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title: "Le maquis des Glières en 1944, et où s’en souvenir aujourd’hui"
description: "À 1 435 mètres d’altitude, au-dessus de la vallée du Borne, le plateau des Glières ressemble d’abord à ce qu’il est : un grand alpage calcaire…"
url: "https://allovoyages.fr/destinations/maquis-des-glieres/"
author: "Rédaction Allovoyages"
date: "2026-09-23T10:02:39+00:00"
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categories: ["Destinations", "France"]
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# Le maquis des Glières en 1944, et où s’en souvenir aujourd’hui

À 1 435 mètres d'altitude, au-dessus de la vallée du Borne, le plateau des Glières ressemble d'abord à ce qu'il est : un grand alpage calcaire bordé de crêtes, avec ses chalets, ses tourbières et, l'hiver, ses pistes de fond. C'est pourtant ici que s'est installé, de fin janvier à fin mars 1944, le maquis des Glières, devenu l'un des noms les plus connus de la Résistance française.

L'histoire tient en quelques semaines. Elle a pourtant produit un monument national, une nécropole, un musée, des décennies de commémorations et un débat d'historiens qui n'est pas tout à fait refermé. Elle a aussi laissé des traces très concrètes dans les villages du Petit-Bornand et d'Entremont, aujourd'hui réunis dans la commune de Glières-Val-de-Borne.

Cet article suit l'ordre logique d'une visite : comprendre ce qui s'est passé, savoir ce que l'on en dit aujourd'hui, puis parcourir les lieux, du plateau jusqu'à Morette.

## Pourquoi le plateau des Glières : un terrain de parachutage

Vaste, dégagé, difficile d'accès, le plateau offre ce que cherchent les services alliés : une zone où larguer des conteneurs d'armes loin des routes surveillées. Un premier parachutage y a lieu dès le 21 mars 1943.

Le plateau est ensuite homologué par une mission franco-britannique associant un officier du SOE, le lieutenant-colonel Heslop, dit Xavier, et un représentant de la France libre, le capitaine Rosenthal, dit Cantinier. L'idée qui s'impose au début de 1944 est d'y rassembler des hommes de l'Armée secrète pour réceptionner les armes destinées à toute la Résistance haut-savoyarde. Fin janvier, Vichy place la Haute-Savoie en état de siège : le plateau devient à la fois base de réception et refuge.

## 31 janvier 1944 : l'installation du maquis des Glières

Le 31 janvier 1944, le lieutenant Tom Morel monte s'installer sur le plateau avec une première troupe, de 120 à 150 hommes selon les sources. L'encadrement vient en grande partie d'anciens du 27e bataillon de chasseurs alpins d'Annecy.

Les effectifs grossissent vite. Aux hommes de l'Armée secrète s'ajoutent deux groupes de Francs-tireurs et partisans, d'obédience communiste, et une cinquantaine de républicains espagnols réfugiés, qui forment une unité à part. En mars arrivent encore des maquisards du Chablais et du Giffre. Selon le Département de la Haute-Savoie, **465 maquisards** se regroupent au total sur le plateau des Glières entre janvier et mars 1944.

Autour du plateau se resserre l'encerclement des gardes mobiles, des Groupes mobiles de réserve (GMR) et de la Milice. Les accrochages se multiplient ; le parachutage le plus important arrive le 10 mars.

## Tom Morel et la devise « Vivre libre ou mourir »

Théodose Morel, dit Tom, est né le 1er août 1915 à Lyon. Saint-Cyrien, officier au 27e BCA, décoré de la Légion d'honneur à 24 ans après la bataille des Alpes de juin 1940, il passe dans la clandestinité après l'invasion de la zone sud en novembre 1942. Nommé chef des maquis de Haute-Savoie, il est chargé d'organiser la réception des parachutages aux Glières.

Sur le plateau, il fait d'hommes venus d'horizons sociaux et politiques très divers un bataillon structuré, et lui donne une devise : « Vivre libre ou mourir ». On la retrouve aujourd'hui gravée à l'intérieur du monument.

Sa mort intervient avant l'attaque finale. Dans la nuit du 9 au 10 mars 1944, il mène une opération contre l'état-major du GMR Aquitaine, cantonné à Entremont, au pied du plateau. Ses hommes prennent l'Hôtel de France et désarment leurs prisonniers. Au cours d'une discussion, le commandant du GMR, Grégoire Lefèbvre, sort un revolver dissimulé et abat Tom Morel. Lefèbvre est tué aussitôt après.

Le corps de Tom Morel est remonté sur le plateau et enterré le 13 mars, puis transféré en mai à Morette, où il repose toujours. Il est fait compagnon de la Libération à titre posthume, par décret du 20 novembre 1944.

## Du capitaine Anjot à la dispersion du 26 mars

Après un intérim, le capitaine Maurice Anjot, adjoint du chef départemental de l'Armée secrète, prend le commandement le 18 mars. La situation a changé : devant l'échec des forces de Vichy, l'armée allemande décide d'intervenir, avec des bataillons de chasseurs de montagne, de l'artillerie et l'appui de l'aviation, aux côtés de la Milice.

Anjot mesure le rapport de force. Il choisit de tenir pour l'honneur, tout en cherchant à épargner ses hommes. Le 26 mars 1944, l'attaque conjointe des forces de Vichy et de la Wehrmacht perce le dispositif dans le secteur de Monthiévret. Le soir même, Anjot ordonne la dispersion, et le bataillon quitte le plateau dans la nuit.

Le plus meurtrier vient ensuite. Traqués dans les vallées, souvent dénoncés, une grande partie des maquisards est capturée. Le Département retient un bilan de **129 maquisards et 20 habitants** morts, « tués au combat, fusillés ou déportés ». Les décomptes varient légèrement selon les sources, mais l'ordre de grandeur est constant : plus d'un homme sur quatre n'a pas survécu.

## La vallée du Borne dans l'histoire des Glières

On parle souvent du plateau comme d'un lieu isolé. Il ne l'était pas. Le ravitaillement, le renseignement et l'hébergement passaient par les villages d'en bas, et ceux-ci ont payé.

Le Petit-Bornand a subi de dures représailles. La commune a été citée à l'ordre de l'armée et a reçu la Croix de guerre. Son curé, l'abbé Jean Truffy, servait d'intermédiaire entre la population et le maquis ; il a été déporté quinze mois à Dachau, et sa tombe se trouve dans l'église du village. À Entremont, le propriétaire de l'Hôtel de France, le résistant Lucien Levet, a été arrêté par la Gestapo le 30 mars 1944 et est mort en déportation.

Le **sentier des Patriotes**, qui relie le village du Petit-Bornand au plateau, rend hommage à ces habitants morts pour avoir aidé les maquisards. C'est un itinéraire exigeant : 18 kilomètres aller-retour, 940 mètres de dénivelé positif, environ 6 h 30 de marche, classé noir et praticable hors période d'enneigement, dont la durée varie d'une année à l'autre. Nous le détaillons, avec les autres itinéraires, dans [notre guide des randonnées au plateau des Glières](https://allovoyages.fr/destinations/plateau-des-glieres-randonnee/).

## Une « grande bataille » ? Ce que disent les historiens

C'est le cœur de la polémique du plateau des Glières, et il mérite de la précision. En mars et avril 1944, les Glières deviennent un enjeu de la guerre des ondes. À Londres, Maurice Schumann en fait à la BBC un symbole de la France combattante. À Radio-Paris, Philippe Henriot décrit une simple opération de police contre des « terroristes ». Après la guerre, un récit s'installe : celui d'environ 500 maquisards tenant tête à 12 000 soldats allemands et leur infligeant de lourdes pertes, la « première bataille de la Résistance ».

Les historiens ont corrigé ce récit. Jean-Louis Crémieux-Brilhac, dès 1975, montre que les chiffres de pertes allemandes venaient d'un télégramme de la Résistance : ces pertes ont en réalité été très faibles. Alain Dalotel en 1992, puis Claude Barbier en 2014 chez Perrin, ont prolongé ce travail ; le livre de ce dernier a lui-même suscité critiques et débats.

Ce qui ressort de ces travaux : pas de bataille rangée de plusieurs jours, mais un baroud d'honneur suivi d'une dispersion, et une répression très dure. Crémieux-Brilhac a résumé l'enjeu d'une formule : « une défaite des armes peut être une victoire d'opinion ».

Cette mise au point ne retire rien au sens du lieu. Les hommes montés sur le plateau savaient ce qu'ils risquaient, et les morts, maquisards comme habitants, sont bien réels. Le retentissement des Glières a aussi eu des effets concrets : il a contribué à convaincre les Alliés de la capacité de la Résistance, et le grand parachutage du 1er août 1944 sur le même plateau a pesé dans la libération du département, le 19 août.

## Mémoire du Maquis et le sentier historique

Sur le plateau, le point de départ est le bâtiment d'accueil **Mémoire du Maquis**, géré par le Département, à 1 435 mètres, le long de la RD 55. Le visiteur qui cherche un « musée du plateau des Glières » trouvera ici un espace d'information, une salle d'exposition et une salle de projection ; le musée départemental de la Résistance proprement dit est à Morette (voir plus bas).

L'accès au bâtiment et aux expositions temporaires est libre ; un billet modique concerne les visites guidées (environ deux heures), les médiations et les projections.

| Période | Ouverture type de Mémoire du Maquis |
|---|---|
| Avril et mai | Week-ends, jours fériés et vacances scolaires (zone A), matin et après-midi, fermé le lundi |
| Juin et septembre | Tous les jours sauf le lundi, matin et après-midi |
| Juillet et août | Tous les jours sauf le lundi, horaires élargis en fin de journée |

En vigilance orange pluie, orage ou vent, le bâtiment ferme. Les horaires précis se vérifient chaque saison auprès du Département ou de l'office Faucigny Glières Tourisme, à Bonneville.

Depuis le bâtiment part le **sentier historique « Le maquis des Glières »** : une boucle d'environ une heure jusqu'au monument, jalonnée de 12 tables de lecture et de 2 grandes tables d'orientation. Accès libre, livrets gratuits à l'accueil. En hiver, un circuit piétons et raquettes de découverte historique, d'une soixantaine de minutes, prend le relais.

## Le monument national à la Résistance d'Émile Gilioli

Le monument des Glières se voit de loin : une masse de béton blanc posée sur l'alpage, au lieu-dit Le Gérat, sur la commune de Glières-Val-de-Borne. Voulu par l'Association des rescapés des Glières, il est issu d'un concours national (74 artistes, un jury de cinq rescapés et quatre personnalités du monde de l'art) remporté par le sculpteur Émile Gilioli (1911-1977), avec l'ingénieur Étienne Schoendoerffer.

Le **monument national à la Résistance du plateau des Glières** est inauguré le 2 septembre 1973 par André Malraux, qui y prononce un discours resté célèbre. Il porte le label Patrimoine du XXe siècle depuis 2003 et a été inscrit au titre des monuments historiques le 27 mai 2020.

Gilioli n'a pas voulu un monument aux morts, mais un symbole d'espérance. L'ensemble s'élance comme un V de la victoire. L'une des branches monte vers le ciel ; il en sort un disque solaire de 65 tonnes, image de la liberté qui renaît, dont l'équilibre improbable rappelle qu'elle reste toujours à défendre. L'autre branche semble cassée net : toute victoire a un prix, celui des souffrances et des morts.

L'esplanade est accessible toute l'année. L'intérieur, pensé comme un lieu de recueillement, ouvre aux mêmes périodes que Mémoire du Maquis.

## Entremont, sur les pas du dernier combat de Tom Morel

Au pied du plateau, Entremont conserve la mémoire de la nuit du 9 au 10 mars 1944. Une stèle dédiée à Tom Morel et une plaque sur l'ancien Hôtel de France rappellent l'épisode.

L'office de tourisme y propose un parcours de géocaching, **« Le dernier combat de Tom Morel »**, d'une quarantaine de minutes, qui mêle recherche de caches et récit historique. Il se combine bien avec une visite de l'abbaye d'Entremont ou une randonnée, que nous présentons dans [notre guide du lac de Lessy et de la vallée du Borne](https://allovoyages.fr/destinations/lac-de-lessy-randonnee/).

Depuis la vallée, la route du plateau fait environ 6 kilomètres et n'est praticable qu'en voiture ; les autocars passent par Thorens-Glières, côté Annecy. En hiver, équipements obligatoires, et une demi-heure de marche depuis le parking.

## Morette : nécropole, musée et mémorial, côté Thônes

La visite se termine logiquement à Morette, au sud du plateau, sur la RD 909 entre Annecy et Thônes. Le site est **hors du territoire de Faucigny-Glières**, sur les communes de La Balme-de-Thuy et, en partie, de Thônes, mais il est indissociable du plateau.

La **nécropole nationale des Glières**, souvent appelée nécropole de Morette, est née au lendemain des combats, lorsque le maire de Thônes refusa que les morts soient jetés dans une fosse commune. Elle compte 105 tombes, dont 88 de maquisards des Glières, parmi lesquelles celle de Tom Morel. Elle est inscrite aux monuments historiques depuis 2015.

À côté, le **musée départemental de la Résistance** occupe un chalet d'alpage de 1794. Créé en 1964 par les rescapés, il raconte le maquis et la libération de la Haute-Savoie. Le **mémorial départemental de la Déportation** y rend hommage à plus de 1 200 déportés haut-savoyards.

La commémoration des combats des Glières a lieu chaque année le **dernier dimanche de mars**, à la nécropole de Morette.

## Visiter avec des enfants ou une classe

Le sentier historique est court et facile, et les livrets-jeux gratuits de Mémoire du Maquis s'adressent aux enfants dès 7 ans. Le monument, par sa forme, se prête à une explication simple de ce qu'est un symbole.

Pour les groupes, Mémoire du Maquis dispose d'un parking autocar, propose des visites pédagogiques et reçoit gratuitement les groupes scolaires. Les réservations passent par le service du Département.

Le Département organise aussi, depuis 1998, **Rando Glières**, avec l'USEP, l'UGSEL et l'Association des Glières. Chaque année, environ 2 000 élèves de primaire montent au plateau par six sentiers historiques, au départ de Thorens-Glières, du Petit-Bornand et de Morette, avec ateliers culturels et sportifs et un rassemblement final au monument. Plus de 54 000 enfants y ont participé depuis la création.

Côté sécurité, le plateau reste un site de moyenne montagne : la météo y change vite, les tourbières et alpages font partie d'un espace naturel sensible de 450 hectares, et l'on reste sur les sentiers balisés.

## Ce que le plateau demande au visiteur

On peut monter aux Glières chercher une épopée, et repartir avec des chiffres qui ne tiennent pas. On peut aussi regarder ce que le lieu montre vraiment : un alpage exposé, des villages en contrebas qui ont nourri et caché des hommes, un chef tué dans un hôtel de village, une dispersion dans la nuit et une répression qui a frappé bien au-delà du plateau.

Le travail des historiens n'a pas affaibli le site, il l'a rendu plus lisible. Le monument de Gilioli, qui célèbre une espérance plutôt qu'une victoire militaire, dit d'ailleurs à peu près la même chose.

Notre conseil : faire la boucle du sentier historique avant d'entrer dans le monument, redescendre par Entremont, et garder Morette pour une autre demi-journée. Pour organiser le reste du séjour, [notre guide « que faire à Bonneville »](https://allovoyages.fr/guides-pratiques/que-faire-a-bonneville/) rassemble les autres visites du territoire, et l'office Faucigny Glières Tourisme tient à jour l'agenda et les conditions du moment.

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*Source : [allovoyages.fr](https://allovoyages.fr/destinations/maquis-des-glieres/)*
