France

Citadelle de Brouage : visiter la place forte au cœur du marais

Rédaction Allovoyages · septembre 25, 2026 · 6 min de lecture
Citadelle de Brouage : visiter la place forte au cœur du marais
Échauguette sur les remparts de la citadelle de Brouage. Photo : Paralacre, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons.

Un carré de remparts posé au milieu des prairies, un ancien port de mer qui ne voit plus la mer, et la ville natale du fondateur de Québec : la citadelle de Brouage se visite librement, à pied, et elle laisse rarement indifférent.

On arrive à Brouage par le marais, et c’est d’abord la muraille qu’on voit : plus de 2 kilomètres de remparts d’environ 8 mètres de haut, dessinant un carré d’à peu près 400 mètres de côté. À l’intérieur, un village de rues droites, de maisons basses et de lieux d’exposition. Brouage fait partie des Plus Beaux Villages de France depuis 2017, et c’est l’une des deux pépites de la commune de Marennes-Hiers-Brouage, avec le chenal ostréicole de Marennes.

De la capitale du sel à la place forte de Richelieu

La ville est fondée vers 1555 par Jacques de Pons, sous le nom de Jacopolis-sur-Brouage. Elle prospère sur le commerce du sel. Aux XVIe et XVIIe siècles, Brouage est présentée comme la capitale européenne du sel, à la fois port de sel et port de guerre.

Les remparts actuels sont construits à partir de 1628 sur ordre de Richelieu, par l’ingénieur Pierre de Conti d’Argencourt. Brouage sert alors de base au cardinal pendant le siège de La Rochelle. Vauban renforcera plus tard une partie des défenses, à la fin du XVIIe siècle, mais la citadelle lui est antérieure : c’est l’un des rares exemples complets de place forte de plaine du XVIIe siècle d’avant Vauban. Les remparts sont classés monument historique depuis 1886.

Puis la mer s’est retirée. L’envasement gagne dès le XVIIe siècle, la création de l’arsenal de Rochefort en 1666 détourne l’activité militaire, et la garnison quitte définitivement les lieux en 1885. Brouage, qui comptait quelque 4 000 habitants vers 1642, s’endort dans son marais… et c’est précisément ce sommeil qui l’a si bien conservée.

Faire le tour des remparts

C’est la première chose à faire : monter sur le chemin de ronde et en faire le tour, environ 2 kilomètres en accès libre et gratuit. D’un côté, les toits du village ; de l’autre, le marais de Brouage à perte de vue, avec ses canaux et ses troupeaux. L’Office de Tourisme recense 7 bastions et 19 échauguettes, ces guérites de pierre en encorbellement qui ponctuent les angles.

On entre dans la citadelle par deux portes, la porte Royale et la porte de Marennes. Ouvrez l’œil aussi pour les deux ports souterrains, témoins du temps où les bateaux venaient jusqu’au pied des murs. Les remparts font l’objet d’un important chantier de restauration lancé en 2022 : quelques secteurs peuvent être ponctuellement fermés.

Les sept lieux à visiter dans la citadelle

Le Syndicat mixte de Brouage, qui associe la commune et le Département, anime sept lieux dans la citadelle :

  • La Halle aux vivres, construite en 1631 pour stocker les vivres de la garnison : un vaisseau de pierre de 64 mètres de long, à double voûte, qui abrite l’exposition permanente interactive « Brouage se la raconte ! », avec un parcours pour les enfants. L’entrée y est payante, avec un tarif réduit pour les 10-17 ans.
  • La Glacière, puits maçonné dans le bastion Richelieu, où l’on conservait jusqu’à 22 tonnes de glace récoltée l’hiver dans les canaux gelés.
  • La Poudrière de la Brèche, construite en 1692 selon les principes de Vauban, et la Tonnellerie, qui accueillent des expositions temporaires gratuites.
  • La Poudrière Saint-Luc, animée par une association franco-québécoise.
  • La Vitrine des métiers d’art et l’Espace Champlain, dédiés à la création et aux résidences d’artistes.

Horaires et tarifs varient selon la saison : ils sont publiés sur le site du Syndicat mixte de Brouage.

Champlain, la Nouvelle-France et l’église Saint-Pierre-Saint-Paul

Brouage a vu naître, vers 1570, Samuel de Champlain, le fondateur de Québec en 1608. Ce lien avec le Canada se lit partout. L’église Saint-Pierre-Saint-Paul, bâtie au début du XVIIe siècle et inscrite monument historique, abrite depuis 1984 le Mémorial des origines de la Nouvelle-France. Ses neuf vitraux, réalisés pour l’essentiel par le maître verrier Nicolas Sollogoub entre 1982 et 2001 et offerts par des donateurs canadiens et français, racontent cette aventure transatlantique. Une stèle rend hommage à Champlain devant l’édifice.

Brouage cultive aussi une page plus romanesque : en 1659, Marie Mancini, nièce de Mazarin et premier amour du jeune Louis XIV, y est envoyée pour l’éloigner du roi. La tradition veut que Louis XIV soit venu, plus tard, pleurer ce premier amour sur les remparts. Légende ou non, l’histoire colle parfaitement au décor.

Préparer sa visite

  • Le circuit du patrimoine : il réunit les points d’intérêt de la citadelle et du marais, et il est disponible gratuitement au bureau d’accueil de l’Office de Tourisme de Brouage (2 rue de l’Hospital). C’est le meilleur compagnon pour une première visite.
  • Visites guidées : de fin mars à fin septembre, une visite guidée part chaque jour de la porte Royale, sur réservation auprès de l’Office de Tourisme.
  • Stationnement : tous les parkings de Brouage sont gratuits, comme l’accès au village et aux remparts. Le centre est piéton ; le parking Nord, à l’extérieur, ouvre d’avril à octobre.
  • Accessibilité : les remparts ne sont pas accessibles aux personnes à mobilité réduite ; le parking de la place d’Armes, à l’intérieur de la citadelle, permet de s’approcher du centre.
  • Quand venir : au printemps et en septembre pour la douceur et le calme ; en juillet-août, préférez le matin ou la fin d’après-midi, quand les groupes sont repartis et que la lumière dore la pierre.

Questions fréquentes

La visite de la citadelle de Brouage est-elle gratuite ?

Oui : l’accès au village, aux remparts et aux parkings est libre et gratuit toute l’année. La Halle aux vivres et les visites guidées sont payantes ; plusieurs expositions de la citadelle sont gratuites.

Combien de temps faut-il pour visiter Brouage ?

Comptez une demi-journée pour le tour des remparts, les lieux d’exposition et l’église. Une journée complète permet d’y ajouter une balade dans le marais ou une visite de la tour de Broue.

La citadelle de Brouage a-t-elle été construite par Vauban ?

Non. Les remparts sont l’œuvre de l’ingénieur d’Argencourt, sur ordre de Richelieu, à partir de 1628. Vauban n’a fait que renforcer certaines défenses à la fin du XVIIe siècle.

Pour aller plus loin

Photo : Échauguette sur les remparts de la citadelle de Brouage. Paralacre, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons.

Rédaction Allovoyages

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