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title: "Que faire au Havre : Perret, le MuMa et ce que les guides oublient"
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date: "2026-09-02T17:41:19+00:00"
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# Que faire au Havre : Perret, le MuMa et ce que les guides oublient

Le Havre est une ville qu'on traverse. Des millions de gens la contournent chaque année pour rejoindre Étretat, Honfleur ou Deauville, avec l'idée vague qu'il n'y a rien à y voir sauf du béton. Cette réputation n'est pas complètement fausse. Elle est surtout paresseuse.

Ce qu'il faut comprendre d'entrée, c'est que Le Havre ne se donne pas au premier regard. Ce n'est pas Honfleur. Il n'y a pas de vieux port pittoresque, pas de colombages, pas de charme immédiat. Il y a une ville rasée en 1944, reconstruite de zéro par un architecte de génie, et inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO pour cette raison précise. Si l'on arrive en cherchant du joli, on repart déçu. Si l'on arrive en cherchant à comprendre quelque chose, c'est l'une des visites les plus fortes de Normandie.

## Pourquoi cette ville ressemble à ça

Le Havre a été fondé le 8 octobre 1517 par François Ier, qui signe la charte créant un port neuf face à l'Angleterre : Le Havre de Grâce. Quatre siècles plus tard, en septembre 1944, les bombardements alliés détruisent le centre-ville presque intégralement. Des milliers de morts, quatre-vingt mille sinistrés, un cœur de ville qui n'existe plus.

La reconstruction est confiée à l'atelier d'Auguste Perret et court de 1945 à 1964. Perret a alors plus de soixante-dix ans et défend une idée que peu de gens partagent à l'époque : reconstruire non pas à l'identique, non pas en pastiche, mais avec le matériau qu'il a passé sa vie à défendre, le béton armé, traité comme une matière noble et non comme un pis-aller. Trame régulière, hauteurs sous plafond généreuses, lumière, ossature apparente. Cent trente-trois hectares dessinés selon un même système.

Le 15 juillet 2005, ce centre-ville est inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO. C'est le premier ensemble urbain reconstruit du XXe siècle à obtenir cette reconnaissance. Le classement ne porte pas sur un monument. Il porte sur un plan d'urbanisme, ce qui reste extrêmement rare.

Tenir cette information en tête change complètement la promenade. Sans elle, on voit des immeubles gris alignés. Avec elle, on voit un manifeste.

## Saint-Joseph, le repère absolu

L'église Saint-Joseph monte à 107 mètres. On la voit de partout, depuis la mer, depuis l'autoroute, depuis la plage. C'est le chef-d'œuvre de Perret et son testament : il meurt en 1954, avant l'achèvement.

L'extérieur est austère, presque brutal, une tour-lanterne octogonale qui monte droit. L'intérieur est autre chose. L'espace est unique, sans nef ni chœur séparés, entièrement dominé par la tour creuse au-dessus de l'autel. Et cette tour est percée de milliers de verres colorés dessinés par Marguerite Huré, répartis selon un dégradé qui change avec l'heure et la météo. Un jour gris, c'est sombre et minéral. Un après-midi de plein soleil, la lumière tombe en colonne et l'endroit devient irréel.

L'église est aussi un mémorial aux victimes civiles de la guerre. Cela se sent. Entrez sans attendre une église normande classique et restez-y au moins un quart d'heure, le temps que l'œil s'habitue.

## Le MuMa, et Monet qui a donné son nom à un mouvement

Le musée d'art moderne André Malraux abrite la deuxième collection impressionniste de France, après le musée d'Orsay. Le chiffre surprend toujours, dans une ville que personne n'associe spontanément à la peinture.

Il y a une logique à cela. C'est au Havre que Claude Monet a peint *Impression, soleil levant* en 1872, la toile dont un critique moqueur a tiré le mot « impressionnisme ». Le port, la lumière de l'estuaire, les ciels changeants de la Manche ont nourri Boudin, Dufy, Monet et quelques autres pendant des décennies. Raoul Dufy est né ici.

Le bâtiment lui-même, inauguré en 1961, est un manifeste de plus : verre, acier, lumière naturelle filtrée, et une position en front de mer qui fait que l'on voit l'estuaire depuis les salles. On regarde une marine, on tourne la tête, on voit la mer qu'elle représente. Peu de musées offrent cela.

## La ville d'après, celle qui a continué de construire

Le Havre aurait pu s'arrêter à Perret. Elle ne l'a pas fait, et c'est ce qui rend la promenade intéressante.

Le Volcan, signé Oscar Niemeyer et livré en 1982, est une forme blanche, courbe, complètement étrangère à la grille rectiligne qui l'entoure. Deux cônes tronqués posés sur une esplanade en creux. Le grand volcan accueille la scène nationale, le petit abrite désormais une bibliothèque. Le contraste avec le béton orthogonal de Perret est frontal, volontaire, et fonctionne.

Les Bains des Docks, conçus par Jean Nouvel et ouverts en 2008, occupent l'ancien quartier des docks en cours de reconversion. Un complexe aquatique entièrement blanc, intérieur et extérieur, avec une série de bassins dont un olympique. C'est un équipement municipal, pas un musée, et pourtant on y va aussi pour l'architecture.

Et puis il y a la Catène de containers, installée en 2017 par l'artiste Vincent Ganivet pour les cinq cents ans de la ville. Deux arches faites de trente-six conteneurs de vingt pieds, empilés en courbe à l'entrée du port. L'œuvre devait être temporaire. Elle est restée, et elle est devenue l'image la plus partagée du Havre, ce qui en dit long sur ce que cette ville est vraiment : un port, avant tout le reste.

Rappelons-le au passage, parce que cela structure tout le paysage : Le Havre est le deuxième port français en trafic total derrière Marseille, et le premier port à conteneurs du pays.

## Les Jardins suspendus, et la plage

Au-dessus de la ville, sur les hauteurs de Sainte-Adresse, un fort militaire du XIXe siècle dominait le port. La commune l'a racheté en 2000 pour un euro symbolique. Le paysagiste Samuel Craquelin a gagné l'appel à projets et l'a transformé en Jardins suspendus : quatre espaces thématiques installés sur les anciens bastions, organisés comme un tour du monde botanique, complétés par des serres de collection.

C'est probablement le plus beau point de vue de la ville, et le moins fréquenté par les visiteurs de passage. On y voit l'estuaire, le pont de Normandie au loin, et toute la trame de Perret vue d'en haut, ce qui aide à saisir le plan.

En bas, la plage surprend systématiquement. Elle fait plusieurs kilomètres, elle est en galets, elle borde directement le centre-ville, et elle est équipée de cabanes de bain, de terrains de sport et d'une enfilade de restaurants. Une plage urbaine, en pleine ville, avec les porte-conteneurs qui défilent à l'horizon. L'image est étrange et elle résume assez bien Le Havre.

Le quartier Saint-François, épargné en partie et reconstruit dans un esprit différent, offre le contrepoint : briques, toits en ardoise, restaurants de poisson. C'est le quartier vers lequel se dirigent ceux qui cherchent malgré tout un peu de pittoresque. Il ne faut pas en attendre Honfleur, mais le marché du dimanche aux halles centrales y a une vraie vie locale.

## Ce qui a survécu à 1944

Tout n'a pas brûlé, et les rares témoins de l'avant-guerre méritent qu'on aille les chercher, précisément parce qu'ils sont rares.

La Maison de l'Armateur est le plus spectaculaire. C'est une demeure du XVIIIe siècle, construite à partir de 1790 sur les plans de Paul-Michel Thibault, architecte de la ville. Le bâtiment s'organise autour d'un puits de lumière octogonal qui traverse les cinq niveaux, un dispositif inhabituel qui donne à l'ensemble un caractère presque théâtral. Propriété successive de plusieurs négociants, la maison est devenue musée des arts décoratifs et ouverte au public depuis 2006. On y comprend en une heure ce qu'était la bourgeoisie maritime havraise avant que la ville ne disparaisse.

L'abbaye de Graville, sur les hauteurs à l'est, appartient à un autre monde encore. Édifice roman dominant l'estuaire, elle abrite un musée dont la pièce maîtresse est la collection Gosselin : 206 maquettes de maisons, pour beaucoup aujourd'hui disparues, réalisées par Jules Gosselin (1863-1936) en plâtre, bois, osier, textile et cuir. Il y a passé sa vie, à Bolbec, avec l'ambition d'écrire une histoire rétrospective de l'habitat humain. Peu de visiteurs montent jusque-là, et c'est dommage : c'est aussi l'un des rares endroits d'où l'on saisit l'échelle du port.

Le muséum d'histoire naturelle, installé dans l'ancien palais de justice, complète cette poignée de rescapés. Le bâtiment lui-même, du XVIIIe siècle, a été partiellement épargné.

## Un Été au Havre, et l'art dans la rue

En 2017, pour les cinq cents ans de la ville, la municipalité lance une saison artistique confiée à Jean Blaise. L'idée est simple et radicale : faire venir des artistes contemporains internationaux et leur donner la ville comme support, en extérieur, gratuitement. La première édition attire plus de deux millions de visiteurs.

L'opération devait durer un été. Elle s'est installée. Chaque année depuis, de nouvelles œuvres sont commandées, certaines temporaires, d'autres pérennisées. La Catène de Ganivet en fait partie. Les cabanes de plage aussi : le graphiste néerlandais Karel Martens a repeint les 713 cabines blanches du front de mer selon une partition de dix couleurs et six largeurs de rayures, mise au point avec des chercheurs de l'université du Havre. Vue depuis la digue, la plage est devenue une œuvre en soi. Le résultat est qu'une part croissante de ce qu'il y a à voir au Havre est dehors, gratuite, et change d'une année sur l'autre.

Concrètement, cela veut dire deux choses pour le visiteur. D'abord, vérifiez le parcours de l'année en cours avant de venir en été, il conditionne l'itinéraire. Ensuite, ne calez pas votre visite uniquement sur les musées : au Havre, une partie du programme se fait en marchant, ce qui est plutôt agréable dans une ville conçue pour la promenade.

Les Docks Vauban, anciens entrepôts portuaires reconvertis en centre commercial et en salle de concert, prolongent cette logique de réemploi. On n'y va pas pour l'architecture, mais le quartier des bassins qui les entoure a changé de visage en quinze ans et se parcourt à pied depuis le centre.

## Chiner au Havre

Le Havre n'a pas de quartier des antiquaires clairement identifié, contrairement à Rouen ou à Honfleur. Les adresses sont dispersées entre le centre reconstruit, Saint-François et les communes de l'agglomération, avec un profil dominant : mobilier des années 1950 à 1970, objets de marine, cartes et instruments liés au port, argenterie de famille.

Ce profil n'est pas un hasard. Une ville reconstruite après 1945 et meublée d'un coup laisse derrière elle un gisement considérable de mobilier et d'objets d'après-guerre, aujourd'hui très recherchés. C'est l'un des rares endroits de France où le stock de brocante correspond exactement à l'histoire urbaine.

Le grand rendez-vous saisonnier est la Brocantelle Maritime, qui se tient traditionnellement pendant la Fête de la Mer, à la fin de l'été. Pour le reste, les vide-greniers et brocantes de quartier se répartissent sur toute la belle saison, avec des dates qui bougent chaque année. Mieux vaut consulter l'agenda municipal ou les calendriers spécialisés quelques jours avant de partir plutôt que de compter sur un rendez-vous fixe.

### Estimer un bijou ou une pièce ancienne

Chiner du mobilier d'après-guerre s'arrête rarement au mobilier. Dans les lots de succession havrais reviennent sans cesse les mêmes objets : chaînes en or jaune, alliances, montres de gousset, pièces achetées à une époque où c'était le placement standard des ménages. Un lot mélange presque toujours trois catégories : du plaqué sans valeur, de l'or au poids, et parfois une pièce qui vaut nettement plus que son métal parce qu'elle est signée, poinçonnée ou datable. Vendre le tout en bloc au premier comptoir venu revient à brader la troisième.

Au Havre, **Maison Or & Bijoux** pratique l'estimation gratuite avant toute transaction, sur l'or, l'argent, les monnaies, les bijoux et les montres. Les méthodes sont celles du métier : test magnétique, pierre de touche, examen à la loupe, lecture des poinçons et pesée sur balance de précision. En cas de doute sur une pierre, ou pour une expertise gemmologique certifiée, la maison s'appuie sur des partenaires équipés. Les transactions se font au cours du jour, ce qui reste la seule référence honnête sur un marché où le métal bouge tous les jours. Pour qui vient vendre plutôt que faire estimer, c'est aussi un point d'[achat or Le Havre](https://maison-or-bijoux-le-havre.com/).

Une précaution avant d'y aller, et elle vaut partout : ne nettoyez rien. Un bijou ancien astiqué perd sa patine, et la patine fait souvent partie de ce qui permet de le dater, donc de le valoriser au-delà du poids.

## Combien de temps y rester, et quand

Une journée pleine suffit pour Saint-Joseph, le MuMa, l'appartement témoin Perret et une marche dans le centre classé. Deux jours permettent d'ajouter les Jardins suspendus, Sainte-Adresse, la plage et Saint-François sans courir. Au-delà, Le Havre devient une base pour la Côte d'Albâtre, ce qui est probablement son meilleur usage.

L'appartement témoin mérite une mention à part : un logement des années 1950 reconstitué avec son mobilier d'origine, dans un immeuble Perret, visitable sur réservation avec un guide. C'est court, c'est concret, et cela explique en trente minutes le projet social qu'il y avait derrière l'architecture. Beaucoup de visiteurs en font leur meilleur souvenir de la ville.

Sur la saison : la lumière de l'estuaire est le vrai sujet. Juin et septembre offrent les meilleurs compromis entre ciel dégagé et fréquentation raisonnable. L'hiver n'est pas à exclure pour qui vient chercher l'architecture, à condition d'accepter le vent, qui n'est pas une légende.

Le train relie Paris au Havre en environ deux heures et demie, et la gare est reliée au centre par le tramway, mis en service le 12 décembre 2012. En voiture, l'A29 et l'A131 desservent la ville, avec le pont de Normandie vers Honfleur et le pont de Tancarville en amont. Un détail que peu de guides mentionnent : un funiculaire relie la ville basse à la ville haute depuis 1890, et il fait partie du réseau de transport urbain.

## Autour, la Côte d'Albâtre et l'estuaire

C'est là que Le Havre prend tout son sens comme point de chute. [Étretat et ses falaises](https://allovoyages.fr/destinations/week-end-a-etretat/) sont à moins de trente kilomètres au nord, et l'on peut y aller à la journée sans difficulté. [Honfleur](https://allovoyages.fr/guides-pratiques/que-faire-a-honfleur/) est de l'autre côté de l'estuaire, à vingt minutes par le pont de Normandie, et offre exactement le pittoresque que Le Havre refuse.

Pour élargir, notre sélection des [plus charmantes petites villes de Normandie](https://allovoyages.fr/destinations/villes-normandie/) donne d'autres pistes dans un rayon d'une heure. Côté hébergement, nous avons comparé les adresses en résidence dans notre guide des [appart-hôtels au Havre](https://allovoyages.fr/hotels/appart-hotel-le-havre/), une formule pertinente ici parce que la ville se prête bien à un séjour de plusieurs nuits utilisé comme camp de base.

Un dernier mot, et c'est un avis assumé : Le Havre est la ville de Normandie qui récompense le plus ceux qui lisent avant de venir. Une heure de préparation change la visite du tout au tout. Sans elle, on voit du béton. Avec elle, on voit ce qu'une ville détruite a décidé de faire d'elle-même, et c'est une histoire autrement plus intéressante que des colombages.

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*Source : [allovoyages.fr](https://allovoyages.fr/destinations/que-faire-au-havre/)*
