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title: "Que faire dans la Creuse : le département des premières fois discrètes"
description: "Au sud, la Creuse se visite pour la tapisserie d’Aubusson, la laine de Felletin, le plateau de Millevaches et le lac de Vassivière. Autour de Guéret,…"
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author: "Rédaction Allovoyages"
date: "2026-10-01T19:38:38+00:00"
lang: "fr_FR"
categories: ["Destinations"]
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# Que faire dans la Creuse : le département des premières fois discrètes

Au sud, la Creuse se visite pour la tapisserie d'Aubusson, la laine de Felletin, le plateau de Millevaches et le lac de Vassivière. Autour de Guéret, on va voir les loups de Chabrières, se perdre dans un labyrinthe végétal et grimper sur un oppidum gaulois. Au nord-ouest, la vallée de la Creuse est celle des peintres, de Crozant à Fresselines où Monet a peint sa première série ; à l'est, Boussac et Chambon-sur-Voueize gardent le château d'un compagnon de Jeanne d'Arc et le seul « Plus Beau Village » du département. À l'ouest, La Souterraine et Bénévent-l'Abbaye jalonnent le chemin de Compostelle, et Bourganeuf garde la tour d'un prince ottoman.

## Un département qu'on croit vide

Le chiffre colle à la Creuse comme une étiquette : 115 527 habitants en 2023 selon l'INSEE, le deuxième département le moins peuplé de France après la Lozère, environ 21 habitants au kilomètre carré. On en tire vite une conclusion paresseuse. Rien à visiter, rien à faire.

C'est faux. Ce territoire que l'on traverse sans s'arrêter aligne un nombre étonnant de premières fois. La première série de Claude Monet, en 1889, au confluent des deux Creuse. La redécouverte, au château de Boussac, des tentures de *La Dame à la licorne*. Le plus ancien lissier attesté de la tapisserie d'Aubusson, Jacques Bonnyn, installé à Felletin en 1457. Le premier village creusois classé parmi les Plus Beaux Villages de France, en 2025 seulement. Rien de tout cela ne se voit depuis la nationale.

Le département se lit mieux par zones que par liste : les distances sont courtes, mais les routes lentes.

## Le sud : tapisserie, laine, Millevaches et Vassivière

C'est la Creuse la plus connue. Aubusson d'abord : sa tapisserie est inscrite depuis 2009 au patrimoine culturel immatériel de l'UNESCO. La Cité internationale de la tapisserie, ouverte en 2016, en est la vitrine, avec 660 tapisseries et tapis du XVe au XXIe siècle et des tentures tissées d'après Tolkien ou Hayao Miyazaki. On y comprend que le lissier tisse sur l'envers, sans voir son œuvre entière avant la « tombée de métier ». Visite et tarifs sont détaillés dans notre article sur la Cité internationale de la tapisserie d'Aubusson ; retenez qu'elle ferme en janvier et le mardi hors juillet-août.

Felletin, à une dizaine de kilomètres, est l'autre moitié de la même histoire : la laine. Une filature familiale y tourne au bord de la Creuse depuis 1912, et les ateliers Pinton ont tissé l'immense *Christ en gloire* de la cathédrale de Coventry. Le dernier week-end d'octobre, les Journées Internationales de la Laine réunissent éleveurs, filateurs et feutriers, entrée libre : c'est le sujet de notre reportage sur les Journées de la laine de Felletin. Attention, la gare de Felletin n'a plus de trains de voyageurs depuis le 1er septembre 2025.

Passé Felletin, la route monte vers le plateau de Millevaches, cœur d'un Parc naturel régional créé en 2004 et partagé avec la Corrèze et la Haute-Vienne : tourbières, landes, villages de granite, ciel étoilé protégé. Côté creusois, ne manquez pas le pont de Sénoueix, à Gentioux-Pigerolles : une arche de pierre sur le Thaurion, dite « romaine » mais probablement du XVIIe siècle, large de 60 centimètres. On le traverse en file indienne. À Gentioux même, le monument aux morts pacifiste et son orphelin qui montre le poing valent le détour. Pour les itinéraires, voyez notre guide que faire sur le plateau de Millevaches.

Enfin Vassivière, lac de barrage à cheval sur la Creuse et la Haute-Vienne : environ mille hectares d'eau, 45 kilomètres de rives, des plages surveillées en juillet-août et une île où le Centre international d'art et du paysage expose des sculptures en plein air. Tout est dans notre guide [que faire au lac de Vassivière](https://allovoyages.fr/destinations/lac-de-vassiviere/). Une réserve : c'est un réservoir, et lors des fins d'été sèches son niveau peut baisser au point de restreindre la navigation.

## Guéret et ses monts : loups, labyrinthe et oppidum

Guéret est la préfecture et la plus grande ville du département, mais c'est autour d'elle, dans les monts boisés, que l'on passe ses journées.

Les Loups de Chabrières, à Sainte-Feyre, sont le site que les familles citent en premier. Le parc animalier présente plus de 45 loups gris, blancs et noirs en semi-liberté dans la forêt, selon l'office de tourisme. Il faut de la patience, et c'est tant mieux : on guette, on attend, une silhouette passe entre les troncs. Mini-ferme, espace musée et film documentaire complètent la visite (13,90 € l'adulte en 2026). Le parc ouvre de février à la Toussaint, surtout l'après-midi hors été et parfois seulement les mercredis et week-ends ; il ferme en novembre et début décembre, puis rouvre pour les vacances de Noël.

Tout près, sur la route de Bourganeuf, le Labyrinthe géant des monts de Guéret se présente comme l'un des plus grands labyrinthes végétaux permanents d'Europe. On s'y perd volontairement, en famille, ou l'on tente ses escape games. Entrée adulte à 8,50 € en 2026, saison de mi-février à fin novembre ; les horaires changent selon les mois, consultez le [calendrier du Labyrinthe géant](https://www.labyrinthe-gueret.fr/labyrinthe-de-gueret/) (dernière entrée une heure et demie avant la fermeture).

Plus discret, le puy de Gaudy se dresse à 651 mètres entre Guéret et Sainte-Feyre. Ce fut un oppidum gaulois, présenté comme le plus grand de Creuse, et l'on y repère encore des restes de remparts en granite vitrifié, des sarcophages et des tables d'orientation. Des boucles de 3 à 7 kilomètres le parcourent.

Un mot honnête sur le musée d'art et d'archéologie de Guéret : fermé depuis 2018 pour travaux, il n'a pas encore de date de réouverture. Dommage, ses émaux limousins font envie.

Au sud de Guéret, l'église abbatiale du Moutier-d'Ahun mérite qu'on s'écarte de la route. Entre 1673 et 1681, le sculpteur auvergnat Simon Bauer y a taillé dans le chêne un ensemble baroque étonnant : retable, lutrin formé de deux lions dos à dos et 26 stalles peuplées de sphinx, de sirènes, d'un triton et d'écureuils.

![L'église abbatiale du Moutier-d'Ahun avec son clocher roman et son portail gothique sculpté](https://allovoyages.fr/wp-content/uploads/2026/10/creuse-moutier-d-ahun-eglise-abbatiale.webp)L'église abbatiale du Moutier-d'Ahun. Photo : MOSSOT, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons.## La vallée de la Creuse, des peintres à Monet

Au nord-ouest, la rivière Creuse s'encaisse entre des versants rocheux. Plus de 500 artistes, selon l'office de tourisme, sont venus y peindre entre 1850 et 1950. On a parlé d'« école de Crozant », alors qu'aucun maître n'y enseignait. Armand Guillaumin s'y est installé et y a peint des centaines de toiles.

Crozant est le point de départ logique. Sa forteresse médiévale, en ruine sur un éperon au confluent de la Creuse et de la Sédelle, a appartenu aux Plantagenêts puis aux Lusignan. L'accès est payant. Des chèvres entretiennent les ruines, d'où l'interdiction des chiens ; le site n'est accessible ni aux fauteuils ni aux poussettes. Au village, l'Hôtel Lépinat, ancienne auberge des peintres, est devenu un centre d'interprétation qui raconte cette histoire. Il ouvre d'avril au 11 novembre, puis ferme pour l'hiver.

Quelques kilomètres plus loin, Fresselines. En février 1889, le critique Gustave Geffroy y conduit Monet chez le poète Maurice Rollinat. Monet revient seul et reste près de trois mois. Il peint plus de vingt toiles, dont une dizaine du même motif, au même cadrage : le confluent de la Petite et de la Grande Creuse. On considère cet ensemble comme sa première véritable série, avant les Meules. Pour le centenaire de sa mort, en 2026, un sentier d'environ 3 kilomètres mène au confluent, où un belvédère a été ouvert en septembre 2026. L'Espace Monet Rollinat, centre d'art et salle d'interprétation, ouvre au cœur de l'été.

Attention aux confusions de carte. Le lac de Chambon et le barrage d'Éguzon, souvent associés à cette vallée, sont dans l'Indre ; seule l'extrémité amont de la retenue touche la Creuse, du côté de Crozant. Même chose pour Gargilesse-Dampierre, beau village de la vallée chère à George Sand : il est dans l'Indre, pas en Creuse.

## L'est : Boussac, la licorne et Chambon-sur-Voueize

Le château de Boussac, reconstruit vers 1400 par le maréchal Jean de Brosse, compagnon de Jeanne d'Arc, a gardé fière allure. Au XIXe siècle, ses murs abritaient les tentures de *La Dame à la licorne*. Elles y sont mentionnées dès 1814 ; Prosper Mérimée, inspecteur des Monuments historiques, les signale en 1841 ; George Sand les découvre en 1844 et les fait connaître dans son roman *Jeanne*. Elles sont achetées en 1882 pour le musée de Cluny, à Paris, où elles se trouvent toujours. Ne venez pas à Boussac pour elles, mais pour le château, propriété privée depuis 1965, habité par ses propriétaires, qui l'ouvrent de Pâques à la Toussaint et y exposent chaque été des tapisseries contemporaines.

Près de Boussac, les Pierres Jaumâtres coiffent le mont Barlot, à 591 mètres, sur la commune de Toulx-Sainte-Croix. Ce chaos de blocs de granite de plusieurs tonnes, posés en équilibre, est classé depuis 1927. Accès libre, légendes de géants comprises. Sand, encore elle, l'évoque dans *Jeanne*.

Plus au sud-est, Chambon-sur-Voueize a obtenu en juin 2025 le label des Plus Beaux Villages de France. C'est le premier et, à ce jour, le seul village de Creuse à le porter, vingt-sept ans après sa première candidature. L'abbatiale Sainte-Valérie, des XIe-XIIIe siècles, écrase le bourg de sa masse ; le vieux pont sur la Voueize et les maisons aux tuiles brunes typiques de la Combraille font le reste.

![Clocher et chevet roman de l'abbatiale Sainte-Valérie de Chambon-sur-Voueize](https://allovoyages.fr/wp-content/uploads/2026/10/creuse-chambon-sur-voueize-abbatiale.webp)L'abbatiale Sainte-Valérie de Chambon-sur-Voueize. Photo : LeZibou, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons.Entre Guéret et Chambon, le château de Villemonteix, à Chénérailles, demeure privée du XVe siècle, conserve des tapisseries d'Aubusson et de Felletin ; les guides le donnent ouvert de Pâques à la Toussaint. Au nord-ouest de Guéret, le château du Masgelier, au Grand-Bourg, rappelle une autre histoire : l'Œuvre de secours aux enfants y a caché des enfants juifs de 1940 à 1943. On l'appelait la « République des enfants ». Serge Klarsfeld et Popeck y ont séjourné.

## L'ouest : La Souterraine, Bénévent et le chemin de Compostelle

À l'ouest, la Creuse regarde vers Limoges et l'A20. C'est la porte d'entrée de beaucoup de voyageurs, puisque c'est à La Souterraine que s'arrêtent les trains de la grande ligne Paris-Orléans-Limoges-Toulouse.

La ville doit son nom à la crypte de son église Notre-Dame. Deux portes de ses fortifications subsistent, dont la porte Saint-Jean, gothique, surélevée au XVe siècle, devenue l'emblème de la ville. La Souterraine est une étape de la voie de Vézelay vers Saint-Jacques-de-Compostelle. L'étape suivante, une vingtaine de kilomètres plus loin, mène à Bénévent-l'Abbaye et à son abbatiale Saint-Barthélemy, des XIe et XIIe siècles : clocher-porche massif, portail polylobé, chapiteaux sculptés. Un très bel exemple d'art roman limousin.

## Bourganeuf, la tour Zizim et les maçons de la Creuse

Au XVe siècle, la tour de l'ancienne commanderie des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem sert de prison dorée au prince Djem, que les Français appelaient Zizim, fils du sultan ottoman Mehmet II, le conquérant de Constantinople. Exilé, il est retenu ici par Pierre d'Aubusson, grand maître de l'Ordre, de connivence avec son propre frère, le sultan Bajazet. Un prince ottoman au fond de la Creuse : la tour Zizim le raconte sur 99 marches, étage par étage. Elle n'ouvre qu'en été, de juin au début de septembre, et lors des Journées européennes du patrimoine.

![La tour Zizim de Bourganeuf, tour ronde en pierre coiffée d'un toit conique](https://allovoyages.fr/wp-content/uploads/2026/10/creuse-bourganeuf-tour-zizim.webp)La tour Zizim, à Bourganeuf. Photo : Langladure, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons.Bourganeuf est aussi le pays de Martin Nadaud, né en 1815 à Soubrebost tout près. Parti à quatorze ans pour Paris avec son père, comme des milliers de maçons de la Creuse qui ont bâti la capitale, il devient député et publie en 1895, à Bourganeuf, ses *Mémoires de Léonard, ancien garçon maçon*. Lisez-les avant de venir.

Côté table, goûtez le Creusois, gâteau aux noisettes dont la recette viendrait, selon la légende, d'un parchemin retrouvé en 1969 à La Mazière-aux-Bons-Hommes : il y était « cuit dans une tuile creuse ». Seuls les pâtissiers de l'association du même nom peuvent le vendre sous ce nom.

## Randonner en Creuse

Le comité départemental de la FFRandonnée recense sept GR qui traversent le département, et la Creuse communique sur environ 600 kilomètres de grande itinérance. Le plus long tronçon creusois est celui du GR 46, avec 182 kilomètres. Le GR 4 en fait 120, le GR 89 (chemin de Montaigne) 115, et le GR 654, la voie de Vézelay vers Compostelle, 91 kilomètres, de La Souterraine à Bénévent et au-delà. La [carte des GR en Creuse](https://creuse.ffrandonnee.fr/les-gr-en-creuse/) détaille chaque tracé et ses kilomètres.

Trois terrains se distinguent. Dans la vallée de la Creuse, le GR de Pays Val de Creuse aligne plus de 100 kilomètres en six étapes entre Indre et Creuse. Autour de Guéret, la Station sports nature des monts de Guéret balise des parcours de trail, dont celui du puy de Gaudy. Sur le plateau de Millevaches, l'application Rando Millevaches recense plus de 400 itinéraires à pied, à VTT ou en trail sur l'ensemble du Parc, et le GR 440 en fait le tour en 204 kilomètres. Sur le plateau, tenez les chiens en laisse : les troupeaux sont gardés par des chiens de protection.

Partez avec une carte et de bonnes chaussures. Le plateau reçoit de fortes pluies et ses hivers sont froids et humides, et dans un département aussi peu dense, les villages où se ravitailler sont espacés.

## Quand venir et comment arriver

La Creuse se visite d'avril à la Toussaint. La plupart des sites ferment l'hiver : un séjour en janvier se pense autour de la nature. L'automne est peut-être la meilleure saison, avec les forêts qui virent et les Journées Internationales de la Laine fin octobre. L'été apporte les plages de Vassivière, les visites guidées gratuites à la Cité de la tapisserie et l'ouverture de la tour Zizim.

| Site | Commune | Période d'ouverture habituelle |
|---|---|---|
| Cité internationale de la tapisserie | Aubusson | Toute l'année sauf janvier ; fermée le mardi de septembre à juin |
| Loups de Chabrières | Sainte-Feyre | De février à la Toussaint, puis vacances de Noël ; fermé en novembre |
| Labyrinthe géant des monts de Guéret | Guéret | De mi-février à fin novembre |
| Hôtel Lépinat | Crozant | D'avril au 11 novembre |
| Château de Boussac | Boussac | De Pâques à la Toussaint |
| Tour Zizim | Bourganeuf | Été seulement (juin au début de septembre) |
| Espace Monet Rollinat | Fresselines | Juillet et août |
| Maison du Parc de Millevaches | Millevaches (Corrèze) | De mi-mai à mi-septembre |
| Pierres Jaumâtres, pont de Sénoueix | Toulx-Sainte-Croix, Gentioux-Pigerolles | Accès libre toute l'année |
| Musée d'art et d'archéologie | Guéret | Fermé pour travaux depuis 2018 |

Les horaires varient d'une année à l'autre : vérifiez sur le site du lieu avant de faire la route.

Pour venir, la voiture reste la solution la plus simple. L'A20, gratuite dans sa traversée du Limousin, longe l'ouest du département à hauteur de La Souterraine, et la RN145 traverse le nord, de La Souterraine à Guéret puis vers Montluçon.

En train, il faut savoir une chose : il n'y a pas de liaison directe Paris-Guéret. Les Intercités de la ligne Paris-Orléans-Limoges-Toulouse s'arrêtent à La Souterraine, à trois heures environ de Paris-Austerlitz. Guéret se rejoint ensuite par correspondance, pour un trajet total d'environ quatre heures et demie. Pour Aubusson, la Cité de la tapisserie conseille de descendre à La Souterraine et de prendre l'autocar régional 210. Felletin, on l'a dit, n'est plus desservie par le rail. Sur place, sans voiture, la Creuse se mérite.

C'est peut-être la meilleure définition de ce département. Il ne se donne pas. Il récompense ceux qui ont accepté de sortir de la nationale.

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*Source : [allovoyages.fr](https://allovoyages.fr/destinations/que-faire-dans-la-creuse/)*
