---
title: "Visiter Saintes : deux mille ans en trois kilomètres à pied"
description: "Peu de villes françaises de vingt-cinq mille habitants concentrent, dans un rayon de marche, un amphithéâtre romain du milieu du Ier siècle, un arc dédicatoire de…"
url: "https://allovoyages.fr/destinations/visiter-saintes/"
author: "Rédaction Allovoyages"
date: "2026-09-07T11:33:56+00:00"
lang: "fr_FR"
categories: ["Destinations"]
---

# Visiter Saintes : deux mille ans en trois kilomètres à pied

Peu de villes françaises de vingt-cinq mille habitants concentrent, dans un rayon de marche, un amphithéâtre romain du milieu du Ier siècle, un arc dédicatoire de l'an 18, une abbaye fondée en 1047 et une crypte romane inscrite au patrimoine mondial. Saintes le fait, et sans en faire beaucoup de bruit.

C'est ce qui rend la ville étrange à la première visite. On y arrive souvent par hasard, en descendant vers Royan ou en remontant de Bordeaux, et on découvre que ce chef-lieu tranquille posé sur la Charente était **Mediolanum Santonum**, capitale de la province romaine d'Aquitaine, à une époque où Lutèce était une bourgade.

Voici comment la visiter sans rien manquer, à pied, en une journée.

## Ce que Saintes a été

Il faut deux minutes de contexte pour que la suite prenne son sens.

Au moment de la conquête romaine, les Santons occupent le territoire. Rome fonde *Mediolanum Santonum* sur la Charente et en fait, sous Auguste, la **capitale de la province d'Aquitaine** — avant que Bordeaux ne prenne ce rôle. La ville est alors le point d'aboutissement de la **voie d'Agrippa**, la grande route qui reliait Lyon à l'Atlantique. C'est cette route qui explique tout le reste : le pont sur la Charente, l'arc qui en marquait l'entrée, l'amphithéâtre, les thermes.

Puis l'histoire s'est déplacée ailleurs. Saintes est aujourd'hui une sous-préfecture de vingt-cinq mille habitants, et c'est précisément ce décalage entre l'ampleur des vestiges et la tranquillité de la ville actuelle qui rend la visite frappante.

## L'amphithéâtre gallo-romain : une génération avant le Colisée

C'est le monument à voir en premier, parce qu'il est le plus impressionnant et le moins attendu.

Il a été construit **vers 40-50 après Jésus-Christ**, en périphérie de la ville antique, dans un vallon dont il épouse la pente — ce qui a permis de limiter les maçonneries en appuyant une partie des gradins sur le terrain naturel. Il pouvait accueillir **plus de quinze mille spectateurs**, c'est-à-dire l'équivalent de la population de la cité entière.

Retenez la date, parce qu'elle change le regard : le Colisée de Rome est inauguré en 80. L'amphithéâtre de Saintes lui est donc **antérieur d'une génération**, ce qui en fait l'un des plus anciens de Gaule et l'un des plus anciens du monde romain conservés.

Il faut y arriver par le haut du vallon pour saisir l'échelle. L'ellipse est encore parfaitement lisible, les vomitoires et les gradins inférieurs subsistent, et l'herbe qui a remplacé l'arène donne au lieu une douceur trompeuse.

## L'arc de Germanicus : une porte sans son pont

Sur la rive droite de la Charente se dresse un arc à deux baies, très bien conservé, qui pose une énigme au visiteur : il ne mène nulle part.

L'explication est simple. Cet arc marquait, **en 18-19 après Jésus-Christ**, l'entrée du **pont romain** sur la Charente — le point où la grande voie d'Agrippa, venue de Lyon, entrait dans la cité. Il a été élevé aux frais d'un notable local, **Caius Julius Rufus**, et dédié à l'empereur Tibère, à son fils adoptif Germanicus et à son fils Drusus.

Le pont médiéval, en ruine, a été démoli au XIXe siècle — et l'arc a bien failli partir avec lui. Vers 1840, il est menacé de démolition. Deux hommes le sauvent : **Prosper Mérimée**, alors inspecteur général des Monuments historiques, et **Victor Hugo**, qui passe à Saintes en septembre 1843 et s'en mêle. L'arc est alors **déplacé de vingt-huit mètres**, sur la rive, pour permettre les travaux de quai, puis restauré en 1851 sous la conduite de l'architecte parisien Jean-Jacques Clerget et de son homologue local Victor Fontorbe.

C'est pourquoi il paraît aujourd'hui isolé sur son terre-plein au bord de l'eau. Il n'est pas à sa place, et il n'y est plus depuis cent quatre-vingts ans : c'est le prix de sa survie.

**C'est gratuit, en plein air, visible à toute heure.** C'est aussi, avec la lumière de fin d'après-midi et le fleuve derrière, la meilleure photographie de Saintes.

## L'Abbaye aux Dames : sept siècles de femmes

Fondée en **1047**, l'Abbaye aux Dames est la **première abbaye de femmes de Saintonge**. Elle a fonctionné comme monastère bénédictin pendant plus de sept cents ans, sous la direction d'abbesses souvent issues de la haute noblesse, et y recevait les filles de bonne famille en éducation.

Son église abbatiale est un exemple majeur de l'art roman saintongeais : façade sculptée, clocher à étages, portail dont les voussures sont couvertes de figures. Ici encore, il faut avoir en tête ce qui rendait cette prolifération sculptée possible — un calcaire régional assez fin pour être travaillé au ciseau, celui-là même qui sortait des [carrières de Crazannes](/destinations/carrieres-de-crazannes/), à treize kilomètres.

L'abbaye est aujourd'hui un lieu vivant : elle abrite un centre culturel et musical, et accueille chaque été un festival de musique de réputation internationale.

## La basilique Saint-Eutrope et sa crypte

Saint-Eutrope est inscrite au **patrimoine mondial de l'UNESCO** au titre des chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle en France. Saintes était en effet une étape de la *via Turonensis*, la voie de Tours.

L'édifice a une particularité rare : il est constitué de **deux églises superposées**. La crypte, en dessous, est **l'une des plus vastes d'Europe**. On y descend et l'on se trouve dans un véritable espace d'église basse, avec ses propres piliers, ses chapiteaux romans et son ampleur — pas dans un caveau.

C'est le monument le plus sous-estimé de Saintes. Beaucoup de visiteurs pressés le manquent parce qu'il est excentré par rapport au centre ancien.

## La cathédrale Saint-Pierre et le centre ancien

La cathédrale domine la rive gauche avec un clocher massif resté inachevé, coiffé d'un dôme provisoire devenu définitif. Elle a été durement éprouvée par les guerres de Religion au XVIe siècle, ce qui explique son allure composite.

Autour d'elle s'organise le centre ancien : rues piétonnes, hôtels particuliers, marché. C'est là que l'on déjeune.

## L'itinéraire : suivez la ligne verte

Saintes a eu une bonne idée, et elle mérite d'être signalée parce qu'elle épargne au visiteur toute lecture de plan.

**Une ligne verte est tracée au sol**, depuis l'office de tourisme, et relie les cinq sites majeurs de la ville : l'Abbaye aux Dames, l'arc de Germanicus, la cathédrale Saint-Pierre et le centre ancien, l'église Saint-Eutrope et l'amphithéâtre gallo-romain.

On la suit, on ne se perd pas, on traverse la Charente deux fois. Comptez trois à quatre heures avec les visites, une demi-journée en flânant. C'est le meilleur moyen de visiter Saintes si vous n'y passez qu'un jour.

Un mot sur la géographie de la ville, parce qu'elle déroute au premier abord. **Saintes est coupée en deux par la Charente**, et les monuments sont répartis sur les deux rives : l'Abbaye aux Dames et l'arc de Germanicus au nord-est, la cathédrale, Saint-Eutrope et l'amphithéâtre au sud-ouest. On passe donc d'une rive à l'autre au moins une fois, et le pont est le meilleur point de vue de la ville sur elle-même. Les quais, aménagés en promenade, sont l'endroit où les Saintais se retrouvent le soir.

## Où l'on mange, où l'on se gare, comment on vient

**Se garer.** Le centre ancien est piéton pour l'essentiel. Le plus simple est de se garer sur les quais ou aux abords de l'amphithéâtre, puis de tout faire à pied.

**Venir en train.** Saintes est un nœud ferroviaire ancien, desservi depuis Bordeaux, Nantes, La Rochelle, Royan et Angoulême. La gare est à quinze minutes à pied du centre. C'est l'une des rares villes de l'intérieur charentais où l'on peut arriver sans voiture — mais il en faut une pour l'arrière-pays, et nous y revenons plus bas.

**Manger.** Le marché et les rues piétonnes autour de la cathédrale concentrent l'offre. Le pineau des Charentes et le cognac sont à quelques kilomètres, les huîtres de Marennes-Oléron à quarante minutes : la carte des restaurants du centre s'en ressent.

**Quand venir.** Le printemps et le début de l'automne sont les meilleures périodes : la ville est agréable, l'arrière-pays est encore ouvert, et l'on ne subit ni les températures ni la fréquentation de l'été. En juillet, l'Abbaye aux Dames accueille son festival de musique, ce qui change complètement l'ambiance de la ville — à prévoir pour l'hébergement.

## Ce qu'il y a autour, en moins de vingt minutes

C'est là que Saintes prend toute sa valeur : elle sert de base à un arrière-pays très dense que la plupart des visiteurs ignorent parce qu'ils filent vers la côte.

**[Les carrières de Crazannes](/destinations/carrieres-de-crazannes/)**, à treize kilomètres. Treize hectares d'anciennes carrières de calcaire, exploitées pendant deux mille ans et abandonnées en 1948, aujourd'hui envahies par le lierre et les fougères. Le parcours des carriers fait six cent cinquante mètres et deux cent quatre-vingts marches. On accède au site directement depuis l'aire de l'A837. Sept euros, ouvert de mars à début novembre.

**[Les Lapidiales](/destinations/les-lapidiales-port-denvaux/)**, à Port-d'Envaux, à onze kilomètres. Une autre carrière abandonnée où des sculpteurs du monde entier taillent les fronts de taille depuis 2001. Gratuit, ouvert en permanence, sans guichet. Le site le plus singulier du secteur.

**[Le château de Crazannes](/destinations/chateau-de-crazannes/)**, classé monument historique en 1913, édifié au XIVe siècle sur des fondations du XIe, connu localement comme le château du Chat botté — une tradition qui rapproche le comte de Caravaz, propriétaire au XVIIe siècle, du marquis de Carabas de Perrault.

**Le château de la Roche Courbon**, à Saint-Porchaire. Pierre Loti l'avait connu abandonné, l'appelait « le château de la Belle au bois dormant » et lança le 21 octobre 1908 un appel dans la presse pour le sauver. Il fut entendu : le domaine fut racheté en 1920 par Paul Chénereau, qui fit dessiner des jardins à la française entre 1928 et 1939. Ces jardins s'enfonçaient dans le marais de huit centimètres par an ; il a fallu, de 1976 à 2000, enfoncer environ deux mille cinq cents pilotis de bois à huit à treize mètres de profondeur pour les stabiliser. Les grottes du domaine ont livré des traces d'occupation moustérienne, aurignacienne et magdalénienne.

**Taillebourg**, à seize kilomètres. Le pont sur la Charente où Louis IX força le passage les 22 et 24 juillet 1242 contre Henri III d'Angleterre et Hugues X de Lusignan. L'armée française entra dans Saintes le 29 juillet. Delacroix a peint la scène en 1837 pour la galerie des Batailles de Versailles.

**Saint-Savinien**, Petite Cité de Caractère sur la Charente, port attesté depuis 1274, dont les falaises du Chail ont été creusées pour la pierre.

**Cognac**, à une trentaine de kilomètres, pour les maisons de négoce ; **Rochefort** et sa Corderie royale à quarante ; **Royan** et l'océan à quarante également.

## Combien de temps y consacrer ?

**Une journée** suffit pour la ville elle-même, en suivant la ligne verte.

**Deux à trois jours** permettent d'y ajouter le pays de la pierre — Crazannes, Port-d'Envaux, Saint-Savinien —, la Roche Courbon et une descente de la Charente en canoë.

C'est probablement la meilleure façon d'aborder ce département : loger à Saintes, qui est centrale et bien desservie, et rayonner. Les plages sont à quarante minutes, mais l'intérieur des terres est nettement moins fréquenté, et c'est là que se trouvent [les endroits les plus étonnants de Charente-Maritime](/destinations/plus-beaux-endroits-charente-maritime/).

---

*Source : [allovoyages.fr](https://allovoyages.fr/destinations/visiter-saintes/)*
