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title: "La Ciotat, berceau du cinéma : l’Eden Théâtre et le train des frères Lumière"
description: "Cinquante secondes de pellicule, une locomotive qui entre en gare, et une légende de spectateurs épouvantés. Le film le plus célèbre des débuts du cinéma porte…"
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author: "Rédaction Allovoyages"
date: "2026-10-05T12:16:53+00:00"
lang: "fr_FR"
categories: ["Destinations"]
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# La Ciotat, berceau du cinéma : l’Eden Théâtre et le train des frères Lumière

*Cinquante secondes de pellicule, une locomotive qui entre en gare, et une légende de spectateurs épouvantés. Le film le plus célèbre des débuts du cinéma porte le nom de La Ciotat. La ville en a gardé la gare, le château des Lumière et une salle de 1889 où l'on va toujours au cinéma.*

Demandez à dix personnes de citer un film des frères Lumière. Neuf répondront *L'Arrivée d'un train en gare de La Ciotat*. Le dixième dira *L'Arroseur arrosé*, tourné lui aussi à La Ciotat. Ce n'est pas un hasard de catalogue : à l'été 1895, la famille Lumière est en villégiature dans sa propriété du bord de mer, et Louis y tourne une trentaine de vues, parmi les toutes premières de l'histoire du cinéma, d'après l'office de tourisme.

Lyon a l'usine et le brevet. Paris a la première séance publique payante. La Ciotat, elle, a le décor, les premiers spectateurs privés et un record du monde homologué. Reste à démêler ce qui s'est réellement passé, ce qui relève de la légende, et ce que l'on peut encore voir.

## Un été 1895 au Clos des Plages

Les Lumière sont lyonnais. Antoine, le père, photographe et industriel, a fait bâtir à La Ciotat une vaste demeure face à la mer : le château du Clos des Plages, que l'on appelle aujourd'hui le Palais Lumière. La famille y passe ses étés.

En 1895, ses fils Louis et Auguste viennent de mettre au point le Cinématographe, un appareil qui enregistre et projette des images animées. Louis emporte la caméra en vacances. Il filme ce qu'il a sous les yeux : la famille, les enfants, le jardin, la gare. L'office de tourisme cite, outre *L'Arrivée d'un train*, *L'Arroseur arrosé* et *Querelle enfantine*.

Le 21 septembre 1895, une séance privée est donnée dans le Grand Salon du château, devant des invités. C'est trois mois avant la séance parisienne du 28 décembre, au Salon indien du Grand Café, que l'on retient d'ordinaire comme l'acte de naissance du cinéma.

## L'Arrivée d'un train en gare de La Ciotat, cinquante secondes d'histoire

Le film dure 50 secondes. Il est tourné en 35 mm, en noir et blanc, par Louis Lumière, qui en signe à la fois la réalisation et la photographie.

La caméra est posée sur le quai, en biais. Le train arrive du fond de l'image, grossit, passe au ras de l'objectif et s'arrête. Des voyageurs descendent, d'autres montent. C'est tout. Mais ce cadrage en diagonale, qui donne à la locomotive toute la profondeur du champ pour avancer vers le spectateur, est un coup de génie de mise en scène, et les historiens du cinéma n'ont cessé de le commenter depuis.

![Photogramme du film L'Arrivée d'un train en gare de La Ciotat : une locomotive à vapeur entre en gare le long du quai](https://allovoyages.fr/wp-content/uploads/2026/10/arrivee-train-gare-la-ciotat-lumiere.webp)Photogramme de L'Arrivée d'un train en gare de La Ciotat. Image : Louis Lumière, domaine public, via Wikimedia Commons### Trois précisions que l'on oublie souvent

**Il n'était pas à la première séance.** Contrairement à une idée tenace, *L'Arrivée d'un train* ne figure pas parmi les dix films projetés le 28 décembre 1895 à Paris. Sa première projection publique date du 25 janvier 1896, à Lyon.

**Il en existe plusieurs versions.** Le négatif d'origine s'usant au fil des tirages, Louis Lumière a retourné la scène. On connaît une version de 1895 et une autre de 1897 : celle que l'on voit le plus souvent n'est pas forcément la première.

**Il a été refait en relief.** En 1935, Louis Lumière en tourne une nouvelle version en stéréoscopie, par le procédé des anaglyphes. Quarante ans après, il inventait une seconde fois le même film.

### La panique des spectateurs : une légende

On raconte que le public, voyant la locomotive foncer sur lui, se serait levé en hurlant pour fuir vers le fond de la salle. L'image est belle. Elle est très exagérée.

Les historiens retiennent plutôt une appréhension nerveuse, un mouvement de recul. Un sursaut, pas une débandade. L'écran des premières séances n'était d'ailleurs qu'une toile fine de dimensions modestes : de quoi impressionner, pas de quoi faire croire qu'un train allait traverser le mur. La légende dit surtout la force du souvenir que ces images ont laissé.

## Un film que l'on n'a jamais cessé de refaire

Peu de films de cinquante secondes ont eu une telle descendance. En 1995, Patrice Leconte en a tourné un remake parodique où un TGV traverse l'écran. En 2005, le compositeur Baudime Jam lui a écrit une partition originale. Et en 2020, une version portée en 4K et à 60 images par seconde par des outils d'intelligence artificielle a beaucoup circulé en ligne.

Le film supporte tout cela très bien. Sa force tient à une idée simple, que le cinéma n'a jamais abandonnée : placer le spectateur là où il ne devrait pas être, sur la trajectoire de ce qui arrive.

## L'Eden Théâtre, la plus vieille salle de cinéma du monde

Au 25 boulevard Georges Clemenceau, à deux pas du port, l'Eden Théâtre a été construit en 1889, six ans avant le Cinématographe. C'était alors une salle de spectacles : théâtre, music-hall, concerts, réunions populaires.

Le cinéma y entre par amitié. Antoine Lumière s'était lié avec Raoul Gallaud, le propriétaire de la salle, et c'est ainsi que l'Eden est devenu l'un des premiers lieux où le public a pu voir les films de la maison Lumière. L'office de tourisme retient une date : le **21 mars 1899**, première séance payante de cinéma à l'Eden.

La salle est inscrite à l'Inventaire supplémentaire des monuments historiques le 12 février 1996. Elle est rénovée « à l'identique » en 2013.

En 2021, le Guinness des records l'homologue comme **le plus ancien cinéma du monde encore en activité**.

Ce n'est pas un musée, et c'est ce qui en fait le prix. L'Eden est un cinéma de plein exercice, classé art et essai, avec les labels « Patrimoine et répertoire » et « Jeune public ». On y vient voir un film sorti la semaine dernière ou un classique restauré, dans une salle où l'on projetait déjà des images quand le cinéma était une curiosité de foire. Le programme est annoncé sur le site de la salle.

## Sur les traces des Lumière : quatre adresses

### La gare de La Ciotat - Ceyreste

C'est le lieu du tournage, et c'est toujours une gare en service, sur la ligne Marseille - Toulon. Une plaque commémorative y a été apposée en 1942. Le quai a changé, les trains aussi, mais on arrive encore à La Ciotat comme les voyageurs du film. La gare est à l'écart du centre : en bus, ou à pied par la voie douce Patrick Boré, en une heure environ.

### Le Palais Lumière

L'ancien château du Clos des Plages se trouve au bout de l'allée Lumière, côté plages. Le bâtiment est aujourd'hui une résidence et ne se visite pas en temps ordinaire. Le Grand Salon, où eut lieu la séance du 21 septembre 1895, ouvre lors d'occasions particulières, notamment les Journées européennes du patrimoine, en septembre.

### Le monument des frères Lumière

Il se dresse à proximité de la plage Lumière. On passe devant en longeant le front de mer, entre deux baignades.

### L'Eden Théâtre

Pour une séance, de préférence. Les lieux de cinéma se visitent mieux dans le noir.

Les trois derniers se relient à pied, du port vers les plages ; la gare est à part. L'office de tourisme propose par ailleurs des visites commentées de la ville, dont le parcours « Patrimoine et Légendes ».

## Une journée cinéma à La Ciotat

Arrivez en train. C'est la seule manière correcte de commencer : on descend sur le quai de la gare de La Ciotat - Ceyreste, on cherche la plaque de 1942, on regarde les rails filer vers Marseille. Puis on gagne le centre à pied par la voie douce, en une heure, ou en bus.

Déjeuner sur le Port-Vieux. L'après-midi, promenade le long du front de mer jusqu'à l'allée Lumière : le Palais au bout de l'allée, le monument près de la plage. Les enfants se baignent, les cinéphiles photographient.

Retour vers le port en fin de journée pour la séance du soir à l'Eden. Si le programme affiche un film de patrimoine, ne cherchez pas plus loin. La ville compte un second cinéma, un multiplexe avenue Émile Bodin, mais on ne fait pas le voyage pour lui.

## Michel Simon, l'autre Ciotaden du cinéma

La ville a eu un second grand homme d'écran. L'acteur Michel Simon, l'inoubliable Boudu de Jean Renoir, possédait une villa sur les hauteurs, du côté de la chapelle Notre-Dame de la Garde. Elle figure aujourd'hui parmi les points d'intérêt signalés par le Parc national des Calanques sur la boucle du sémaphore.

Les falaises voisines ont elles aussi leur filmographie. Le Parc national cite notamment *Le Deuxième Souffle* de Jean-Pierre Melville et, plus près de nous, *La French* (2014), qui ont pris le cap Canaille pour décor.

## Trois festivals pour revenir

La Ciotat n'a pas fait de son passé une rente. Trois rendez-vous font vivre l'Eden au présent :

- le **Festival du Premier Film Francophone**, qui existe depuis 1981 et se consacre, comme son nom l'indique, aux débuts des cinéastes ;
- **Lumexplore**, festival du film d'exploration, de science et d'environnement, créé en 2016 ;
- **Le Cri du Court**, festival international de courts métrages, depuis 2022.

Les dates changent chaque année. Elles sont publiées dans l'agenda de l'office de tourisme.

## Lyon ou La Ciotat : qui a inventé le cinéma ?

La question fâche, à Lyon comme en Provence. La réponse honnête tient en trois lieux.

À **Lyon**, dans le quartier de Monplaisir, les Lumière conçoivent et font breveter le Cinématographe, et Louis y tourne *La Sortie de l'usine Lumière*. À **Paris**, le 28 décembre 1895, a lieu la première projection publique payante. À **La Ciotat**, entre ces deux moments, Louis Lumière tourne une trentaine de films et montre ses images à un premier cercle d'invités.

La Ciotat n'a donc pas inventé l'appareil. Elle a été son premier terrain de jeu, et le décor de son image la plus célèbre. Elle a surtout gardé ce que les deux autres n'ont plus : une salle de cette époque où l'on continue d'aller au cinéma.

Pour le versant lyonnais de l'histoire, voyez notre article sur [Monplaisir, un quartier qui fait son cinéma](/destinations/quartier-monplaisir/).

## Informations pratiques

**Eden Théâtre** : 25 boulevard Georges Clemenceau, 13600 La Ciotat. Séances toute l'année. Tarifs et programme sur le site de la salle.

**Venir** : TER depuis Marseille ou Toulon, 30 minutes. Bus entre la gare et le centre.

**Quand** : toute l'année. C'est même l'un des meilleurs arguments pour visiter La Ciotat hors saison, un jour de mistral ou de pluie.

Le cinéma n'est pas la seule invention ciotadenne. Douze ans après le train des Lumière, un joueur de boules perclus de rhumatismes traçait un cercle sur un terrain de la ville : c'est [l'origine de la pétanque](/destinations/origine-de-la-petanque/).

### Pour aller plus loin

- [Visiter La Ciotat : notre guide complet](/destinations/visiter-la-ciotat/)
- [L'origine de la pétanque, née à La Ciotat en 1907](/destinations/origine-de-la-petanque/)
- [Randonnée à La Ciotat : la boucle du sémaphore](/destinations/randonnee-la-ciotat/)
- [Les plages de La Ciotat, dont la plage Lumière](/destinations/plages-la-ciotat/)
- [Lyon : Monplaisir, un quartier qui fait son cinéma](/destinations/quartier-monplaisir/)

*Informations relevées en octobre 2026, à vérifier avant votre visite. Sources : [office de tourisme de La Ciotat](https://www.destinationlaciotat.com/profiter/les-activites-en-interieur/le-cinema/), Parc national des Calanques, Guinness World Records, notice Wikipédia du film.*

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*Source : [allovoyages.fr](https://allovoyages.fr/destinations/la-ciotat-berceau-du-cinema/)*
