---
title: "Les Lapidiales à Port-d’Envaux : la carrière devenue atelier, gratuite et ouverte jour et nuit"
description: "Commençons par la réponse à la question que tout le monde pose en premier, parce qu’elle éclaire le reste du site : il n’y a ni…"
url: "https://allovoyages.fr/destinations/les-lapidiales-port-denvaux/"
author: "Rédaction Allovoyages"
date: "2026-09-07T11:33:55+00:00"
lang: "fr_FR"
categories: ["Destinations"]
---

# Les Lapidiales à Port-d’Envaux : la carrière devenue atelier, gratuite et ouverte jour et nuit

Commençons par la réponse à la question que tout le monde pose en premier, parce qu'elle éclaire le reste du site : **il n'y a ni horaires ni tarifs.** Les Lapidiales sont gratuites et accessibles en permanence. Pas de guichet, pas de barrière, pas de saison d'ouverture. Vous pouvez y être un mardi de février à sept heures du matin.

C'est déjà une information suffisante pour y aller. Mais elle ne dit rien de ce qu'on y trouve, et ce qu'on y trouve est difficile à décrire sans tomber dans l'hyperbole.

## Ce que c'est

À Port-d'Envaux, sur la Charente, une ancienne carrière de pierre — dite **carrière des Chabossières** — a été abandonnée comme toutes les autres du secteur au milieu du XXe siècle. Les fronts de taille sont restés : de hautes parois de calcaire blanc, lisses, verticales, creusées par les carriers, puis envahies par la végétation.

En **2000**, un sculpteur, **Alain Tenenbaum**, fonde une association loi 1901 avec une idée simple et démesurée : faire venir des sculpteurs du monde entier pour qu'ils taillent directement dans ces parois. Pas des œuvres posées devant un mur — des œuvres **dans** le mur, creusées dans la roche là où elle se trouve, et qui ne pourront jamais être déplacées.

Les premiers artistes s'installent en **2001**. Depuis, ils reviennent chaque année. L'association compte environ **deux cent cinquante membres**, et le site a accueilli plusieurs dizaines de sculpteurs de nationalités très diverses, qui ont produit une soixantaine d'œuvres monumentales. Le principe est celui de la résidence : chaque saison, un thème est retenu, et **cinq à sept sculpteurs** travaillent sur place.

Le résultat n'a pas d'équivalent en France. On marche au pied d'une falaise dont chaque section a été traitée par quelqu'un de différent, avec une technique différente, un imaginaire différent, dans une même pierre. Des visages émergent de la roche, des corps, des animaux, des formes abstraites, parfois à quelques mètres les uns des autres. Certains visiteurs trouvent l'ensemble magnifique, d'autres franchement dérangeant. Les deux réactions sont légitimes : c'est de l'art brut à ciel ouvert, pas un parcours décoratif.

## La saison : venir quand les sculpteurs travaillent

Le site est visible toute l'année, mais il y a une différence considérable entre le voir et le voir se faire.

**Entre le 1er mai et le 30 septembre**, les sculpteurs en résidence sont sur place. On les entend avant de les voir : le bruit sec des ciseaux et des massettes sur le calcaire porte loin dans le bois. On peut s'approcher, regarder, poser des questions. La plupart acceptent volontiers l'échange — c'est explicitement l'esprit du lieu, qui se définit comme un espace de rencontre entre artistes régionaux, nationaux et étrangers.

La saison se clôt en septembre par une fête.

**Hors saison**, entre octobre et avril, vous aurez le site pour vous, ce qui n'est pas rien : la fréquentation estivale est loin d'être confidentielle. En contrepartie, vous ne verrez que le résultat, et rien du geste.

Notre conseil : **fin mai ou septembre**. Les sculpteurs sont là, les chemins sont secs, et l'affluence de plein été est passée.

## Un lieu tenu par une association, et cela se voit

Il y a une raison à l'absence de guichet, et elle n'est pas seulement philosophique.

Les Lapidiales ne sont pas un équipement public. C'est une **association loi 1901**, avec ses adhérents, ses bénévoles, ses subventions et son mécénat. Personne n'est payé pour tenir une caisse, parce qu'il n'y a pas de caisse. Le site vit des cotisations, des dons, du soutien de collectivités et d'un club de mécénat créé pour le projet le plus lourd — la Galaxie des Pierres Levées.

Cela se traduit très concrètement sur le terrain :

- **Il n'y a pas d'accueil.** Personne pour vous expliquer ce que vous voyez si aucun sculpteur n'est présent.
- **La signalétique est inégale.** Les cartels existent, mais ils ne couvrent pas tout, et une partie des œuvres reste sans explication.
- **L'entretien dépend des bras disponibles.** Après un hiver pluvieux, les chemins du bois ne sont pas ceux d'un parc municipal.
- **Rien ne vous empêche de mal vous comporter**, ce qui reporte la responsabilité sur le visiteur. On ne grimpe pas sur les sculptures, on ne dérange pas un sculpteur au travail sans un mot, on ne laisse rien derrière soi.

Ce fonctionnement est aussi ce qui fait la qualité du lieu. Un site géré par une association d'artistes n'a aucune raison de lisser son propos : certaines œuvres sont belles, d'autres inquiétantes, quelques-unes franchement dures, et personne n'a filtré. C'est très rare dans le tourisme culturel français.

Si le lieu vous plaît, la façon la plus simple de le soutenir est d'adhérer à l'association — ce qui coûte à peu près le prix d'une entrée dans un site payant, et qui remplace celle que vous n'avez pas payée.

## La Galaxie des Pierres Levées

C'est le second chantier du site, et le plus ambitieux.

Sur un terrain d'environ **cinq hectares**, l'association a entrepris de dresser **trois cent soixante-cinq mégalithes** sculptés, disposés en forme de galaxie. Le projet est conçu comme un chantier **sur quarante ans** : personne parmi ceux qui l'ont lancé ne le verra achevé.

Il faut le dire clairement à qui s'y rend aujourd'hui : **c'est un chantier en cours, pas une œuvre finie.** On voit des pierres levées, des blocs en attente, un terrain en devenir. Certains visiteurs sont déçus de ne pas trouver un Carnac contemporain déjà debout ; d'autres trouvent au contraire que voir un projet à quarante ans dans sa dixième année est exactement l'intérêt de la chose.

Le nombre de trois cent soixante-cinq n'est pas choisi au hasard : une pierre par jour de l'année. Le site comporte par ailleurs plusieurs « pierres mères », une par continent, autour desquelles s'organise le propos.

## Y aller, et ne pas se perdre

C'est le principal reproche que les visiteurs adressent au site : **il n'est pas évident à trouver.** Il est caché dans un bois, en retrait de la route, et la signalétique reste discrète.

Depuis Port-d'Envaux, prenez la **rue des Lapidiales (D119)** en direction de Plassay. Le site se trouve à environ un kilomètre de la mairie, sur la route de Crazannes. Un grand parking est aménagé sur la gauche.

Port-d'Envaux est une commune de **mille cent quatre-vingt-huit habitants** (recensement 2023), sur la rive gauche de la Charente, à environ onze kilomètres au nord-ouest de Saintes. Elle s'appelait Saint-Saturnin-des-Échauds sous l'Ancien Régime et doit son nom actuel à la Révolution — « port » et « vaux », le port de la vallée.

Prévoyez des chaussures fermées : le sol du bois est irrégulier et souvent humide.

**Combien de temps ?** Comptez une heure pour un premier passage, une heure et demie si vous prenez le temps de lire les cartels et de faire le tour de la Galaxie. C'est une visite courte, ce qui est une bonne nouvelle : elle se combine facilement.

## La combinaison évidente : Crazannes et les Lapidiales dans la même journée

Les deux sites sont issus du même banc de calcaire et racontent les deux moitiés de la même histoire.

**[Les carrières de Crazannes](/destinations/carrieres-de-crazannes/)**, à quelques kilomètres, sont l'histoire du travail : deux mille ans d'extraction, arrêtée en 1948, un parcours de six cent cinquante mètres et deux cent quatre-vingts marches au fond des anciennes tranchées, ouvert de mars à novembre, sept euros.

**Les Lapidiales** sont l'histoire de ce qu'on fait de la pierre quand plus personne n'en a besoin pour construire.

Et les deux sont **reliés à pied** par un itinéraire balisé, les sentiers de la pierre, qui part du site de la Pierre de Crazannes. [Nous décrivons la marche dans un article séparé](/destinations/randonnee-carrieres-crazannes-lapidiales/) : c'est probablement la meilleure façon de faire les deux, parce qu'on traverse alors le paysage qui les explique.

Si vous êtes en voiture et pressés : Crazannes le matin — le site ferme entre midi et quatorze heures hors juillet-août —, les Lapidiales l'après-midi, qui n'ont pas d'horaires.

## À voir dans le même rayon

**Le château de Panloy**, à Port-d'Envaux même : une demeure remaniée en 1760 qui conserve des éléments Renaissance de son origine, en 1537.

**L'église Saint-Saturnin** du village, dont les parties les plus anciennes remontent au début du XIIe siècle.

**Les logis et les maisons de capitaines** qui bordent la Charente : Port-d'Envaux s'est enrichi du commerce fluvial, et ses grandes maisons du XVIIIe et du XIXe siècle en témoignent.

**[Le château de Crazannes](/destinations/chateau-de-crazannes/)**, classé monument historique en 1913, connu localement comme le château du Chat botté.

**Taillebourg**, en remontant le fleuve : c'est là que Louis IX a forcé le passage du pont de la Charente les 22 et 24 juillet 1242, épisode que Delacroix a peint en 1837 pour la galerie des Batailles de Versailles.

**[Saintes](/destinations/visiter-saintes/)**, à onze kilomètres : l'amphithéâtre gallo-romain, l'arc de Germanicus, l'Abbaye aux Dames fondée en 1047.

## Y aller avec des enfants

Le site fonctionne remarquablement bien avec des enfants, à trois conditions.

**La première** est de savoir que certaines œuvres sont dures. Des visages tourmentés, des corps contraints, des motifs qui ne cherchent pas à plaire : le mot « gore » revient dans plusieurs commentaires de visiteurs. Ce n'est ni majoritaire ni gratuit — c'est de la sculpture d'artistes adultes, pas un parcours pour familles. Prévenez, ou orientez le parcours.

**La deuxième** est de venir en saison. Un enfant à qui l'on montre des sculptures dans un bois s'ennuie vite ; un enfant qui voit un sculpteur japonais ou taïwanais attaquer une paroi à la massette et au ciseau, à trois mètres de lui, ne s'ennuie pas du tout. C'est probablement la meilleure introduction possible à ce qu'est la sculpture.

**La troisième** est de prévoir la suite. La visite dure une heure. Les carrières de Crazannes, à quelques kilomètres, proposent des **ateliers de sculpture sur pierre** d'avril à septembre, à sept euros par personne : l'enchaînement — voir des professionnels le matin, tailler soi-même l'après-midi — est le meilleur programme du secteur pour une famille.

Le site est en revanche difficilement praticable avec une poussette : sol de bois, racines, dénivelés courts mais réels.

## Faut-il y aller ?

Oui, et sans hésiter, pour une raison qui tient en une phrase : c'est gratuit, c'est ouvert en permanence, et il n'existe rien de comparable ailleurs en France.

Il faut simplement savoir ce qu'on va voir. Ce n'est pas un musée, il n'y a personne pour vous accueillir, la moitié du projet est encore à l'état de chantier, et certaines œuvres sont dures. C'est un lieu d'artistes, entretenu par une association de bénévoles, dans une carrière que l'économie a abandonnée il y a soixante-quinze ans.

C'est précisément ce qui en fait l'un des endroits les plus singuliers de Charente-Maritime.

---

*Source : [allovoyages.fr](https://allovoyages.fr/destinations/les-lapidiales-port-denvaux/)*
