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title: "Mens, Lalley, Clelles : les villages du Trièves et le pays de Giono"
description: "Le Trièves se résume trop souvent à sa montagne. C’est compréhensible, et c’est réducteur. Le plateau abrite vingt-sept communes, un bourg qui fut une place forte…"
url: "https://allovoyages.fr/destinations/villages-du-trieves-mens-lalley-giono/"
author: "Rédaction Allovoyages"
date: "2026-09-07T15:58:01+00:00"
lang: "fr_FR"
categories: ["Destinations"]
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# Mens, Lalley, Clelles : les villages du Trièves et le pays de Giono

Le Trièves se résume trop souvent à sa montagne. C'est compréhensible, et c'est réducteur. Le plateau abrite vingt-sept communes, un bourg qui fut une place forte protestante, un musée de territoire qui vaut le détour, un centre écologique fréquenté bien au-delà de l'Isère, et deux villages où l'un des plus grands écrivains français du XXᵉ siècle est venu écrire pendant des étés entiers.

Autrement dit, il y a de quoi occuper les jours de pluie, et même les autres.

## Mens, capitale d'un pays huguenot

Mille quatre cent trente et un habitants au dernier recensement disponible, une place à arcades, des ruelles, des portes anciennes et une position de bourg-centre que Mens occupe depuis longtemps. On la présente comme la capitale historique du Trièves, et le titre n'est pas usurpé.

L'histoire qui compte ici est religieuse. Au milieu du XVIᵉ siècle, Mens adopte la Réforme calviniste. À partir de 1572, sous la protection de François de Bonne, futur duc de Lesdiguières et chef des armées protestantes du Dauphiné, la commune devient un bastion militaire huguenot. Ce statut lui vaut des décennies de relative tranquillité religieuse dans une région où les guerres de Religion n'ont pas fait dans la nuance.

Le **temple protestant** occupe, depuis 1825, une ancienne maison forte de Lesdiguières, place de la Halle. La configuration en dit long : on n'a pas construit un lieu de culte neuf, on a transformé un bâtiment de pouvoir.

Cette empreinte protestante explique une partie du caractère du Trièves, ce mélange de sobriété architecturale, de tradition d'instruction et d'ouverture aux idées nouvelles qui, quatre siècles plus tard, a probablement facilité l'installation des néo-ruraux et des projets écologiques. Les historiens locaux font volontiers ce lien. Il vaut ce qu'il vaut, mais il éclaire.

## Le musée du Trièves, sur la même place

Petit musée de territoire, installé place de la Halle, il retrace l'histoire du pays de la préhistoire à nos jours : géologie, vie rurale, protestantisme, Résistance.

C'est le bon endroit pour comprendre ce qu'on a sous les yeux depuis trois jours. Pourquoi les marnes noires, pourquoi les fermes ont cette forme, pourquoi la Résistance a trouvé ici un terrain favorable et ce que ça a coûté. Un musée de ce type ne se juge pas à sa surface mais à la qualité de sa médiation, et celui-ci est régulièrement cité comme l'un des incontournables du territoire par l'office de tourisme.

Les horaires suivent la saison. De mai à septembre, ouverture du mardi au dimanche de 15 h à 18 h ; en avril, en octobre et en novembre, les week-ends seulement, de 14 h à 17 h ; pendant les vacances de Pâques et de la Toussaint de la zone A, du mardi au dimanche de 14 h à 17 h. Fermé les jours fériés, et fermé de décembre à mars.

### Un chemin d'exil qui passe par ici

La révocation de l'édit de Nantes, en 1685, jette sur les routes des dizaines de milliers de protestants français. Ceux du Dauphiné partent vers la Suisse et l'Allemagne, à pied, souvent en hiver, avec ce qu'ils peuvent porter.

Cet itinéraire est aujourd'hui balisé et reconnu comme itinéraire culturel européen sous le nom de **Sur les pas des Huguenots**. Il traverse le Trièves. On peut en faire une étape d'une journée sans rien connaître de son histoire, et l'on marchera dans un joli paysage. On peut aussi lire deux pages sur le sujet avant de partir, et la même journée devient tout autre chose.

C'est, dans ce territoire, le fil qui relie le temple de Mens, les fermes isolées et une certaine manière d'accueillir ceux qui arrivent.

### Et la Résistance, qui n'est pas un décor

L'autre chapitre que le musée du Trièves traite frontalement est celui des années 1940. Le Trièves a servi de base arrière et de refuge au maquis du Vercors, et [le combat du Pas de l'Aiguille](/destinations/randonnee-mont-aiguille-pas-de-laiguille/), en juillet 1944, s'est déroulé au-dessus de [Chichilianne](/destinations/chichilianne-village-mont-aiguille/), où une nécropole nationale rappelle les morts de ces trois jours.

Il faut aller au musée avant ou après la randonnée, pas à la place. Les deux se répondent.

## Terre vivante, à quelques minutes de Mens

Le centre écologique Terre vivante occupe un domaine d'une cinquantaine d'hectares, dont environ six aménagés, sur la route de Raud. Jardins potagers, jardins d'ornement, vergers, vigne, mares et bassins, ruches, sentier forestier, expositions extérieures, terrasse panoramique.

La maison d'édition du même nom, spécialisée dans le jardinage biologique et l'habitat écologique, y a installé son centre de démonstration. On visite librement, on discute avec les jardiniers, on repart avec des idées applicables sur un balcon comme sur un hectare. Des stages et ateliers complètent la saison.

Le site n'ouvre qu'en été : du 1ᵉʳ juillet au 31 août en 2026, les dates de la saison suivante n'étant pas encore fixées. C'est la mauvaise surprise classique d'un week-end de mai ou d'octobre, et il vaut mieux le savoir avant de faire le déplacement.

## Lalley et Tréminis, ou le Trièves de Giono

Jean Giono découvre le Trièves en 1931. Il ne fait pas que le traverser : il y revient tous les étés, y loue une maison, y écrit.

À **Tréminis**, village posé au pied du Dévoluy dans une combe boisée, il écrit sa première pièce, *Le bout de la route*, et situe *Batailles dans la montagne*, publié en 1937.

À **Lalley**, il loue une maison au maire de la commune, se lie d'amitié avec la peintre **Édith Berger**, qui vit là, et écrit *Les vraies richesses*. Surtout, c'est à Lalley qu'il plante le décor d'*Un roi sans divertissement*, roman de 1947 dont l'action se déroule entre 1843 et 1848 dans ce paysage précis, et celui des *Âmes fortes*.

Sa description est restée : la « haute plaine du Trièves avec ses quatre énormes montagnes où le ciel repose ». Quiconque a vu le plateau en novembre, quand les hêtraies rougissent et que le brouillard s'installe dans les combes, sait que ce n'est pas une figure de style.

L'**Espace Giono**, à Lalley, occupe le lieu même où l'écrivain séjournait, et c'est là que sont exposées les œuvres d'Édith Berger. Il ouvre du 1ᵉʳ juillet au 31 août, les mercredi, jeudi, vendredi et samedi de 15 h à 18 h ; les groupes sont reçus aux heures d'ouverture ou sur rendez-vous, au 04 76 34 78 23 ou auprès de la mairie au 04 76 34 70 39. Un **sentier Giono-Berger** de 4,5 kilomètres, jalonné de huit panneaux, associe les textes de l'écrivain aux œuvres de la peintre et traverse les paysages qui les ont nourris tous les deux. C'est une promenade facile, et le seul moment du séjour où l'on marche avec un livre dans la tête plutôt qu'une carte.

Notre conseil, et il change beaucoup de choses : lisez trente pages d'*Un roi sans divertissement* avant de venir. Le hêtre isolé au milieu du champ ne sera plus jamais un hêtre isolé au milieu d'un champ.

![Le bâtiment de la Maison de Pays du Trièves à Clelles, face au Mont Aiguille](https://allovoyages.fr/wp-content/uploads/2026/09/maison-de-pays-du-trieves-clelles.webp)La Maison de Pays du Trièves, à Clelles, au bord de la D1075 et face au Mont Aiguille. © Office de tourisme du Trièves## Clelles, le village-gare

Clelles a deux atouts que ses voisins lui envient : la vue sur [le Mont Aiguille](/destinations/mont-aiguille-1492-naissance-alpinisme/), franche, dégagée, l'une des meilleures du plateau, et une gare.

La gare de Clelles-Mens, sur la ligne Grenoble - Veynes - Gap, fait du village un point d'entrée du territoire pour les voyageurs sans voiture. Plusieurs itinéraires de randonnée en partent, dont la version en deux jours du Tour du Mont Aiguille. Un parking à vélos en accès libre y est installé.

Le village lui-même est un bourg de montagne classique, avec ses commerces, ses cafés, un marché le dimanche matin, et une position idéale entre le Mont Aiguille et le reste du plateau.

Depuis avril 2026, Clelles abrite aussi la **Maison de Pays du Trièves**, dans la zone de la Croizette, au bord de la D1075 et face au Mont Aiguille. Le lieu réunit l'office de tourisme, un espace de découverte du territoire et la Trièvoise, une boutique de producteurs. Pour qui arrive sans rien connaître, c'est le point de départ évident : on y prend les fiches, on y remplit le coffre, et on repart avec un programme.

## Monestier-de-Clermont, la porte nord

C'est ici que l'on entre dans le Trièves quand on vient de Grenoble, et c'est ici que siège la communauté de communes. Monestier-de-Clermont concentre les services : commerces, professionnels de santé, un marché le dimanche matin, une gare sur la ligne Grenoble - Veynes - Gap, et le bureau des guides du Mont Aiguille, installé grand-rue.

Le village n'a pas la photogénie de Mens, mais il rend service, et c'est une base logistique commode pour un premier séjour.

## Les autres arrêts qui valent le détour

**L'atelier Gilioli**, à Saint-Martin-de-la-Cluze, garde la trace du sculpteur Émile Gilioli, l'une des figures de l'abstraction française d'après-guerre, qui avait ses attaches dans le secteur. Un lieu à part, à visiter en complément du musée du Trièves. Il ouvre le samedi de 10 h à 12 h, en accès gratuit ; les groupes sont reçus tous les jours sur réservation, pour 2 € par adulte.

**L'Obiou et le Dévoluy**, à l'est, ferment l'horizon. L'Obiou culmine à 2 789 mètres et se voit de tout le plateau : c'est la silhouette sombre qui répond au Mont Aiguille de l'autre côté du Trièves.

**Le lac de Monteynard-Avignonet**, au nord, avec ses passerelles himalayennes de 220 et 180 mètres au-dessus du Drac et de l'Ébron, ses eaux turquoise et son vent constant qui en fait un spot de voile. Nous lui consacrons un article séparé.

**Les marchés**, enfin. Celui de Mens, le samedi matin de 7 h 30 à 12 h 30, est le rendez-vous hebdomadaire du plateau, et le meilleur moyen de comprendre qui vit ici : maraîchers, fromagers, boulangers au levain, apiculteurs, et une proportion de producteurs en bio qui n'a rien d'anecdotique dans ce territoire.

## Le Trièves des producteurs et des artisans

C'est un aspect du territoire que les guides traitent mal, alors qu'il constitue une bonne partie de son identité contemporaine.

Le plateau compte une densité inhabituelle de fermes en agriculture biologique, de transformateurs à la ferme et d'artisans installés là par choix. Fromages, pains au levain, plantes aromatiques, petits fruits, miels, bières, maraîchage : la vente directe est ici une pratique courante, pas une animation de saison.

Cette économie explique aussi la vitalité démographique du secteur. Le Trièves attire depuis les années 1970 des installations choisies, mouvement que la tradition protestante d'ouverture et la proximité de Grenoble ont sans doute facilité. Une partie des hébergements touristiques du plateau sont d'ailleurs adossés à ces exploitations.

Concrètement, pour un visiteur : demandez la liste des points de vente directe à l'office de tourisme, prévoyez de la place dans le coffre, et acceptez l'idée que le meilleur repas du séjour se prendra probablement autour d'une table de ferme plutôt qu'au restaurant.

## Se loger dans les villages

Les villages du Trièves offrent une gamme différente de celle de Chichilianne, plus tournée vers le séjour que vers la randonnée.

Mens et Clelles disposent de commerces et de services, ce qui simplifie beaucoup un séjour en famille ou hors saison. Monestier-de-Clermont joue le rôle de base logistique à l'entrée nord. Les hameaux et les fermes du plateau proposent des gîtes et des chambres, souvent en petit nombre et souvent complets en été.

Deux conseils. Le premier : réservez tôt pour juillet, août et le mois de septembre. Le second : téléphonez plutôt que de chercher en ligne, car une partie de l'offre du plateau n'apparaît sur aucune plateforme de réservation.

## Une journée qui enchaîne bien

Pour qui dispose d'une seule journée hors sentier, cet ordre fonctionne.

Le matin à **Mens** : la place de la Halle, le temple, les ruelles, puis le musée du Trièves quand il ouvre. Un samedi, jour de marché, on décale tout et on reste plus longtemps.

Le déjeuner sur place ou en pique-nique constitué au marché, puis l'après-midi au **centre écologique Terre vivante**, à quelques minutes, en gardant à l'esprit que le site n'ouvre qu'en juillet et en août.

Fin de journée à **Lalley**, pour l'Espace Giono et une partie du sentier Giono-Berger. Quatre kilomètres et demi, huit panneaux, aucune difficulté, et la lumière du soir sur le Dévoluy en prime.

Si l'on préfère les villages aux musées, on remplace l'après-midi par une boucle **Clelles - Tréminis - Lalley** en voiture, avec des arrêts au gré des points de vue sur le Mont Aiguille et l'Obiou.

## Un plateau qui n'est pas un musée

Il faut redire une chose que les guides oublient : le Trièves est un territoire agricole vivant, avec des exploitations en activité, des troupeaux, et une population qui a choisi d'y rester ou d'y venir. Les villages ne sont pas des décors restaurés pour la saison. Il n'y a pas de rue piétonne à boutiques, pas de train touristique, pas de son et lumière.

Cela donne des séjours d'un genre particulier. On y trouve peu d'attractions et beaucoup de conversations. Le boulanger, l'exploitant du gîte, la personne à l'accueil du musée en disent souvent plus sur le pays que trois panneaux d'interprétation.

Pour organiser un circuit entre les villages, l'[office de tourisme du Trièves](https://www.trieves-vercors.fr/) publie l'agenda des animations, les jours de marché et les horaires des sites de visite, qui varient fortement selon la saison.

*Photographies : © Office de tourisme du Trièves ; © Pierre Jayet. Merci à l'[office de tourisme du Trièves](https://www.trieves-vercors.fr/) pour la mise à disposition des images.*

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*Source : [allovoyages.fr](https://allovoyages.fr/destinations/villages-du-trieves-mens-lalley-giono/)*
