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title: "Que faire à Essoyes, le village de Renoir qui est d’abord celui d’Aline"
description: "Que faire à Essoyes ? Commencer par la maison, l’atelier et le centre culturel Du Côté des Renoir, puis marcher : jusqu’au cimetière où reposent le…"
url: "https://allovoyages.fr/destinations/que-faire-essoyes-village-renoir/"
author: "Rédaction Allovoyages"
date: "2026-10-07T13:33:04+00:00"
lang: "fr_FR"
categories: ["Destinations"]
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# Que faire à Essoyes, le village de Renoir qui est d’abord celui d’Aline

Que faire à Essoyes ? Commencer par la maison, l'atelier et le centre culturel Du Côté des Renoir, puis marcher : jusqu'au cimetière où reposent le peintre, sa femme et leurs trois fils, le long des quais de l'Ource, devant le lavoir et l'église Saint-Rémi, et enfin dans les vignes de champagne qui montent au-dessus des toits. Une journée suffit pour ce bourg d'environ 700 habitants (10360 Essoyes, Aube), à une cinquantaine de kilomètres de Troyes. Elle se prépare un peu, surtout pour le déjeuner.

## Aline Renoir, née Charigot : la fille du pays qui a ramené le peintre

Les panneaux disent « Essoyes, village de Renoir ». C'est commode, et un peu injuste. Avant d'être le village de Renoir, Essoyes est celui d'Aline Charigot, née ici le 23 mai 1859, fille d'un boulanger parti l'année suivante et d'une couturière, Thérèse Émilie Maire. Sans elle, le peintre né à Limoges n'aurait eu aucune raison de s'arrêter dans ce coin de la Côte des Bar, aux confins de la Champagne et de la Bourgogne.

Aline monte à Paris, y travaille comme couturière, rencontre Renoir en 1880. Elle a dix-huit ans de moins que lui. Elle pose, et on la reconnaît dans *Le Déjeuner des canotiers*, aujourd'hui à la Phillips Collection de Washington, comme dans *Danse à la campagne*, conservé au musée d'Orsay. Le couple se marie en 1890 ; trois fils naissent, Pierre en 1885, Jean en 1894, Claude en 1901.

C'est elle qui, selon le centre culturel, convainc Renoir de venir. Il y fait son premier séjour en 1888. Le paysage de coteaux et la lumière font le reste : il revient chaque été, une trentaine d'étés en tout d'après l'office de tourisme. En 1896, à 55 ans, il achète une maison dans le haut du bourg. Détail qui en dit long sur sa vie d'avant : c'est la première fois qu'il est propriétaire de quoi que ce soit. Pierre et Jean y grandissent, Claude y voit le jour, et un atelier est bâti au fond du jardin en 1906.

D'où notre préférence pour le pluriel du nom officiel, « Du Côté des Renoir », plutôt que pour le singulier des panneaux. Ce qu'on visite à Essoyes, ce n'est pas un musée de peinture (les toiles sont dans les grands musées, loin d'ici), c'est le pays d'une famille : la femme, les fils, la nourrice, le sculpteur du village. Qui vient chercher des Renoir aux murs repartira déçu. Qui vient voir d'où ils sortent, non.

## La maison, l'atelier et le centre culturel, cœur de la visite

Trois lieux forment le parcours payant, et ils se suivent dans un ordre logique. Le Centre culturel Renoir, sur la place de la Mairie, raconte la famille et sert aussi de bureau d'information touristique : c'est le point de départ, celui que le plan du village numérote 1. L'atelier, rue de l'Extra, a été construit pour que Renoir puisse peindre sans déranger les enfants, ni être dérangé par eux. La maison familiale, à quelques pas, a gardé son mobilier et son jardin. Maison et atelier portent le label Maisons des Illustres, ce qui fait d'Essoyes un cas à part dans le département.

Nous leur avons consacré un article entier, avec le déroulé, les horaires et les tarifs : [le guide de visite de la Maison Renoir, de l'atelier et du centre culturel](/destinations/maison-renoir-essoyes/). Retenez seulement ceci pour organiser votre journée : les trois sites ferment en décembre et en janvier, et n'ouvrent que certains jours en fin d'hiver et en novembre. Le village, lui, ne ferme jamais. Tout ce qui suit se voit en accès libre, à pied, depuis la place.

## Gabrielle Renard, l'autre fille d'Essoyes

Aline n'est pas la seule Essoyenne passée à la postérité par la peinture. Gabrielle Renard naît au village le 1er août 1878. C'est une cousine éloignée d'Aline. À l'automne 1894, elle a seize ans quand les Renoir la font venir à Paris comme bonne et nourrice : Jean, le deuxième fils, vient de naître. Elle ne devait garder qu'un enfant. Elle devient le modèle le plus fréquent du peintre : le centre culturel la compte dans 300 à 400 œuvres.

En 1921, elle épouse un Américain, Conrad Slade. Au début des années 1940, elle part pour les États-Unis, comme Jean. Elle meurt le 26 février 1959 à Beverly Hills, où elle s'était installée près de lui. D'Essoyes à Hollywood, donc, sans jamais lâcher le garçon qu'on lui avait confié.

Un piège, au passage : plusieurs sites anglophones font de Jean « le fils aîné ». L'aîné est Pierre, l'acteur. Jean est le cinéaste, Claude dit « Coco » le céramiste. Mieux vaut avoir les trois prénoms en tête avant de monter au cimetière.

Gabrielle, elle, n'y est pas. Son nom ne figure sur aucune des deux sépultures familiales. Elle repose aux États-Unis, nous indique le centre culturel, au cimetière de Mount Auburn, à Cambridge, près de Boston.

## Au cimetière d'Essoyes, deux tombes l'une derrière l'autre

Aucun Renoir n'est mort à Essoyes. Aline s'éteint à Nice en 1915, Auguste à Cagnes-sur-Mer en 1919, à 78 ans. Tous ont pourtant voulu revenir ici, et le cimetière, à deux pas de l'atelier, est la sixième étape du Parcours Renoir tracé dans le village.

Il y a deux tombes, placées l'une derrière l'autre. La première porte un buste du peintre par Richard Guino, le sculpteur qui travaillait avec lui à la fin de sa vie. Elle abrite Pierre-Auguste Renoir, ses fils Pierre et Jean, et Dido Freire, seconde épouse de Jean, scripte brésilienne. Dans la seconde reposent Aline, sa mère Thérèse Émilie Maire, Claude, dit « Coco », troisième fils du couple, et un autre Claude, fils de Pierre. Aline et Auguste ont été réinhumés ici le 7 juin 1922.

Sur cette seconde tombe, il manque quelque chose. Elle était, écrit le centre culturel, « à l'origine couronnée » d'un buste d'Aline, né lui aussi du travail de Guino avec Renoir. Il n'y est plus : il a été volé, au milieu des années 2000 d'après le centre culturel. La symétrie est rompue, et c'est justement la femme sans qui rien ne serait arrivé à Essoyes qui se retrouve sans visage.

La pierre du peintre est modeste, et c'était voulu. Le site Du Côté des Renoir rapporte la requête qu'il fit à son fils Jean :

> « Ne me fais pas poser une pierre trop lourde, afin que j'aie la force de la soulever si jamais l'envie me prend de me promener dans la campagne… »

On lit la phrase, on lève les yeux vers les coteaux. Difficile de trouver meilleure invitation à continuer la promenade.

![La tombe de Pierre-Auguste Renoir au cimetière d'Essoyes, surmontée du buste du peintre, où reposent aussi Pierre, Jean et Dido Freire](https://allovoyages.fr/wp-content/uploads/2026/10/essoyes-tombe-renoir-cimetiere.webp)La tombe de Pierre-Auguste Renoir, de ses fils Pierre et Jean, et de Dido Freire. © Du Côté des Renoir - Antonin Prunier## Lavoir, église Saint-Rémi, quais de l'Ource : le parcours dans les rues

Le plan édité en 2024 par les Petites Cités de Caractère (Essoyes a obtenu ce label cette année-là) superpose deux circuits. Le Parcours Renoir compte sept étapes : le centre culturel, le lavoir, l'église Saint-Rémi, le Chemin des Laveuses, la maison avec son jardin et l'atelier, le cimetière, et pour finir un puits, signalé comme voisin de *Danse à la campagne*. La « flânerie du patrimoine » en ajoute onze, sans rapport avec le peintre : l'ancienne halle, le château Hériot, la maison Darras, les quais, un moulin, la scierie Decesse, une maison vigneronne.

Suivez les deux à la fois. Le premier seul donnerait l'idée d'un décor de peintre ; le second rappelle qu'Essoyes a eu une vie avant lui. Une vie rude, d'ailleurs. Le 12 mars 1763, un incendie ravage le bourg : les maisons étaient en bois et en torchis, couvertes de chaume, et seules les quelques constructions en pierre en réchappent. Ce que vous voyez aujourd'hui date donc, pour l'essentiel, d'après.

L'Ource a longtemps fait travailler le village. Plusieurs moulins y tournaient, et l'on fabriquait du papier à Essoyes au XVIIe siècle, activité éteinte à la fin du siècle suivant. Aujourd'hui la rivière sert surtout à ralentir le pas. Les quais, les façades qui s'y reflètent, le lavoir : c'est le morceau le plus photogénique du bourg, et l'association des Petites Cités recommande les berges pour un pique-nique. Le Chemin des Laveuses tient son nom d'un sujet que Renoir a peint au bord de l'eau, des femmes au linge.

L'église Saint-Rémi, au centre, surprend par sa taille. Elle remplace une église romane que la brochure range parmi les plus remarquables de l'Aube, et qui fut pourtant détruite en 1855 : on a du mal à ne pas le regretter. L'édifice actuel, payé par souscription, est consacré en 1865. Les vitraux et l'orgue, classé monument historique, sont des dons de la famille Hériot, celle des Grands Magasins du Louvre, dont le château figure aussi sur le plan.

Sept reproductions de tableaux jalonnent aujourd'hui le village, à l'emplacement des motifs. Le souvenir de Gabrielle Renard y est signalé par celle de *Gabrielle et Jean*, accompagnée de la reproduction d'une carte postale ancienne.

![Le lavoir couvert d'Essoyes au bord de l'Ource, vu derrière des jardinières fleuries](https://allovoyages.fr/wp-content/uploads/2026/10/essoyes-lavoir-ource.webp)Le lavoir d'Essoyes, sur l'Ource. © Du Côté des Renoir - Antonin Prunier## Renoir, champagne et cadole : le vignoble d'Essoyes à pied

On l'oublie devant les chevalets : Essoyes est un village de vignerons. Il a compté jusqu'à 1 800 habitants et fut l'une des plus importantes communes viticoles de l'Aube, avant le phylloxéra et les guerres. Le vignoble s'est relevé. L'Union des Maisons de Champagne recense 89 exploitants et un peu plus de 493 hectares sur la commune, dont 413 de pinot noir, soit plus des quatre cinquièmes. C'est la signature de la Côte des Bar, et Essoyes est l'une des communes les plus méridionales de l'appellation, dans le périmètre des « Coteaux, maisons et caves de Champagne » inscrits à l'Unesco en 2015.

Le lien entre Renoir et le champagne n'est pas qu'un argument d'étiquette. Louis Morel, né en 1887 d'un père vigneron d'Essoyes, est devenu sculpteur et a aidé le peintre âgé. L'association Renoir, qui organise chaque été une résidence d'artiste (la Bourse Renoir, en août et septembre), a pour mécène historique une maison de champagne de la région. Et le centre culturel a monté avec des vignerons de la Côte des Bar une opération baptisée « Les Champagnes de Renoir », où chaque cuvée est associée à un tableau. Un seul de ces vignerons est installé dans le village même : Thierry Mercuzot, rue Victor-Hugo, qui tient une boutique et reçoit pour des dégustations. Les autres sont à Loches-sur-Ource, Fontette, Noé-les-Mallets, Verpillières-sur-Ource, Ville-sur-Arce et aux Riceys.

Pour marcher dans les vignes, le sentier Pierre-Auguste Renoir part du village : onze kilomètres, quatre heures environ, moins de cent mètres de dénivelé, un balisage blanc et vert puis jaune et rouge. Il longe l'Ource, passe par le site des Laveuses, monte vers des points de vue sur les toits, rejoint deux chapelles (Saint-Michel et Saint-Bernard) et revient par l'atelier et le cimetière.

Reste la cadole, que beaucoup viennent chercher ici. Soyons honnêtes : cette cabane de vigneron en pierres sèches, sans liant ni charpente, qu'on appelle aussi « loge », n'est pas la spécialité d'Essoyes. L'office de tourisme en compte environ 200 dans la Côte des Bar, mais les circuits balisés se trouvent plus à l'ouest. La plus proche que les sources officielles signalent se dresse sur le plateau de Blu, à 8 km, à 357 mètres d'altitude, avec une table d'orientation et des tables de pique-nique. Par temps clair, on y distingue la croix de Lorraine de Colombey-les-Deux-Églises. Pour les circuits de cadoles et les autres villages du vignoble, voyez notre article sur [la Côte des Bar autour d'Essoyes](/destinations/cote-des-bar-autour-essoyes/).

![Rangs de vigne au printemps près d'Essoyes, avec une cabane de vigneron sous un arbre et un champ de colza](https://allovoyages.fr/wp-content/uploads/2026/10/essoyes-vignes-cote-des-bar.webp)Les vignes de la Côte des Bar, autour d'Essoyes. © Du Côté des Renoir## Restaurant à Essoyes, nuit sur place, accès : le côté pratique

Trouver un restaurant à Essoyes est simple en semaine. Le dimanche, c'est une autre affaire. Le centre culturel liste cinq tables. Les Berges de l'Ource, place de la Mairie, à côté du centre, sert des plats de saison pensés autour du champagne, avec une terrasse sur la rivière ; d'après la fiche 2026 de l'office de tourisme, la maison ouvre le midi du mardi au samedi, le soir seulement les vendredis et samedis, et ferme dimanche et lundi. La Table d'Essoyes, rue Pierre-Renoir, sur la hauteur, se présente comme bistronomique, avec vue, et annonce un service midi et soir tous les jours. S'y ajoutent La Maison della Mamma, rue Gambetta, puis L'Union et Le 555, tous deux place du Général-de-Gaulle, pour lesquels les fiches officielles ne précisent ni la carte ni les jours. Deux boulangeries (rue Gambetta et rue Auguste-Renoir) dépannent pour un pique-nique sur les berges, et le marché se tient le mercredi matin. Les jours d'ouverture bougent d'une saison à l'autre : vérifiez-les sur le site de l'[office de tourisme de la Côte des Bar en Champagne](https://www.tourisme-cotedesbar.com/), et réservez pour un dimanche.

Pour dormir, l'offre est courte, ce qui est normal dans un bourg de cette taille. L'hôtel Arts et Millésimes surplombe le village : La Table d'Essoyes est son restaurant. La Petite Parenthèse propose deux chambres d'hôtes, rue Maurice-Forgeot. Le Val des Vignes, au lieu-dit La Bergerie, et Le Refuge des cépages, rue Auguste-Renoir, sont des locations.

Essoyes se rejoint surtout en voiture. On se gare place de la Mairie, place de l'Église ou rue de l'Extra. Il n'y a pas de gare ; la ligne Paris Est-Belfort s'arrête à Vendeuvre-sur-Barse, et il faut alors un taxi (le centre culturel en publie une liste).

| Repère | Distance d'Essoyes |
|---|---|
| A5, sortie 22 Magnant (en venant de Paris) | 22 km |
| A5, sortie 23 (en venant de Lyon) | 27 km |
| Gare de Vendeuvre-sur-Barse | 26 km |
| Gare de Troyes | 55 km |
| Plateau de Blu | 8 km |
| Chapelle Saint-Bernard de Servigny | 2 km |

Côté calendrier, le village a ses rendez-vous. Au printemps, le Printemps des cimetières donne lieu à des visites guidées gratuites, et une foire aux vins occupe chaque année la place de la Mairie en mai. En septembre, les Journées européennes du patrimoine ouvrent la maison et l'atelier en visites commentées. L'automne a son moment : le dimanche 18 octobre 2026 à 15 heures, une promenade dans les ruelles, close par une dégustation de produits locaux, part de la place de la Mairie dans le cadre des Dimanches de Caractère (gratuit, sur réservation). Les dates changent chaque année ; elles sont tenues à jour dans [l'agenda des animations du site Du Côté des Renoir](https://renoir-essoyes.fr/agenda/animations/).

Un dernier conseil, tiré du plan plus que d'un goût personnel : faites la boucle dans le sens du Parcours Renoir, du centre culturel vers le haut du bourg, et gardez le cimetière pour la fin de l'après-midi. On redescend ensuite vers l'Ource par les rues, avec la phrase sur la pierre trop lourde en tête, et l'on comprend qu'ici le motif était partout.

*Crédits photos : © Du Côté des Renoir.*

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*Source : [allovoyages.fr](https://allovoyages.fr/destinations/que-faire-essoyes-village-renoir/)*
