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title: "Randonner autour du Mont Aiguille : le Tour, le Pas de l’Aiguille et les autres"
description: "On ne monte pas au sommet du Mont Aiguille en randonnée. Il faut le dire tout de suite, parce que la question revient à chaque fois.…"
url: "https://allovoyages.fr/destinations/randonnee-mont-aiguille-pas-de-laiguille/"
author: "Rédaction Allovoyages"
date: "2026-09-07T15:57:59+00:00"
lang: "fr_FR"
categories: ["Destinations"]
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# Randonner autour du Mont Aiguille : le Tour, le Pas de l’Aiguille et les autres

On ne monte pas au sommet du Mont Aiguille en randonnée. Il faut le dire tout de suite, parce que la question revient à chaque fois. Aucun sentier n'atteint la prairie sommitale : les parois font le tour complet, la voie la plus facile relève de l'alpinisme, et le sommet se gagne avec une corde ou pas du tout.

Ce qui reste, en revanche, occupe facilement trois jours de marche. Le Mont Aiguille appartient à cette famille de montagnes qu'on regarde plutôt qu'on ne gravit, et qui change de forme tous les kilomètres. Vu de [Chichilianne](/destinations/chichilianne-village-mont-aiguille/), c'est une tour. Vu du col de l'Aupet, une lame. Vu de Clelles, un doigt. Vu du Grand Veymont, un caillou posé sur une table.

## Le Tour du Mont Aiguille, la boucle de référence

C'est l'itinéraire qui fait venir les gens, et il mérite sa réputation.

| Départ | Hameau de la Richardière, Chichilianne |
|---|---|
| Distance | environ 17,5 km |
| Dénivelé positif | environ 1 100 m |
| Durée annoncée | 6 h de marche |
| Difficulté | difficile |
| Points de passage | pont de Donnière, Trézanne, col de Papavet, col des Pellas, col de l'Aupet |

Le parcours alterne forêts, prairies et hameaux, avec la montagne au centre en permanence. Au départ de la Richardière, on descend franchir le pont de Donnière et l'on gagne d'abord Trézanne, par le versant sud. De là, on remonte plein nord vers le col de Papavet, on passe le col des Pellas, on redescend sur le hameau des Pellas, puis on remonte au col de l'Aupet à 1 627 mètres avant de redescendre sur la Richardière.

Deux passages valent qu'on ralentisse. **Trézanne** d'abord, un hameau minuscule avec une chapelle romane dont le toit de chaume a été restauré : le genre d'endroit où l'on s'assoit sans avoir prévu de s'asseoir. **Le col de l'Aupet** ensuite, qui marque une faille géologique majeure et donne le meilleur point de vue de la journée sur la face est de la montagne. Un itinéraire en part vers [les hauts plateaux](/destinations/bivouac-hauts-plateaux-vercors/), mais il n'est pas balisé : il se réserve à ceux qui savent naviguer sans marques.

Six heures est une estimation de marcheur entraîné, en été, sans arrêt long. Avec un pique-nique, des photos et des jambes normales, la journée fait huit heures. L'office de tourisme du Trièves propose d'ailleurs une version en deux jours, au départ de Clelles ou du pont de la Bâtie, avec nuit sur le parcours ; sa fiche recommande pour l'étape l'hôtel-restaurant Au Gai Soleil du Mont-Aiguille ou le camping de la Ferme du Pas de l'Aiguille. C'est objectivement la meilleure formule : le tour à la journée oblige à traverser les plus beaux versants aux heures les plus dures.

Attention à un point que les fiches techniques mentionnent en petit : **la boucle entre à plusieurs reprises dans la réserve naturelle des hauts plateaux du Vercors**, où les chiens sont interdits, y compris tenus en laisse. Un randonneur qui arrive avec son chien depuis Grenoble découvre le problème au pied du sentier. Ce n'est pas négociable et ce n'est pas discutable : la réserve protège une population de bouquetins et de chamois qui n'existerait pas sans cette règle.

### Ce que la fiche technique ne dit pas

Le Tour se joue en quatre quarts très différents, et c'est ce qui en fait l'intérêt.

Le premier est forestier, ombragé, sans vue, et il monte. On y prend le rythme sans rien voir, ce qui déconcerte les gens venus pour la montagne. Le deuxième s'ouvre sur les prairies du versant sud, avec des fermes en activité, des clôtures à refermer et parfois des troupeaux à contourner. Le troisième est le plus alpin : on monte sous les parois, le calcaire prend toute la place, la végétation se raréfie. Le dernier redescend vite, trop vite pour les genoux, et c'est là que la journée se paie.

La lumière compte énormément sur ce parcours. Dans le sens des aiguilles d'une montre, on prend la face est le matin et la face ouest le soir, ce qui est le bon choix pour les photographes. Dans l'autre sens, on grimpe la partie raide à l'ombre, ce qui est le bon choix en juillet.

Enfin, il faut dire un mot du vide. Le Tour ne comporte aucun passage exposé au sens technique, mais il longe des barres rocheuses hautes de plusieurs centaines de mètres, et l'échelle du paysage impressionne davantage que les chiffres ne le laissent supposer.

## Le Pas de l'Aiguille, la plus belle demi-journée du Trièves

Si l'on ne devait garder qu'une marche, ce serait celle-là.

Trois heures aller-retour, 580 mètres de dénivelé, un sentier qui monte franchement jusqu'à une brèche dans la falaise, et de l'autre côté un monde qui n'a plus rien à voir : les hauts plateaux du Vercors, un désert d'herbe et de calcaire sans route ni maison, le plus grand espace sans habitation permanente d'Europe occidentale à cette latitude. La bascule au pas, quand le paysage change d'un seul coup, est un de ces moments qui font accepter les 580 mètres.

Marmottes à peu près garanties. Bouquetins fréquents, surtout tôt le matin et en fin de journée. Aigle royal et vautour fauve possibles si l'on lève la tête.

Mais le Pas de l'Aiguille est d'abord un lieu de mémoire. Le 21 juillet 1944, l'offensive allemande sur le Vercors se déclenche sur trois fronts. Le lendemain, vingt-trois maquisards attaqués sur ce secteur se replient dans une grotte, sous le pas, et y tiennent plus de trente heures. Les survivants rejoignent le Trièves dans la nuit du 24. Sept d'entre eux sont morts sur place, ainsi que le berger du secteur. L'historien Peter Lieb a établi que l'unité allemande engagée là a subi ses pertes les plus lourdes de toute la bataille du Vercors, en dehors de Vassieux.

Une nécropole nationale, présentée comme la plus petite de France, et un monument situé à une centaine de mètres de la grotte rappellent ces trois jours. Une cérémonie s'y tient chaque année, un dimanche de la fin juillet. On peut faire cette randonnée sans rien savoir de tout cela. Ce serait dommage.

## Les boucles plus courtes, quand on a trois heures ou des enfants

Tout le monde ne vient pas pour mille mètres de dénivelé, et le secteur a l'intelligence de proposer autre chose.

- **Le Platary**, au départ du col du Prayer, entre Chichilianne et le col de Menée : deux heures aller-retour, difficulté modérée, et une vue de trois quarts sur le Mont Aiguille qu'on ne trouve nulle part ailleurs.
- **Le Goutaroux**, par le col de Papavet, depuis le hameau de Trézanne : 540 mètres de dénivelé pour un panorama circulaire sur le Mont Aiguille, le Grand Veymont et le Dévoluy.
- **Les facettes du Mont Aiguille**, une boucle familiale conçue pour être accessible en train depuis Grenoble, forêt et points de vue, sans difficulté technique.
- **Sous le regard du géant**, parcours d'interprétation qui explique la formation géologique de la butte et l'architecture des fermes du Trièves.
- **Entre Mont Aiguille et Grand Veymont**, au départ de Gresse-en-Vercors, pour ceux qui logent sur le versant nord.

Ces itinéraires sont balisés et documentés par le Parc naturel régional du Vercors et par l'office de tourisme, qui édite les fiches à jour. Un point d'information fonctionne à Chichilianne en saison, à horaires variables ; l'office de tourisme du Trièves, installé depuis avril 2026 à la Maison de Pays de Clelles, est ouvert toute l'année.

## Le Grand Veymont, si l'envie de sommet est trop forte

Puisqu'on ne peut pas monter sur le Mont Aiguille, autant monter sur ce qui le domine. Le Grand Veymont culmine à 2 341 mètres et constitue le point le plus haut du massif du Vercors. C'est une longue course de randonnée, sans difficulté technique mais sérieuse en dénivelé, avec un panorama circulaire du Mont Blanc aux Écrins, et une probabilité élevée de croiser des bouquetins sur les pentes sommitales.

Depuis le Trièves, on l'attaque classiquement depuis Gresse-en-Vercors. C'est une journée pleine, pas une sortie d'après-midi.

## Les six itinéraires en un coup d'œil

| Itinéraire | Départ | Durée | Dénivelé | Pour qui |
|---|---|---|---|---|
| Tour du Mont Aiguille | La Richardière | 6 h annoncées | ≈ 1 100 m | Marcheurs entraînés |
| Tour en deux jours | Clelles ou pont de la Bâtie | 2 jours | ≈ 1 100 m | Ceux qui veulent regarder |
| Pas de l'Aiguille | Chichilianne | 3 h aller-retour | 580 m | Tout le monde, en forme |
| Le Goutaroux | Trézanne | Demi-journée | 540 m | Amateurs de panoramas |
| Le Platary | Col du Prayer | 2 h aller-retour | Modéré | Familles, fin de journée |
| Les facettes du Mont Aiguille | Gare de Clelles | Demi-journée | Facile | Venus en train, enfants |

Les durées annoncées correspondent à de la marche effective. Le temps réel passé dehors est toujours supérieur, et c'est tant mieux.

## Le matériel, sans surenchère

Rien d'exotique n'est nécessaire, mais quatre points reviennent dans les retours d'expérience du secteur.

Des chaussures tenant la cheville, parce que les sentiers du versant sud sont caillouteux et que la descente finale du Tour est longue. De l'eau en quantité, faute de source fiable sur le calcaire. Un coupe-vent, même en août, car les cols et les pas canalisent un vent qui surprend les gens montés en tee-shirt. Et de quoi se repérer autrement qu'avec un téléphone, la couverture réseau étant capricieuse sous les parois et sur le plateau.

Les bâtons rendent service sur les mille mètres de descente du Tour. Les crampons légers peuvent servir tôt en saison, quand des névés subsistent sous le col de l'Aupet.

## Ce qu'il faut savoir avant de partir

La saison utile court de la fin du printemps à l'automne. Le versant nord conserve de la neige tardivement, les hauts plateaux gardent des névés jusqu'en juin certaines années, et l'automne offre les plus belles couleurs avec des sentiers presque vides.

L'eau est le vrai sujet. Le calcaire ne retient rien : sur les hauts plateaux, il n'y a pas de source fiable, ce qui a des conséquences très concrètes sur ce qu'on emporte. Deux litres par personne pour une journée sur le plateau n'est pas un excès de prudence.

Les orages de fin d'après-midi sont fréquents en juillet et en août. Partir tôt n'est pas seulement une question de fraîcheur, c'est une question de sécurité sur des crêtes exposées.

Les troupeaux occupent la réserve de la mi-mai à la mi-septembre environ, avec leurs chiens de protection. Aucun sentier n'est déconseillé pour autant, mais la rencontre se prépare : on contourne le troupeau largement, on ne court pas, on ne fixe pas le chien, on ne le caresse pas, et l'on attend calmement qu'il ait identifié le passant. Les bons réflexes sont détaillés sur [pasto-kezako.fr](https://pasto-kezako.fr/), la référence vers laquelle l'office de tourisme renvoie.

Le stationnement, enfin. La Richardière est un hameau habité, pas un parking de départ : les places sont comptées, et les cours de ferme ne sont pas des aires de retournement. L'office de tourisme ne signale pas de difficulté particulière, les espaces prévus étant plutôt bien respectés, et c'est exactement ce qu'il faut continuer à faire. Arriver par le train reste la solution la plus élégante.

## L'option qui devrait être plus connue : venir en train

La gare de Clelles-Mens, sur la ligne Grenoble - Veynes - Gap, se trouve à quelques kilomètres du Mont Aiguille. Elle dispose d'un parking à vélos en accès libre. La même ligne dessert Monestier-de-Clermont, à l'entrée nord du plateau. Plusieurs itinéraires démarrent directement de là, dont la version en deux jours du Tour du Mont Aiguille au départ de Clelles.

Dans un massif où presque tout suppose une voiture, c'est un cas rare : on peut monter dans un train à Grenoble le samedi matin et marcher au pied du Mont Aiguille avant midi. Vérifiez simplement la fréquence des liaisons, qui varie selon les jours et les saisons, et gardez en tête que des cars TER complètent parfois la desserte.

## Notre avis, pour trancher

Une seule journée sur place : le Pas de l'Aiguille, sans hésiter. Le rapport entre l'effort et ce qu'on voit est imbattable, et la charge historique du site donne à la marche une épaisseur que le Tour n'a pas.

Un week-end : Pas de l'Aiguille le premier jour, Tour du Mont Aiguille le second, ou l'inverse si la météo commande.

Trois jours ou plus : Tour en deux étapes, puis le Grand Veymont, et une soirée [à Mens](/destinations/villages-du-trieves-mens-lalley-giono/) pour changer de registre..

Les fiches d'itinéraires détaillées, les traces et les mises à jour de terrain (travaux, troupeaux, fermetures temporaires)sont publiées par l'[office de tourisme du Trièves](https://www.trieves-vercors.fr/), qui reste la source la plus fiable sur ce secteur..

*Photographies : © Office de tourisme du Trièves. Merci à l'[office de tourisme du Trièves](https://www.trieves-vercors.fr/) pour la mise à disposition des images.*

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*Source : [allovoyages.fr](https://allovoyages.fr/destinations/randonnee-mont-aiguille-pas-de-laiguille/)*
