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title: "Des carrières de Crazannes aux Lapidiales à pied : la randonnée des sentiers de la pierre"
description: "C’est l’une des rares randonnées où le paysage traversé explique littéralement les deux sites qu’elle relie. D’un côté, une carrière de calcaire abandonnée en 1948, rendue…"
url: "https://allovoyages.fr/destinations/randonnee-carrieres-crazannes-lapidiales/"
author: "Rédaction Allovoyages"
date: "2026-09-07T11:33:56+00:00"
lang: "fr_FR"
categories: ["Destinations"]
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# Des carrières de Crazannes aux Lapidiales à pied : la randonnée des sentiers de la pierre

C'est l'une des rares randonnées où le paysage traversé explique littéralement les deux sites qu'elle relie. D'un côté, une carrière de calcaire abandonnée en 1948, rendue à la forêt, qui se visite avec un guide. De l'autre, une carrière du même banc, abandonnée elle aussi, où des sculpteurs du monde entier taillent les parois depuis 2001. Entre les deux, quelques kilomètres de bois, de champs et de chemins creux : le pays de la pierre.

On peut faire les deux sites en voiture en dix minutes. Mais on ne comprend le lien qu'en marchant.

## L'itinéraire, en résumé

L'itinéraire s'appelle localement **les sentiers de la pierre**. C'est un chemin balisé qui part du site de la Pierre de Crazannes et rejoint celui des Lapidiales, à Port-d'Envaux.

**Départ conseillé :** le parking du site de la Pierre de Crazannes, à Crazannes, accessible depuis l'aire de l'A837 comme depuis la route.

**Durée :** comptez environ deux heures de marche pour la boucle complète, sans compter les visites. Les plateformes de randonnée qui décrivent le parcours donnent des ordres de grandeur voisins, avec un dénivelé cumulé modeste.

**Difficulté :** facile. Pas de passage technique, pas de dénivelé sérieux — nous sommes en Saintonge, à quelques mètres au-dessus de la Charente. C'est une marche accessible à des enfants qui marchent bien et à des randonneurs occasionnels.

**Deux réserves d'honnêteté.** D'abord, les distances annoncées varient d'une source à l'autre selon la variante empruntée : nous donnons un ordre de grandeur, pas une valeur au mètre près. Ensuite, la marche traverse des sections de bois où le sol reste humide longtemps après la pluie : des chaussures fermées sont indispensables, et des chaussures de randonnée sont préférables au printemps et en automne.

## Ce qu'on traverse

Le trajet n'est pas une simple liaison entre deux parkings. Il suit, pour l'essentiel, le tracé de l'ancien pays carrier — celui où les blocs descendaient vers la Charente.

**Les fronts de taille dispersés.** L'exploitation de la pierre de Crazannes ne s'est pas faite en un seul point mais sur une bande de plusieurs kilomètres, de Crazannes à Port-d'Envaux en passant par Plassay. On croise donc, en chemin, des excavations plus petites, souvent envahies par la végétation, que rien ne signale et qui ne figurent sur aucune brochure. Ce sont elles qui donnent sa cohérence au parcours : on ne va pas d'un site à un autre, on traverse une zone d'extraction.

**Le bois.** Le couvert forestier est presque continu sur une bonne partie du trajet, ce qui rend cette marche praticable en plein été — un argument non négligeable en Charente-Maritime au mois d'août.

**Les chemins creux et les murets.** La pierre était partout, elle a servi à tout : murets de séparation, calages de chemins, seuils. On marche entre des ouvrages de calcaire qui n'ont jamais eu la moindre prétention monumentale.

**La campagne saintongeaise.** Crazannes compte quatre cent quarante-deux habitants sur moins de cinq kilomètres carrés, dont l'immense majorité en terres agricoles. Le paysage est ouvert, cultivé, ponctué de bosquets.

## Comment organiser la journée

La marche seule n'a qu'un intérêt moyen. Combinée aux deux visites, elle fait une journée complète et cohérente. Voici la façon dont nous l'organiserions.

**9 h 30 — Arrivée aux [carrières de Crazannes](/destinations/carrieres-de-crazannes/).** Le parcours des carriers fait six cent cinquante mètres, dix escaliers, deux cent quatre-vingts marches, et dure environ une heure. Sept euros pour la version guidée, quatre pour le parcours court et accessible. Le site ouvre à dix heures et **ferme entre midi et quatorze heures** hors juillet-août : c'est la contrainte qui structure toute la journée. Prenez une épaisseur : il fait nettement plus frais au fond des tranchées.

**11 h 15 — Départ à pied vers les Lapidiales.** Deux heures environ, en flânant.

**13 h — Pique-nique.** Il n'y a pas de restauration sur le site des Lapidiales. Emportez de quoi manger, ou prévoyez de redescendre sur Port-d'Envaux ou Saint-Porchaire.

**14 h — [Les Lapidiales](/destinations/les-lapidiales-port-denvaux/).** Gratuit, sans horaires, sans guichet. Une heure à une heure et demie. Entre le 1er mai et le 30 septembre, cinq à sept sculpteurs sont en résidence sur le site : on les entend travailler avant de les voir, et l'échange fait partie de l'esprit du lieu.

**15 h 30 — Retour.** Soit à pied par la boucle, soit — si vous avez laissé une seconde voiture — en dix minutes de route.

**Variante pour ceux qui ne veulent pas marcher deux fois :** laissez un véhicule à chaque extrémité, ou faites l'aller à pied et le retour en taxi. Le secteur est peu desservi en transports en commun ; ne comptez pas sur le bus.

## Ce qu'il faut emporter

La liste est courte, mais chaque point correspond à un désagrément réel signalé par des visiteurs.

**Des chaussures fermées, montantes de préférence.** Le sol du bois est irrégulier et reste humide longtemps. Et surtout : le parcours des carriers, à Crazannes, compte deux cent quatre-vingts marches de pierre qui deviennent glissantes par temps humide. Les sandales sont à proscrire.

**Une épaisseur de plus, même en août.** C'est le principal étonnement des visiteurs d'été : la température au fond des anciennes tranchées est nettement inférieure à celle de la surface. On descend en tee-shirt et on remonte en frissonnant.

**De l'eau et un pique-nique.** Il n'y a pas de restauration sur le site des Lapidiales, et le secteur est rural. Les commerces les plus proches sont à Saint-Porchaire ou à Port-d'Envaux.

**De quoi se protéger des moustiques** au printemps et en été : nous sommes en bord de Charente, dans des prairies alluviales.

**De l'espèce ou une carte** pour la billetterie de Crazannes, qui accepte espèces, chèques, carte bancaire et chèques-vacances.

**Pas de drone**, ni sur le site départemental ni au-dessus des Lapidiales, sans autorisation préalable.

## Les villages que l'on traverse

Le sentier ne relie pas deux parkings dans le vide : il coud ensemble trois communes qui ont vécu de la même pierre.

**Crazannes**, quatre cent quarante-deux habitants, où l'on part. Le village a son église Sainte-Madeleine, néogothique, bâtie en 1874, une chapelle Saint-Saturnin, et le [château classé monument historique en 1913](/destinations/chateau-de-crazannes/) que l'on appelle localement le château du Chat botté.

**Plassay**, que le sentier longe ou traverse selon les variantes. Le bourg est à trois kilomètres des Lapidiales, et la route qui y mène depuis Port-d'Envaux dessert le site.

**Port-d'Envaux**, mille cent quatre-vingt-huit habitants, à l'arrivée. C'était un port de rivière, et le village en garde les traces : des quais sur la Charente, des logis et des maisons de capitaines bâtis avec l'argent du commerce fluvial, une église Saint-Saturnin dont les parties les plus anciennes datent du début du XIIe siècle, et le château de Panloy, remanié en 1760 sur une base de 1537.

C'est un paysage habité, pas un espace naturel protégé. On marche entre des champs, des fermes et des maisons — et l'on reste sur les chemins.

## Les autres marches du secteur

Si vous restez plusieurs jours, deux prolongements naturels.

**Le long de la Charente.** Le fleuve passe à quelques centaines de mètres de Crazannes et il est bordé de chemins sur de longues sections. Port-d'Envaux, Taillebourg et Saint-Savinien s'égrènent sur ses rives, chacun avec ses quais, ses cales et ses maisons de capitaines. Taillebourg est le site de la bataille des 22 et 24 juillet 1242, où Louis IX força le passage du pont contre Henri III d'Angleterre et Hugues X de Lusignan — épisode que Delacroix a peint en 1837 pour la galerie des Batailles de Versailles.

**Saint-Savinien et les falaises du Chail.** À une dizaine de kilomètres en remontant le fleuve, ce bourg de deux mille quatre cent soixante habitants, labellisé Petite Cité de Caractère, était un port de pierre attesté depuis 1274. Ses falaises calcaires ont été creusées pour les mêmes raisons que Crazannes, et les galeries abandonnées abritent aujourd'hui des colonies de chauves-souris. Ses quais, surnommés « le Petit Nice » au XXe siècle, sont devenus le rendez-vous d'été du secteur.

Et pour ceux qui préfèrent l'eau à la marche : **le canoë sur la Charente** est l'une des activités les plus pratiquées du secteur, sur un fleuve lent, sans rapide, bordé de prairies alluviales où l'on croise hérons et loutres. Plusieurs bases de location sont installées entre Saintes et Saint-Savinien.

## Quand y aller

**Le printemps** est la meilleure saison. Les carrières de Crazannes ouvrent en mars, les orchidées sauvages sortent sur les pelouses sèches, les fougères sont neuves et les chemins encore fermes. Les sculpteurs des Lapidiales arrivent le 1er mai.

**L'été** fonctionne bien parce que le parcours est ombragé et que le fond des carrières est frais. C'est aussi la période où le site de Crazannes ouvre en continu, de dix heures à dix-neuf heures. En contrepartie, c'est la période d'affluence.

**L'automne** est superbe dans le bois, mais attention aux horaires : à partir du 1er octobre, les carrières de Crazannes ne sont plus ouvertes que le mercredi, le samedi et le dimanche.

**L'hiver est à éviter si votre objectif est la visite guidée** : le site de la Pierre de Crazannes est **fermé du 2 novembre au 28 février**. Le sentier, lui, reste praticable, et les Lapidiales sont ouvertes toute l'année. Une marche d'hiver entre deux carrières désertes n'est d'ailleurs pas la pire idée du monde, à condition d'accepter le sol détrempé.

## La variante à vélo

Pour qui préfère la roue au pied, le secteur s'y prête mieux encore que la marche.

Le relief est nul, les routes secondaires sont peu circulantes, et la vallée de la Charente est parcourue par des itinéraires cyclables balisés qui suivent le fleuve. Crazannes, Port-d'Envaux, Taillebourg, Saint-Savinien et Saintes se relient sans difficulté sur des distances de dix à quinze kilomètres, ce qui met tout le pays de la pierre à portée d'une journée.

Deux réserves. D'abord, **le sentier des Lapidiales lui-même n'est pas un chemin cyclable** : il faut laisser le vélo au parking. Ensuite, les liaisons entre villages empruntent par endroits des routes ouvertes à la circulation, sans bande cyclable : ce n'est pas une véloroute intégralement protégée, et cela se gère mal avec de jeunes enfants.

Le meilleur compromis, pour un séjour de deux ou trois jours : le vélo pour relier les villages le long du fleuve, la marche pour le sentier de la pierre entre Crazannes et Port-d'Envaux.

## Ce que vaut vraiment cette randonnée

Il faut être clair : ce n'est ni un GR spectaculaire, ni une marche d'altitude. Deux heures faciles dans un bois de Saintonge.

Ce qui la rend intéressante est ailleurs. C'est l'une des rares randonnées françaises où le sentier lui-même est l'explication du paysage : on part d'un trou creusé par des hommes, on arrive dans un trou creusé par les mêmes hommes, et entre les deux, on comprend pourquoi ils l'ont creusé là. Les monuments faits de cette pierre sont à Saintes, à La Rochelle, sur Fort Boyard, à Cologne peut-être. Le sol dont elle sort tient en quelques kilomètres de bois.

Peu de marches offrent ce rapport-là entre l'effort et le sens.

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*Source : [allovoyages.fr](https://allovoyages.fr/destinations/randonnee-carrieres-crazannes-lapidiales/)*
