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title: "La route des eaux-de-vie d’Alsace : visiter les distilleries de la vallée de Villé"
description: "En Alsace, on ne dit pas seulement « la vallée de Villé ». On dit souvent « la vallée des eaux-de-vie ». Le surnom n’a rien…"
url: "https://allovoyages.fr/destinations/route-des-eaux-de-vie-alsace/"
author: "Rédaction Allovoyages"
date: "2026-08-25T15:47:34+00:00"
lang: "fr_FR"
categories: ["Destinations"]
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# La route des eaux-de-vie d’Alsace : visiter les distilleries de la vallée de Villé

En Alsace, on ne dit pas seulement « la vallée de Villé ». On dit souvent « la vallée des eaux-de-vie ». Le surnom n'a rien d'un slogan touristique récent : il décrit une réalité économique et familiale qui a structuré ce territoire du Bas-Rhin pendant des siècles. Là où d'autres vallées vivaient du textile ou de la vigne, celle-ci a vécu de ses vergers, et de ce qu'elle savait en faire une fois les fruits ramassés.

Le principe est simple et redoutablement efficace. Un verger produit chaque année plus de fruits qu'une famille ne peut en manger ou en vendre frais, surtout dans une vallée de montagne où l'acheminement vers la plaine coûtait cher. La distillation résout le problème : elle transforme une récolte périssable en un produit qui se conserve indéfiniment, se transporte dans une bouteille et se vend au prix fort. Dans la vallée de Villé, cette équation a produit un savoir-faire, des alambics, des maisons, et une culture du fruit distillé qui se visite encore aujourd'hui.

## Pourquoi la vallée de Villé distille depuis si longtemps

Regardez un versant de la vallée au mois d'avril. Entre les maisons et la forêt s'étend une bande de vergers, souvent en pente, plantés de hautes tiges : quetschiers, mirabelliers, cerisiers, poiriers, pommiers. Ces arbres ne sont pas décoratifs. Ils constituaient la réserve de valeur des familles, au même titre qu'un troupeau ou qu'un bout de pré.

L'altitude joue un rôle décisif dans le goût. Les fruits mûrissent plus lentement qu'en plaine, avec des écarts de température jour-nuit plus marqués, ce qui concentre les arômes. C'est exactement ce que recherche un distillateur : un fruit très parfumé, car la distillation ne crée rien, elle extrait et concentre ce qui est déjà là. Une eau-de-vie ratée vient presque toujours d'un fruit médiocre, jamais d'un alambic médiocre.

À cela s'ajoute la tradition des bouilleurs de cru, ces propriétaires de vergers autorisés à faire distiller leur propre récolte, encadrés par l'administration des douanes. Pendant des générations, chaque village de la vallée a compté ses alambics, ses tours de chauffe et ses conversations d'hiver autour du serpentin. Certaines de ces familles ont fait le pas suivant : passer du foyer à l'entreprise, et vendre au-delà de la vallée.

## La distillerie Jos Nusbaumer à Steige, porte d'entrée du savoir-faire

Si vous ne visitez qu'une distillerie, ce sera celle-là. La distillerie artisanale Jos Nusbaumer est installée à Steige, au fond de la vallée, dans un environnement de forêts et de pentes qui rappelle immédiatement d'où viennent les fruits.

L'histoire tient en une date et une lignée. Après plusieurs générations de bouilleurs dans la famille, Joseph Nusbaumer crée sa distillerie en 1947. La maison est aujourd'hui labellisée Entreprise du Patrimoine Vivant, une distinction attribuée par l'État aux entreprises françaises détentrices d'un savoir-faire artisanal ou industriel d'excellence. Elle produit des eaux-de-vie de fruits, mais aussi des liqueurs et des crèmes élaborées à partir de plantes et de fruits, ainsi que des créations plus récentes comme un gin de montagne.

C'est la seule distillerie de la vallée à proposer aujourd'hui un parcours de visite. Les visites ont lieu les mardis, vendredis, samedis et dimanches à 10h30, 14h30 et 16h, et durent environ une heure. Un membre de la distillerie explique la chaîne complète : réception et tri des fruits, fermentation, passage à l'alambic, coupe des têtes et des queues pour ne garder que le cœur de chauffe, réduction et vieillissement. C'est la partie que l'on comprend mal tant qu'on ne l'a pas vue : une eau-de-vie sort de l'alambic à un degré très élevé et se travaille ensuite pendant des mois, parfois des années.

Le tarif est de 9 euros pour les adultes, gratuit pour les moins de 18 ans, avec des conditions particulières pour les groupes. Les autres distillateurs de la vallée continuent de produire, mais ne reçoivent pas de visiteurs. La visite se termine par une dégustation, à laquelle il vaut mieux venir en ayant désigné un conducteur.

## Les fruits et les eaux-de-vie à connaître

L'Alsace distille à peu près tout ce qui pousse dans ses vergers et ses haies. Voici les grandes familles que vous croiserez dans la vallée, et ce qui les distingue.

**Le kirsch.** L'eau-de-vie de cerise, la plus emblématique d'Alsace. Elle demande une quantité de fruits considérable pour un rendement modeste, ce qui explique son prix. Un bon kirsch ne sent pas l'amande amère mais la cerise fraîche, avec une finale nette. C'est celui que les pâtissiers réclament pour la forêt-noire et le kougelhopf, et celui qu'on verse encore, en Alsace, dans la fondue ou sur une salade de fruits.

**La mirabelle.** Ronde, dorée, immédiatement reconnaissable au nez. Elle donne une eau-de-vie souple et parfumée, souvent la première que l'on apprécie quand on découvre les fruits distillés.

**La quetsch.** Plus sombre, plus terrienne que la mirabelle, avec une profondeur qui plaît aux amateurs de spiritueux marqués. La Quetsch d'Alsace bénéficie d'une indication géographique protégée, signe de l'attachement régional à ce fruit.

**La framboise.** C'est probablement l'eau-de-vie la plus spectaculaire à sentir, et l'une des plus difficiles à produire. Il faut une masse de fruits énorme pour obtenir une bouteille, et le parfum de la framboise est si volatil que la moindre erreur de conduite de chauffe le détruit. Une eau-de-vie de framboise réussie sent le fruit écrasé dans la main, pas l'alcool.

**La poire Williams.** Fruit généreux, aromatique, qui donne une eau-de-vie ronde et facile d'accès. C'est aussi celle des célèbres bouteilles contenant une poire entière, obtenues en enfilant la bouteille sur le jeune fruit resté sur l'arbre.

**Le marc.** Ici, on ne distille plus le fruit mais le marc de raisin, c'est-à-dire ce qui reste après le pressurage. Le Marc d'Alsace de Gewurztraminer, qui conserve le parfum de rose et de litchi du cépage, figure au catalogue des maisons de la vallée.

**Les liqueurs et crèmes.** Elles ne relèvent pas de la même technique : on fait macérer des fruits ou des plantes dans de l'alcool, puis on sucre. Plus douces, moins puissantes, elles servent en cocktail ou en dessert, et constituent souvent la porte d'entrée pour ceux que 45 degrés effraient.

Un mot enfin sur le vocabulaire. On entend parfois parler de « schnaps » en Alsace pour désigner ces eaux-de-vie : le terme, hérité de l'alémanique, s'emploie couramment dans la conversation, mais les producteurs préfèrent le mot exact, eau-de-vie, qui distingue clairement leur production d'un alcool aromatisé industriel.

## Le musée-atelier des Confitures du Climont, l'autre façon de garder le fruit

 ![Chaudron de cuivre et pots de confiture des Confitures du Climont à Maisonsgoutte](https://allovoyages.fr/wp-content/uploads/2026/08/confitures-du-climont-chaudron.webp)Chaudron de cuivre et pots des Confitures du Climont. Photo : Office de Tourisme de la Vallée de VilléDistiller n'est pas la seule réponse à une récolte trop abondante. L'autre, c'est la confiture, et la vallée de Villé a la particularité d'abriter à Maisonsgoutte le seul musée de France entièrement consacré à ce produit.

Ouvert depuis octobre 2025, le musée-atelier des Confitures du Climont réunit sur un même site un espace muséal, un atelier de fabrication visible par les visiteurs et une boutique de vente directe avec dégustation. On y voit travailler les chaudrons de cuivre, on y comprend les différences entre confiture, gelée et marmelade, et surtout on goûte.

La production tourne autour d'une quarantaine de variétés, avec des classiques et des recettes que l'on ne trouve pas en grande surface : églantine, griotte, mirabelle à la cannelle, pomme sauvage, myrtille. La visite du musée, celle de l'atelier et la dégustation sont gratuites. Pour les visiteurs individuels, aucune réservation n'est nécessaire ; les groupes réservent en amont. Le musée est ouvert toute l'année, du mardi au samedi, de 10h à 12h et de 14h à 18h.

C'est une étape parfaite avec des enfants, et le complément logique d'une visite de distillerie : les mêmes fruits, les mêmes vergers, deux techniques de conservation, deux résultats radicalement différents.

## Construire sa journée gourmande dans la vallée

 ![Intérieur du musée-atelier des Confitures du Climont à Maisonsgoutte](https://allovoyages.fr/wp-content/uploads/2026/08/confitures-du-climont-atelier.webp)L'atelier-boutique des Confitures du Climont, à Maisonsgoutte. Photo : Jean-Luc Schmitt, Office de Tourisme de la Vallée de VilléVoici un enchaînement qui fonctionne bien, en une journée, sans course contre la montre.

**Le matin**, cap sur Maisonsgoutte et le musée-atelier des Confitures du Climont, ouvert toute l'année du mardi au samedi, de 10h à 12h et de 14h à 18h. La visite dure une heure environ, dégustation comprise, et l'atelier tourne le matin, ce qui rend la visite plus vivante.

**Vers midi**, déjeuner à Villé, le centre-bourg, ou à la Ferme-Auberge des Cimes, à Urbeis, seule ferme-auberge de la vallée. La cuisine locale ne triche pas : tarte flambée, baeckeoffe, gibier en saison, tarte aux quetsches quand c'est le moment.

**L'après-midi**, direction Steige pour la visite guidée de la distillerie Jos Nusbaumer, à 14h30 ou à 16h. Une heure de visite, une dégustation, et le temps de faire ses emplettes.

**En fin de journée**, montée à Albé, seul village de la vallée inscrit sur la Route des Vins d'Alsace, pour boucler la boucle des fermentations locales avec un Pinot Noir de schiste chez l'un des trois vignerons du village. Nous racontons ce vignoble de montagne unique en Alsace dans [notre guide d'Albé](https://allovoyages.fr/destinations/albe-village-alsace/).

Si vous préférez marcher entre deux dégustations, le [Chemin de la Résistance et de la Liberté et les randonnées de la vallée](https://allovoyages.fr/destinations/randonnee-vallee-de-ville/) offrent le contrepoint idéal, et l'ensemble des visites du territoire est détaillé dans [notre guide complet de la vallée de Villé](https://allovoyages.fr/destinations/vallee-de-ville-alsace/).

## Acheter, transporter, conserver

Quelques repères pratiques pour ne pas rentrer déçu.

**Le prix est un indice.** Une eau-de-vie de fruit artisanale coûte cher parce qu'il faut beaucoup de fruits pour peu de liquide. Une bouteille de framboise au prix d'un alcool blanc de supermarché n'est pas une eau-de-vie de framboise, c'est un alcool aromatisé. Lisez l'étiquette : elle doit indiquer « eau-de-vie de » suivi du fruit.

**Le degré n'est pas un défaut.** Les eaux-de-vie de fruits titrent en général entre 40 et 50 degrés. En dessous, le fruit s'affaisse et perd son parfum. La bonne façon de les servir n'est pas glacée mais fraîche, autour de 8 à 10 degrés, dans un verre à pied resserré, en petite quantité.

**La conservation est facile.** Une bouteille fermée se garde des années à l'abri de la lumière et debout, jamais couchée, l'alcool attaquant le bouchon. Une fois ouverte, elle ne s'oxyde pratiquement pas, contrairement au vin.

**Le transport.** Si vous rentrez en avion, ces bouteilles dépassent la limite de liquides en cabine : elles voyagent en soute, protégées, ou s'achètent après les contrôles.

## Questions fréquentes sur les eaux-de-vie d'Alsace

### Quelle est la différence entre une eau-de-vie et une liqueur de fruit ?

L'eau-de-vie est obtenue par fermentation puis distillation du fruit lui-même : elle ne contient pas de sucre ajouté et titre généralement 40 à 50 degrés. La liqueur ou la crème résulte de la macération de fruits ou de plantes dans de l'alcool, suivie d'un ajout de sucre : elle est plus douce et moins forte.

### Peut-on visiter une distillerie dans la vallée de Villé ?

Oui, mais une seule maison propose un parcours de visite : la distillerie artisanale Jos Nusbaumer, à Steige, les mardis, vendredis, samedis et dimanches à 10h30, 14h30 et 16h. La visite dure environ une heure, au tarif de 9 euros pour les adultes, gratuite pour les moins de 18 ans.

### Quelle est l'eau-de-vie alsacienne la plus connue ?

Le kirsch, l'eau-de-vie de cerise, reste la plus emblématique, suivie de la mirabelle, de la quetsch, de la poire Williams et de la framboise. Le Marc d'Alsace de Gewurztraminer, distillé à partir du marc de raisin, occupe une place à part.

### La visite du musée de la confiture est-elle payante ?

Non. À Maisonsgoutte, la visite du musée-atelier des Confitures du Climont, la découverte de l'atelier de fabrication et la dégustation sont gratuites. La réservation n'est requise que pour les groupes. Le musée ouvre toute l'année, du mardi au samedi, de 10h à 12h et de 14h à 18h.

### Quelle est la meilleure période pour découvrir les distilleries ?

L'automne, quand les fruits arrivent et que les alambics tournent. Les visites guidées de la distillerie Nusbaumer se déroulent toutefois toute l'année, et l'été reste la saison la plus simple pour combiner distillerie, musée et randonnée.

*Pour connaître les distillateurs ouverts à la visite et les horaires en vigueur, adressez-vous à [l'Office de la Vallée de Villé](https://www.tourisme-valdeville.fr/), 14 place du Marché, 67220 Villé.*

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*Source : [allovoyages.fr](https://allovoyages.fr/destinations/route-des-eaux-de-vie-alsace/)*
