d’Est en Ouest, à la manière d’un serpentin de verdure. Cette transformation originale est le résultat d’une inondation importante de Valencia en 1957. Pour prévenir un autre drame, la transformation du fleuve a été mise en œuvre dans les années 60.

… et le gothique flamboyant en son coeur

Au-delà de son quartier récent, la cité valencienne recèle un précieux patrimoine architectural. Après avoir connu la domination musulmane du VIIIe au XIIIe, riche en échanges culturels, puis la Reconquista espagnole avec la reprise de Jean 1e d’Aragon, Valencia resplendit durant la Renaissance. Le XVe siècle est véritablement le Siècle d’Or avec une population qui croît jusqu’à doubler, mais aussi et surtout l’édification des plus belles réalisations architecturales que l’on peut admirer de nos jours. La Bourse de la Soie est bâtie en 1482 et devient l’un des plus grands marchés de la Méditerranée. Depuis 1996, elle est inscrite au patrimoine de l’humanité de l’UNESCO. Le fabuleux clocher de la cathédrale de Valencia, le Micalet, tour de 51 mètres surplombant la rue de la Barcella, date également de cette période et s’impose comme l’un des symboles de la ville. On peut également citer les Tours Serrano, le marché, la cathédrale Sainte-Marie…

Pour le promeneur, le charme se vérifie dans chaque ruelle du centre historique, devant les façades à la précision dentellière, le plus souvent éclairées par un soleil généreux. La plaza de Toros établit une frontière symbolique entre le cœur historique de Valencia et ses quartiers alentours. Mais partout la couleur, les arcs, les lignes, le frémissement d’une courbe sous la pierre récompensent la curiosité.

Les Fallas, règne de la fête

L’Espagne est une terre où l’on sait faire la Fête. Pamplona, Séville, Valencia… Chaque année, du 16 au 19 mars, les Valenciens accueillent des milliers de touristes pour partager le plaisir d’une semaine à la fois folle et très sage. Ses contours, son rythme, ses excentricités ou repos vous appartiennent. Le nom de la fête vient de la « falla », monument éphémère construit autour d’une armature de bois. Chaque quartier de la ville travaille avec cœur et énergie à son œuvre, faite de matériaux composites savamment peints. Le message véhiculé par ces constructions est souvent drôle, voire satirique. Le 16 mars a lieu la « plantà de fallas », l’installation de chaque falla dans les différents quartiers valenciens. Les habitants et touristes peuvent alors les admirer tout à loisir. Mais le 19 mars, elles sont vouées aux flammes lors de la « crema de fallas ». Ce sacrifice, aussi sérieux que comique, se déroule à minuit.

Chaque jour des Fallas, la « mascletà » se fait entendre : à 14h et durant sept minutes précisément, un spectacle sonore pyrotechnique est proposé sur la place de la Mairie. Un moment de lumière et de gaieté qui draine une foule immense, dans toutes les artères du centre-ville. A l’issue des pétards et feux d’artifice, il est l’heure d’investir l’un des restaurants et bars de la ville pour déjeuner à l’heure espagnole. Mais que vous séjourniez à Valencia durant les Fallas ou en toute autre saison, vous profiterez de sa douceur de vivre, des bodegas où il fait bon déguster quelques tapas avant de déambuler jusqu’à la plage…



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