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title: "Le marais d’Yves, la réserve naturelle multipliée par six aux portes de la station"
description: "Une station balnéaire qui a une réserve naturelle nationale pour voisine immédiate, ce n’est pas si courant. À Châtelaillon-Plage, il suffit de marcher vers le sud,…"
url: "https://allovoyages.fr/destinations/marais-d-yves/"
author: "Rédaction Allovoyages"
date: "2026-10-08T18:46:12+00:00"
lang: "fr_FR"
categories: ["Destinations"]
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# Le marais d’Yves, la réserve naturelle multipliée par six aux portes de la station

Une station balnéaire qui a une réserve naturelle nationale pour voisine immédiate, ce n'est pas si courant. À [Châtelaillon-Plage](/destinations/que-faire-a-chatelaillon-plage/), il suffit de marcher vers le sud, de dépasser [les Boucholeurs](/destinations/les-boucholeurs/), et le paysage change de nature : la promenade s'efface, la dune s'installe, et derrière la dune commence un marais.

Ce marais a une particularité administrative qui en dit long sur l'année écoulée. Créé par décret du 28 août 1981 sur 192 hectares, il a vu son périmètre étendu le 14 novembre 2024 à 1 206 hectares. En une signature, la réserve a été multipliée par six. Son nom complet a suivi : c'est désormais la réserve naturelle nationale de la baie et du marais d'Yves, et elle s'étend sur deux communes, Yves et Fouras. Châtelaillon-Plage n'en fait pas partie ; elle en est la porte d'entrée nord, par le village des Boucholeurs.

## Pourquoi cet endroit précis

Ce qui se joue ici est d'abord géologique. La réserve conserve la trace d'une évolution du littoral étalée sur environ 2 500 ans : un cordon dunaire barre une ancienne baie, et derrière ce cordon se sont formés une lagune, une roselière, des prairies humides. Les substrats argileux et sableux s'y superposent en une formation que la Ligue pour la protection des oiseaux, gestionnaire du site, décrit comme rare sur la façade atlantique.

Cette mosaïque de milieux, coincée entre l'eau salée et l'eau douce, explique tout le reste. Sur quelques centaines de mètres, on passe de la dune à la lagune, de la lagune aux roseaux, des roseaux à la prairie pâturée. Chaque espèce y trouve ce qu'elle cherche, et rien de ce qu'elle fuit.

## Ce qu'on y observe, et quand

Environ 250 espèces d'oiseaux fréquentent la baie. Le chiffre impressionne, mais il ne veut rien dire tant qu'on ne le rapporte pas à une saison.

**En hiver**, la réserve est un dortoir et une cantine. On y compte quelque 20 000 limicoles, 1 500 canards et plusieurs centaines d'oies cendrées. Barges à queue noire, courlis cendrés, bécasseaux : ces oiseaux viennent du nord de l'Europe et de l'Arctique, et ils s'arrêtent ici parce que la vasière leur fournit de quoi tenir. C'est, contre toute intuition, la meilleure saison pour venir.

**Aux passages migratoires**, au printemps et à l'automne, des dizaines de milliers d'oiseaux transitent par ce couloir de l'Atlantique nord-est. Le brassage d'espèces est maximal, les effectifs varient d'un jour à l'autre, et un même point d'observation ne donne jamais deux fois la même liste.

**En été**, la réserve est plus calme côté oiseaux et plus riche côté flore. Ce sont 574 espèces de plantes à fleurs qui ont été recensées, dont une cinquantaine considérées comme rares à l'échelle locale ou internationale, l'orchidée des marais parmi elles.

La gestion repose sur un pâturage extensif, bovin et équin, complété par une gestion des niveaux d'eau. C'est ce qui maintient les prairies ouvertes ; sans les troupeaux, le milieu se fermerait en quelques années. Des suivis mensuels des oiseaux d'eau et un comptage annuel des papillons alimentent des programmes nationaux.

Karine Vennel, animatrice naturaliste à la LPO, dit à propos des groupes scolaires qui viennent ici que la visite de la réserve permet surtout aux enfants de comprendre que leur environnement est précieux. C'est une phrase modeste, et elle décrit assez bien ce que fait cet endroit à ceux qui le traversent.

## Comment on visite une réserve naturelle

Il faut être clair sur ce point, parce que la déception guette ceux qui arrivent en pensant entrer dans un parc.

Une réserve naturelle nationale n'est pas un espace de promenade libre. La réglementation encadre la circulation, l'accès à certaines zones est réservé aux missions scientifiques, et elle est rappelée sur les panneaux vert et blanc posés aux abords et à chaque accès du public. Elle existe pour la tranquillité dont les espèces ont besoin, et le dérangement des oiseaux est interdit.

L'équipe de la réserve nous a précisé la règle qui surprend le plus les promeneurs, et elle tient à la marée. Il est permis de marcher en bas de la plage à marée basse. À marée montante et à marée haute, en revanche, mieux vaut ne pas y aller du tout : le haut de plage, la dune et le cordon de galets sont interdits d'accès. Ces milieux sont fragiles, ils constituent la défense naturelle du littoral contre l'érosion, et c'est précisément là que les oiseaux se rassemblent pour se reposer quand la mer recouvre la vasière.

Les chiens sont interdits dans tout le périmètre de la réserve, même tenus en laisse. Un chien qui court dans une prairie fait décoller des oiseaux qui ont besoin de chaque calorie pour passer l'hiver. Il y a deux exceptions, où ils sont admis en laisse : la piste cyclable qui traverse la réserve sur la commune de Fouras, et, au nord, la digue entre le parking de l'Oasis et le portail, à Yves. Hors de la réserve, ce sont les mairies d'Yves et de Fouras qui fixent la règle.

Depuis l'extension, deux points d'observation servent aussi de points d'information : au nord, au bout du chemin de l'Oasis, à Yves ; au sud, au Magnou, à Fouras. Un sentier en accès libre a été aménagé dans la partie sud, côté Fouras. Côté Yves, un autre est en cours d'aménagement et doit ouvrir en 2027.

La formule qui donne accès à quelque chose, c'est la visite guidée. L'équipe de la LPO en propose toute l'année pour le grand public, les familles, les groupes et les scolaires ; le programme figure dans son agenda nature. C'est aussi le seul moyen d'entrer dans l'observatoire ornithologique de la réserve, accessible uniquement en visite accompagnée. La visite apporte deux choses qu'on n'a pas seul : une longue-vue, et quelqu'un qui sait où regarder. Un marais, à l'œil nu et sans guide, ressemble surtout à un pré mouillé.

L'office de tourisme de Châtelaillon-Plage organise également des sorties d'environ une heure et demie autour de l'observation des oiseaux et de la découverte de la réserve.

Une nouveauté est annoncée pour 2027 : un carrelet pédagogique doit être construit aux Boucholeurs, chemin de l'Oasis. Il sera ouvert régulièrement au public, pour présenter le patrimoine naturel de la réserve et permettre d'échanger avec l'équipe de la LPO.

## La boucle des huit kilomètres

Pour ceux qui veulent marcher sans encadrement, il existe un itinéraire d'environ huit kilomètres, à pied ou à vélo, au départ du secteur de Saint-Jean des Sables. Précision utile : il ne se trouve pas dans la réserve naturelle. Il relie les deux espaces naturels de Châtelaillon-Plage même, le marais de la commune et son cordon dunaire.

C'est un très bon parcours de fin de journée. Le tracé longe la mer, traverse la dune, s'approche du marais, et donne une lecture complète de ce que la commune protège. Le tracé relève de l'agglomération de La Rochelle : c'est auprès d'elle, ou de l'office de tourisme, qu'il faut vérifier le balisage avant de partir. Le dénivelé est nul, le sol est facile, et l'itinéraire se fait aussi bien en poussette qu'en vélo d'enfant.

Le paysage change avec la marée bien plus qu'avec la lumière. À marée basse, l'estran découvre les parcs conchylicoles et les alignements de pieux, et les oiseaux descendent se nourrir sur la vasière. À marée haute, ils remontent se poser dans le marais et sur le haut de plage, et c'est le moment où l'on en voit le plus depuis un même point, à condition de rester à distance.

## La dune, cette autre réserve

On parle peu du cordon dunaire, et c'est dommage, parce qu'il est en première ligne.

Une dune littorale est un ouvrage vivant : c'est elle qui encaisse la houle et protège l'arrière-pays. Elle ne tient que par sa végétation, oyats en tête, dont les racines fixent le sable. Piétiner une dune ne relève pas du détail d'étiquette : quelques centaines de passages hors sentier suffisent à ouvrir une brèche, et une brèche s'agrandit toute seule.

À Châtelaillon-Plage, la dune sud de [la plage](/destinations/plage-de-chatelaillon/) porte une végétation rase caractéristique, avec des roses sauvages qui fleurissent au début de l'été. Les accès sont matérialisés, souvent par des platelages. Les emprunter est le geste le plus simple et le plus efficace qu'un visiteur puisse faire pour cette côte.

Il n'est pas inutile de rappeler pourquoi cela compte particulièrement ici. C'est la mer qui a englouti [la cité médiévale de Châtelaillon](/destinations/vieux-chatelaillon/), et c'est la tempête Xynthia qui a frappé la baie le 28 février 2010. La protection du littoral n'est pas, dans cette commune, une préoccupation abstraite.

## Cinq oiseaux à reconnaître sans être ornithologue

Le plaisir de ces marais commence au moment où l'on cesse de voir « des oiseaux » pour commencer à voir des espèces. Cinq d'entre elles suffisent à franchir ce cap.

**La barge à queue noire.** Grande, haute sur pattes, avec un bec droit très long et légèrement retroussé. Elle sonde la vase par piqûres rapides et répétées. En vol, une barre alaire blanche très nette la trahit. C'est l'une des figures emblématiques de la baie.

**Le courlis cendré.** Le plus grand limicole d'Europe, reconnaissable sans hésitation à son bec long et courbé vers le bas, en arc. Son cri, un sifflement liquide à deux notes montantes, s'entend de très loin et reste dans la mémoire longtemps après la visite.

**Les bécasseaux.** Petits, nombreux, en groupes serrés qui se déplacent comme une seule masse et changent de couleur quand la bande tourne au soleil. On ne les compte pas un par un ; on regarde le mouvement.

**L'oie cendrée.** Grosse, grise, bruyante, en vol en formation. Plusieurs centaines hivernent dans la baie. Leur arrivée à l'automne est un événement local.

**Les canards de surface.** Colverts, mais aussi souchets, siffleurs, sarcelles selon la saison. Ils basculent la tête sous l'eau sans plonger, l'arrière-train dressé, ce qui les distingue immédiatement des plongeurs.

Le meilleur créneau ne dépend pas de l'heure mais de la marée. À marée haute, les oiseaux quittent la vasière recouverte et se rassemblent dans les zones de repos du marais : c'est le moment où l'on en voit le plus, au même endroit, sans avoir à marcher. C'est aussi le moment où il ne faut pas descendre sur la plage : on observe depuis les points d'observation, à la longue-vue ou aux jumelles. À marée basse, ils se dispersent sur l'estran pour se nourrir, et l'observation devient plus lointaine.

## Pourquoi une vasière vaut une forêt

C'est le point que les visiteurs saisissent le moins bien, et il vaut d'être dit clairement : cette étendue de boue grise que l'on trouve laide est l'un des milieux les plus productifs de la planète.

Un estran vaseux concentre une biomasse considérable de vers, de coquillages et de petits crustacés. Un oiseau migrateur qui descend du nord de l'Europe ou de l'Arctique vers l'Afrique doit reconstituer ses réserves à intervalles réguliers, et il ne peut le faire que sur un petit nombre de sites d'étape. Chaque vasière perdue sur la façade atlantique retire un maillon à une chaîne qui n'en compte pas beaucoup.

C'est ce qui donne son sens à l'extension de 2024. Faire passer une réserve de 192 à 1 206 hectares ne protège pas seulement des oiseaux qui sont là : cela sécurise une escale sur un couloir de migration qui va de la Scandinavie à l'Afrique de l'Ouest.

Le pâturage bovin et équin qui entretient les prairies, la gestion des niveaux d'eau, les comptages mensuels, le suivi annuel des papillons : tout cela sert cet objectif. Ce n'est pas un jardin, c'est une infrastructure.

## Randonner plus loin dans le secteur

Le département est traversé par le GR 360, dit Tour de Saintonge : 475 kilomètres découpés en neuf étapes, entre vallées de la Charente et de la Seudre, vignobles, marais et forêts de chênes, avec une densité remarquable d'églises romanes rurales. C'est l'itinérance de référence en Charente-Maritime, et elle se prête bien à un séjour sectionné sur plusieurs années. Il passe à l'intérieur des terres : il ne traverse pas la réserve, et on ne le rejoint pas à pied depuis la plage.

Plus près, le sentier du littoral permet de relier les communes voisines à pied le long de la côte, vers Angoulins et la pointe du Chay au nord, vers Yves et Fouras au sud. Le paysage y est fait de vasières, de digues, de cabanes de pêcheurs sur pilotis et de points de vue sur les îles.

Pour ceux qui préfèrent le vélo, un itinéraire côtier rejoint La Rochelle sur le tracé de la Vélodyssée, avec quelques portions partagées avec les voitures. La commune est labellisée Accueil Vélo, et quatre loueurs sont installés en ville. De quoi en faire l'une des [sorties à la journée](/destinations/que-faire-autour-de-la-rochelle/) les plus simples du secteur.

## Ce qu'il faut emporter, et ce qu'il vaut mieux laisser

Des jumelles changent complètement l'expérience. Sans elles, on voit un marais ; avec elles, on voit des oiseaux. Un guide d'identification n'est pas indispensable, mais il transforme une balade en apprentissage.

Des chaussures qui ne craignent pas l'eau, un coupe-vent, et de quoi se protéger du soleil : cette côte est plate, ouverte, sans ombre, et le vent d'ouest y est constant.

À laisser à la maison ou dans la voiture : le chien, le drone, l'enceinte, et l'envie de couper à travers la dune pour gagner cinq minutes.

Le programme des sorties, les conditions d'accès et les dates de visite guidée sont publiés par la LPO dans son agenda nature et relayés par l'office de tourisme de Châtelaillon-Plage, au 05 46 56 26 97. Pour caler la sortie dans un séjour, voyez notre guide du [week-end à Châtelaillon-Plage](/destinations/week-end-chatelaillon-plage/).

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*Source : [allovoyages.fr](https://allovoyages.fr/destinations/marais-d-yves/)*
