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title: "Bivouaquer et marcher sur les hauts plateaux du Vercors depuis le Trièves"
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url: "https://allovoyages.fr/destinations/bivouac-hauts-plateaux-vercors/"
author: "Rédaction Allovoyages"
date: "2026-09-07T15:58:01+00:00"
lang: "fr_FR"
categories: ["Destinations"]
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# Bivouaquer et marcher sur les hauts plateaux du Vercors depuis le Trièves

Il existe, à une heure de Grenoble, un espace de dix-sept mille hectares sans une maison habitée, sans une route de transit, sans un pylône. On y marche une journée entière sans croiser autre chose que des bouquetins, des marmottes et parfois un berger. C'est la réserve naturelle nationale des hauts plateaux du Vercors, et le Trièves en est la porte d'entrée orientale.

Cet article n'est pas un topo. C'est ce qu'il faut savoir avant d'y monter, parce que la fréquentation a beaucoup augmenté ces dernières années et que la réglementation du site est mal connue, y compris de gens de bonne volonté.

## Ce qu'est vraiment la réserve

Créée le 27 février 1985, elle couvre 17 030 hectares, entre 1 050 et 2 341 mètres d'altitude, sur treize communes de l'Isère et de la Drôme. Chichilianne, Gresse-en-Vercors, Saint-Michel-les-Portes et Saint-Martin-de-Clelles, côté Trièves, en font partie. La gestion revient au Parc naturel régional du Vercors.

Sa particularité tient en une phrase : elle n'abrite aucun habitat permanent ni aucune route à grande circulation. C'est ce vide, à cette échelle, qui n'a pratiquement pas d'équivalent en France métropolitaine.

Le paysage n'est pas celui qu'on attend d'un plateau. Ce sont des vallonnements calcaires, des pelouses rases, des pins à crochets tordus par le vent, des lapiaz, des combes qui se ressemblent toutes quand le brouillard tombe. La faune vaut le détour : bouquetins réintroduits et bien installés, chamois, cerfs, aigles royaux, vautours fauves. Côté flore, le lis de saint Bruno, l'orchis globuleux et la primevère oreille d'ours, protégée au niveau national.

## La règle, en cinq points qui décident de tout

Il faut la connaître avant de partir, pas la découvrir sur un panneau au Pas de l'Aiguille.

**Le bivouac est autorisé de 17 heures à 9 heures, sur toute la réserve.** La tente se monte le soir et se démonte le matin. L'office de tourisme du Trièves recommande de s'installer autant que possible à proximité des cabanes-abris. En dehors de ce créneau, une tente montée relève du camping, qui est interdit dans la réserve.

**Les chiens sont interdits, même tenus en laisse.** C'est la règle qui provoque le plus de discussions et la plus facile à justifier : un chien, même parfaitement tenu, est perçu comme un prédateur par la faune. Bouquetins, marmottes et tétras-lyre le repèrent de très loin et le dérangement est réel, mesurable, cumulatif. Il n'y a pas de dérogation.

**Le feu est interdit à l'extérieur, toute l'année.** Les sols sont fragiles et la végétation rase met des décennies à se reconstituer. Le réchaud, lui, reste autorisé pour les bivouaqueurs.

**La cueillette est proscrite**, y compris de ce qui paraît banal.

**Les troupeaux se contournent.** L'estive est une activité économique, pas un élément de décor, et elle occupe l'ensemble de la réserve de la mi-mai à la mi-septembre environ. On garde ses distances, on ne traverse pas un troupeau, on parle au berger plutôt qu'à son chien de protection. Face au chien, on s'arrête, on ne court pas, on ne le fixe pas, on le laisse identifier le passant, puis on contourne largement : les bons réflexes sont détaillés sur [pasto-kezako.fr](https://pasto-kezako.fr/), vers lequel l'office de tourisme renvoie.

Depuis 2022, s'ajoute une interdiction spécifique, et c'est la seule : [**plus de bivouac sur la prairie sommitale du Mont Aiguille**](/destinations/mont-aiguille-1492-naissance-alpinisme/). Deux hectares d'herbe et plus de cent trente espèces végétales ne supportaient plus la fréquentation. Partout ailleurs dans la réserve, la règle du soir au matin s'applique.

## Les cabanes-abris, et ce qu'il ne faut pas en attendre

Des cabanes non gardées sont réparties sur les hauts plateaux. Six d'entre elles sont accessibles depuis le versant Trièves, avec des capacités qui vont de deux à dix-neuf places ; les plus utiles à connaître sont la cabane de Chaumailloux, au-dessus du Pas de l'Aiguille, et celle de Pré Peyret. Le site [refuges.info](https://www.refuges.info/) en tient la liste et l'état. Elles sont ouvertes, libres d'accès, gratuites, et destinées avant tout à s'abriter en cas de coup dur.

Elles ne se réservent pas. Elles peuvent être pleines, occupées par un berger, fermées pour travaux ou simplement introuvables dans le brouillard. Un itinéraire construit sur l'hypothèse « on dormira à la cabane » est un itinéraire mal construit : on emporte la tente, et la cabane devient une bonne surprise plutôt qu'un plan.

Le reste relève du savoir-vivre : on repart avec ses déchets, on laisse le bois qu'on a trouvé, on referme.

## L'eau, le vrai sujet

Le calcaire ne retient rien. Sur les hauts plateaux, l'eau disparaît dans le sous-sol, et les points d'eau fiables se comptent sur les doigts d'une main.

Cela a des conséquences très concrètes. Deux à trois litres par personne et par jour, à porter. Une vérification préalable des sources sur la page [Info sources du Parc du Vercors](https://parc-du-vercors.fr/info-sources), qui publie le débit des points d'eau au fil de la saison, car certains sont taris dès juillet. Et une organisation d'itinérance qui tourne souvent autour des points d'eau plutôt qu'autour des kilomètres.

C'est la principale différence entre une randonnée dans les Alpes cristallines, où l'on croise un torrent tous les deux kilomètres, et une randonnée sur un plateau karstique. Beaucoup de randonneurs expérimentés se font surprendre.

## Monter depuis le Trièves : les portes

Le versant est du plateau, celui qui regarde le Trièves, se franchit par des brèches qu'on appelle ici des pas.

Le [**Pas de l'Aiguille**](/destinations/randonnee-mont-aiguille-pas-de-laiguille/), au départ de [Chichilianne](/destinations/chichilianne-village-mont-aiguille/), est le plus connu et le plus accessible : trois heures aller-retour, 580 mètres de dénivelé, avec la nécropole nationale et le souvenir des combats de juillet 1944 au sommet de la montée.

Le **Pas de l'Essaure** sert de descente classique dans les itinéraires en traversée.

Le **col de l'Aupet**, à 1 627 mètres, s'atteint depuis la Richardière et donne accès au plateau par le nord du Mont Aiguille, mais l'itinéraire qui en part vers les hauts plateaux n'est pas balisé : il se réserve à ceux qui savent lire une carte sans marques au sol.

Le **Grand Veymont**, 2 341 mètres, point culminant du Vercors, s'attaque habituellement depuis Gresse-en-Vercors. C'est une grande journée, sans difficulté technique mais avec du dénivelé, et l'un des meilleurs postes d'observation des bouquetins du massif.

## Les itinérances qui traversent le Trièves

Pour ceux qui veulent plusieurs jours, le territoire est traversé par des itinéraires balisés de premier plan.

Le **GR 91** descend les hauts plateaux du nord au sud, de Corrençon-en-Vercors à Châtillon-en-Diois. Une variante emprunte le Balcon Est, longe les falaises sous le Grand Veymont, passe au Pas de l'Aiguille et redescend par le Pas de l'Essaure : c'est la version la plus spectaculaire côté Trièves.

Le **GR 93** traverse le massif d'est en ouest et se prolonge jusqu'au Dévoluy. La Fédération française de randonnée pédestre en propose une itinérance de sept jours sur environ 112 kilomètres et 5 600 mètres de dénivelé positif, classée difficile.

Les **Grandes Traversées du Vercors** combinent GR 9, GR 91, GR 93 et GR 95 pour former un grand circuit du massif, déclinable en plusieurs formules.

Deux autres itinéraires méritent d'être connus, parce qu'ils racontent autre chose que la seule montagne. Le **Tour de l'Obiou**, autour du sommet du Dévoluy qui ferme l'horizon oriental du plateau. Et **Sur les pas des Huguenots**, itinéraire culturel européen qui suit le chemin d'exil des protestants du Dauphiné après la révocation de l'édit de Nantes, et qui traverse le Trièves. Quand on a vu le temple de Mens, la marche prend un autre sens.

## Trois jours sur le plateau, depuis le Trièves

Le format qui revient le plus souvent, et qui donne la meilleure idée du lieu sans engager une semaine, tient en trois jours et deux nuits.

**Jour 1.** Montée par le Pas de l'Aiguille depuis Chichilianne en fin de matinée, traversée vers le nord sur le plateau l'après-midi, installation après 17 heures à proximité d'une cabane-abri. On porte son eau depuis la vallée.

**Jour 2.** La grande journée : progression vers le Grand Veymont ou vers le sud selon la météo, avec l'essentiel des rencontres animalières tôt le matin et en fin de journée. Deuxième bivouac.

**Jour 3.** Redescente vers le Trièves par le Pas de l'Essaure, ou par le col de l'Aupet pour qui sait suivre un itinéraire non balisé, retour sur Chichilianne ou Gresse-en-Vercors.

Ce schéma suppose deux choses : une météo stable, parce qu'il n'y a nulle part où se réfugier confortablement, et une gestion sérieuse de l'eau. Il ne suppose aucune technicité particulière.

## Observer les animaux sans les faire fuir

C'est l'une des raisons de venir, autant s'y prendre correctement.

Les bouquetins se voient surtout tôt le matin et en fin de journée, sur les pentes sous les crêtes. Les chamois occupent plutôt les combes et les lisières. Les marmottes se repèrent au sifflement bien avant d'être vues. Le tétras-lyre, lui, est un cas à part : discret, sensible au dérangement, et particulièrement vulnérable en hiver.

Quelques réflexes suffisent. Rester sur les sentiers, s'arrêter et s'asseoir plutôt que d'avancer vers un animal, utiliser des jumelles au lieu de s'approcher, éviter les crêtes en silhouette, et parler bas. La règle des chiens interdits prend tout son sens quand on a vu une harde de bouquetins déguerpir à quatre cents mètres pour un chien parfaitement tenu en laisse.

## Pourquoi une réserve, et pourquoi en 1985

Le classement en réserve naturelle nationale n'est pas tombé du ciel. Dans les années 1970 et 1980, la pression montait sur les hauts plateaux : projets d'aménagement, circulation motorisée, fréquentation croissante, alors que le milieu, karstique et d'altitude, se régénère très lentement.

Le classement de 1985 a gelé cette trajectoire. Il n'a pas fermé le plateau, il l'a laissé ouvert à la marche en encadrant tout le reste. Quarante ans plus tard, le résultat est visible : une population de bouquetins réinstallée, des rapaces qui nichent, et un espace où l'on peut encore marcher une journée entière sans entendre un moteur. C'est, en France métropolitaine, devenu rare au point d'être précieux.

## Quand y aller, et à quelles conditions

La fenêtre utile va globalement de juin à octobre. La neige tient tard sur le versant est et dans les combes, les névés persistent parfois jusqu'au début de l'été, et l'automne offre les meilleures conditions : air clair, herbe rousse, brame du cerf en septembre, sentiers déserts.

Le brouillard est le danger réel de ce plateau. Le relief est peu marqué, les repères se ressemblent, et une nappe qui monte en fin de journée transforme une randonnée simple en exercice de navigation. Carte, boussole et itinéraire étudié à l'avance ne sont pas une précaution de vieux briscard, c'est la base sur ce terrain.

Le vent, enfin, mérite une pensée au moment de choisir un emplacement de bivouac. Une pelouse plate et dégagée à 1 900 mètres, c'est très joli sur les photos et beaucoup moins à trois heures du matin.

## Si l'on ne veut pas dormir sous une tente

L'itinérance sur les hauts plateaux ne se pratique pas uniquement en autonomie complète. [Les villages du pourtour](/destinations/villages-du-trieves-mens-lalley-giono/), Chichilianne, Gresse-en-Vercors, Clelles, Mens, disposent de gîtes d'étape, de fermes et de chambres qui permettent de construire des séjours en étoile : on monte à la journée, on redescend dormir, et on recommence ailleurs le lendemain.

Cette formule a deux avantages qu'on sous-estime. On porte un sac léger, ce qui change tout sur un terrain sans eau. Et l'on fait vivre l'économie locale, ce qui n'est pas anodin dans une vallée qui accueille beaucoup de passage et retient peu de nuitées.

## Notre position, puisqu'il faut en avoir une

Le bivouac est devenu un objet de communication. Les images de tentes posées face au Mont Aiguille circulent énormément, et elles ont fait monter la fréquentation d'un espace qui n'était pas dimensionné pour cela. L'office de tourisme du Trièves le constate, sans disposer de chiffres : la hausse est nette, et elle se concentre sur le Pas de l'Aiguille, devenu le spot connu du secteur.

La réglementation de la réserve n'est pas un obstacle à cette pratique, elle est ce qui la rend encore possible. Dix-sept heures - neuf heures, pas de feu, pas de chien, pas de trace : quatre contraintes, et le droit de dormir dans l'un des plus beaux déserts d'Europe occidentale. Le jour où ces règles cesseront d'être respectées, ce sera l'interdiction pure et simple, comme sur le sommet du Mont Aiguille depuis 2022.

Qui ne peut pas s'y tenir, pour de bonnes raisons ou de mauvaises, trouvera dans le Trièves des gîtes d'étape, des fermes et des chambres qui font très bien l'affaire.

L'office de tourisme du Trièves publie sur son blog une page dédiée aux conseils et à la réglementation du bivouac dans le Vercors et le Trièves, mise à jour au fil des arrêtés : c'est la source à consulter avant de partir, plutôt qu'un forum.

*Photographies : © Itinera Magica. Merci à l'[office de tourisme du Trièves](https://www.trieves-vercors.fr/) pour la mise à disposition des images.*

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*Source : [allovoyages.fr](https://allovoyages.fr/destinations/bivouac-hauts-plateaux-vercors/)*
