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title: "Monpazier : visiter la bastide modèle du Sud-Ouest, du marché du jeudi aux Festoyades"
description: "Il y a dans le Sud-Ouest plus de trois cents bastides, ces villes neuves plantées au cordeau au XIIIe siècle. Il n’y en a qu’une dont…"
url: "https://allovoyages.fr/destinations/monpazier-bastide/"
author: "Rédaction Allovoyages"
date: "2026-09-30T16:35:23+00:00"
lang: "fr_FR"
categories: ["Destinations"]
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# Monpazier : visiter la bastide modèle du Sud-Ouest, du marché du jeudi aux Festoyades

Il y a dans le Sud-Ouest plus de trois cents bastides, ces villes neuves plantées au cordeau au XIIIe siècle. Il n'y en a qu'une dont le plan n'a pas bougé depuis sa fondation, dont la place centrale est intacte sur ses quatre côtés, et dont les trente-deux monuments protégés tiennent sur cinquante-trois hectares. Monpazier est cette bastide-là. Les historiens de l'urbanisme l'appellent « la bastide modèle », et pour une fois l'étiquette n'est pas une invention d'office de tourisme.

C'est aussi, avec 441 habitants, **la plus petite commune de Dordogne par la surface**, et la deuxième par la densité. Tout est dans le rectangle. Rien n'a débordé.

## Le 7 janvier 1284

Ce jour-là, **Jean de Grailly**, sénéchal du roi d'Angleterre Édouard Ier, duc d'Aquitaine, signe un acte de paréage avec **Pierre de Gontaut, seigneur de Biron**. Le seigneur apporte la terre, le roi apporte l'autorité, les libertés et la protection, et les deux se partagent les revenus futurs de la ville à bâtir. C'est le mécanisme de toutes les bastides, et c'est pour cela qu'elles se ressemblent : ce sont des opérations immobilières conçues par des administrateurs, pas des villages qui ont poussé autour d'une église.

Édouard Ier cherche alors à peupler et à tenir son duché d'Aquitaine face au roi de France. Une bastide, c'est une population fixée, des impôts, un marché, et un point d'appui. Monpazier est fondée à six kilomètres du château de Biron, dont le seigneur devient ainsi l'associé du roi.

Le plan est tracé d'un coup : un rectangle d'environ 400 mètres sur 220, une grille de rues qui se coupent à angle droit, une place centrale, l'église décalée d'un îlot, et des parcelles de taille égale distribuées aux nouveaux habitants. Sept siècles plus tard, on s'y repère en trente secondes.

## La place des Cornières

Elle est le cœur, et la raison pour laquelle on vient. Un rectangle bordé sur ses quatre côtés de maisons à arcades, les **cornières**, qui forment une galerie couverte continue. Les arcades les plus anciennes sont du XIIIe siècle, les maisons qui les surmontent vont du XIIIe au XVIIe. Aucune façade ne ressemble à sa voisine, et pourtant l'ensemble est d'une régularité parfaite : les arcades imposent le rythme, les étages font ce qu'ils veulent.

![Galerie couverte sous les arcades de pierre de la place des Cornières à Monpazier](https://allovoyages.fr/wp-content/uploads/2026/09/monpazier-cornieres-arcades.webp)Sous les cornières, la galerie couverte fait le tour de la place. Photo : Renhour48, CC0, via Wikimedia Commons.Sur la place, **la halle**, que la documentation patrimoniale date du XIIIe siècle, conserve trois anciennes mesures à grain en pierre (il y en avait quatre à l'origine), où l'on jaugeait les sacs les jours de marché. Autour, les ruelles rectilignes, les **carreyrous**, filent vers les anciennes portes de la ville ; trois portes fortifiées subsistent : la porte Notre-Dame, la porte Saint-Jacques nord et la porte Saint-Jacques sud. Entre les maisons, des espaces étroits d'une trentaine de centimètres, les **andrones**, servaient à l'écoulement des eaux et de coupe-feu.

Un conseil : venez deux fois. Le jeudi matin pour le marché, quand la place est pleine. Et un soir de semaine à 19 h, quand elle est vide et que la lumière rase les arcades. Ce sont deux villages différents.

## L'église Saint-Dominique et la maison du Chapitre

L'église est à un angle de la place, comme dans presque toutes les bastides, où l'on refusait de lui donner le centre : le centre, c'est le marché. Commencée au XIIIe siècle, **Saint-Dominique** a été voûtée vers 1462, une fois la paix revenue après la guerre de Cent Ans. Clocher carré, portail Renaissance, et des stalles du XVe siècle à l'intérieur : poussez la porte, elle est rarement fermée.

En face, la **maison du Chapitre**, un grand bâtiment du XIIIe siècle qui servait de grenier à dîme : c'est là que les habitants venaient déposer la part de leur récolte due à l'Église. Sa façade à baies géminées est l'une des plus photographiées du village, sans que beaucoup de visiteurs sachent ce qu'ils regardent.

## Sept siècles de secousses, et un plan qui n'a pas bougé

Monpazier a tout traversé. Pendant la **guerre de Cent Ans**, la bastide change de mains plusieurs fois entre Anglais et Français. La peste arrive vers 1350 et vide la ville ; les revenus s'effondrent. En 1368, le **fouage**, l'impôt par feu levé par le Prince Noir pour payer ses guerres, soulève la Gascogne. Monpazier revient au roi de France dans les années 1370.

Pendant les **guerres de Religion**, le capitaine protestant **Geoffroy de Vivans** prend la ville en 1574. Le 12 septembre 1579, **Henri de Navarre**, futur Henri IV, y passe trois jours. Le traité de Fleix, en 1580, impose le démantèlement des fortifications : c'est pour cela qu'il ne reste que des portes, et pas de murailles.

![Tour subsistante du rempart est de Monpazier au-dessus d'une prairie](https://allovoyages.fr/wp-content/uploads/2026/09/monpazier-tour-rempart-est.webp)Une tour subsistante du rempart est : le traité de Fleix a eu raison des murailles, pas de tout. Photo : MOSSOT, CC BY 3.0, via Wikimedia Commons.Puis viennent les **croquants**. Ces révoltes paysannes contre l'impôt éclatent une première fois entre 1594 et 1597, une seconde en 1636-1637. **Buffarot**, un tisserand de Capdrot, le village voisin, mène le soulèvement de 1637. Il est pris, ramené à Monpazier, et supplicié sur la place des Cornières, roué en public. La place où l'on achète aujourd'hui des fraises a vu cela.

Le XVIIe siècle finit en reconquête catholique : un couvent de Récollets s'installe en 1644 pour ramener les protestants dans le rang, le temple est démoli en 1671. Les bâtiments des Récollets ont ensuite servi de mairie et de tribunal.

Ce qui frappe, c'est que **rien de tout cela n'a modifié le plan**. Les guerres ont détruit des maisons, les fortifications ont disparu, la population a fondu et repris. La grille de 1284, elle, est restée.

## Le Bastideum

Pour comprendre tout cela avant de marcher, il y a le **Bastideum**, le centre d'interprétation de la bastide, installé dans le village. Maquettes, panneaux, jardin médiéval, jeux anciens pour les enfants. Ce n'est pas un musée à collections, c'est un mode d'emploi. Nous conseillons d'y entrer d'abord et de faire le tour de la place ensuite : on voit alors ce qu'on vient de lire.

**Tarifs** : 6 € plein tarif, 5 € réduit (18-25 ans, personnes en situation de handicap), 4 € pour les 6-17 ans, 20 € pour une famille de deux adultes et trois enfants ou plus, gratuit avant 6 ans.

**Ouverture 2026** : jusqu'au 3 mai, de 14 h à 17 h sauf le lundi ; pas d'ouverture régulière ensuite en mai ni en juin ; du 4 juillet au 30 août, de 10 h 30 à 13 h et de 14 h à 18 h ; puis **du 17 octobre au 1er novembre, de 14 h à 17 h sauf le lundi**, pour les vacances de la Toussaint. Hors de ces périodes, renseignez-vous auprès du bureau d'information touristique, place des Cornières.

## Le marché du jeudi : sept cents ans sans interruption

Le marché de Monpazier se tient **le jeudi matin, de 7 h à 13 h**, sur la place des Cornières hors saison, et déborde dans les rues à partir de mai. Il a lieu depuis plus de sept cents ans. Canards et oies, poulets, fraises du Périgord au printemps, noix et cèpes à l'automne, vins de Bergerac toute l'année. C'est un marché de producteurs, pas un marché de souvenirs, et c'est ce qui le sauve.

Le reste de l'année est ponctué : la **Fête du livre** en septembre (le 20 septembre en 2026), des vide-greniers en juillet et en septembre, et des **visites commentées de la bastide aux flambeaux**, proposées en 2026 les lundis soir du 20 juillet au 17 août (7 € par adulte, gratuit pour les moins de 8 ans).

L'automne a ses propres rendez-vous. Les **marchés aux cèpes** se tiennent en saison dans la bastide, et les **24 et 25 octobre 2026**, Monpazier participe à « **Bastides en fête** », un programme d'animations autour du patrimoine et de l'univers des bastides.

## Les Festoyades, fin juillet

La fête médiévale de Monpazier, **les Festoyades**, se tient chaque été dans le centre de la bastide : en 2026, **le samedi 25 juillet, de 10 h à 22 h**. Entrée libre. Marché médiéval d'artisans et de producteurs sur la place et dans les rues, spectacles de rue, comédiens, démonstrations de métiers anciens, et un spectacle de feu en soirée. Le décor étant authentique, la reconstitution a un avantage sur toutes les autres : il n'y a rien à cacher.

## Les artisans d'art

Depuis 2019, Monpazier porte le label **Ville et Métiers d'Art**. Une dizaine d'artistes et d'artisans d'art sont installés sous les cornières et dans les carreyrous : céramique, bijouterie, vitrail, travail du bois et du cuir. Onze d'entre eux ont participé aux Journées européennes des métiers d'art en 2026. Certains ateliers ouvrent toute l'année, d'autres selon les saisons. C'est une des raisons pour lesquelles la bastide reste habitée toute l'année, quand d'autres plus beaux villages de France ferment leurs volets en octobre.

Pour les enfants, un parcours **Terra Aventura**, la chasse au trésor géolocalisée de la région Nouvelle-Aquitaine, traverse la bastide.

## Que faire autour de Monpazier

Le [**château de Biron** est à six kilomètres](https://allovoyages.fr/destinations/chateau-de-biron/) au sud-ouest : la bastide et le château sont nés du même acte, il serait absurde de voir l'un sans l'autre. Le GR 36 relie les deux à pied.

Le [**cloître de Cadouin**](https://allovoyages.fr/destinations/abbaye-de-cadouin/), chef-d'œuvre gothique flamboyant, est à une demi-heure au nord, et un billet jumelé le couple au château de Biron. [**Villeréal**, autre bastide](https://allovoyages.fr/destinations/bastides-du-perigord/), est à un quart d'heure à l'ouest, avec sa halle à étage sur piliers de bois. **Villefranche-du-Périgord**, capitale de la châtaigne, est à vingt minutes au sud-est. Et la [**vallée de la Lède**, avec Gavaudun et Saint-Avit](https://allovoyages.fr/destinations/gavaudun-vallee-de-la-lede/), à un quart d'heure au sud.

Tout cela tient dans une journée et demie de voiture, ou dans trois jours de marche pour ceux qui veulent bien faire.

## Hors saison, et sous la pluie

Monpazier est l'un des rares Plus Beaux Villages de France qui ne ferme pas en hiver. Les artisans restent, le marché du jeudi se tient toute l'année sous les cornières, et le château de Biron ouvre tous les jours. Un jeudi de novembre, sous une pluie fine, la place des Cornières vide à 8 h du matin avec trois étals de fromage et un marchand de canards est un souvenir que peu de visiteurs d'été rapportent. Nous le préférons au 15 août.

La bastide se visite d'ailleurs très bien sous la pluie : c'est à cela que servent les arcades. On fait le tour de la place à couvert, on entre dans l'église, on file au Bastideum, et on attend que ça passe dans un café sous les cornières. Les carreyrous, eux, ruissellent : c'est pour cela qu'on a creusé les andrones.

Le printemps est la saison des fraises et des marchés qui grossissent ; l'automne celle des cèpes et des noix. Juillet et août sont pleins mais pas saturés : Monpazier n'a ni parking payant ni file d'attente, ce qui la distingue du Périgord noir.

## Où dormir

Dans la bastide même, quelques chambres d'hôtes et un ou deux hôtels occupent des maisons anciennes ; les gîtes se trouvent dans les hameaux alentour. Pour dormir au calme et revenir le matin, Biron et Capdrot sont à moins de dix minutes. Le bureau d'information touristique tient la liste à jour, et nous préférons vous y renvoyer plutôt que de citer un établissement que nous n'avons pas testé.

## Pratique

Monpazier est à 45 minutes de Bergerac, à une heure de Sarlat, à deux heures de Bordeaux et de Toulouse. **Parking gratuit** en périphérie de la bastide, qui est piétonne dans les faits sinon dans le règlement. Le centre est accessible aux personnes à mobilité réduite : le plan est plat, ce qui est rare pour un village médiéval.

Le **bureau d'information touristique** est place des Cornières, au 05 53 22 68 59 ou par courriel à ot.monpazier@ccbdp.fr. C'est là qu'on achète le topo-guide des onze boucles de randonnée du secteur, de 4 à 18 km.

*Cet article a été préparé avec l'aide de l'office de tourisme du Pays de Bergerac, Vignoble & Bastides, dont le bureau de Monpazier est installé place des Cornières.*

## À lire aussi sur le pays des bastides

- [Le château de Biron : mille ans d'histoire, quatorze bâtiments et un duc décapité](https://allovoyages.fr/destinations/chateau-de-biron/)
- [Qu'est-ce qu'une bastide ? Les bastides du Périgord et du pays de Biron, de Lalinde à Monflanquin](https://allovoyages.fr/destinations/bastides-du-perigord/)
- [Cadouin : l'abbaye, le cloître flamboyant et le suaire qui n'en était pas un](https://allovoyages.fr/destinations/abbaye-de-cadouin/)
- [Les plus beaux villages de France, région par région](https://allovoyages.fr/destinations/france/plus-beaux-villages-de-france/)

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*Source : [allovoyages.fr](https://allovoyages.fr/destinations/monpazier-bastide/)*
