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title: "Qu’est-ce qu’une bastide ? Les bastides du Périgord et du pays de Biron, de Lalinde à Monflanquin"
description: "Le mot est partout dans le Sud-Ouest, sur les panneaux, les brochures, les noms de rues. Il désigne pourtant une chose précise, datée, et beaucoup plus…"
url: "https://allovoyages.fr/destinations/bastides-du-perigord/"
author: "Rédaction Allovoyages"
date: "2026-09-30T16:35:24+00:00"
lang: "fr_FR"
categories: ["Destinations"]
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# Qu’est-ce qu’une bastide ? Les bastides du Périgord et du pays de Biron, de Lalinde à Monflanquin

Le mot est partout dans le Sud-Ouest, sur les panneaux, les brochures, les noms de rues. Il désigne pourtant une chose précise, datée, et beaucoup plus intéressante que l'idée vague de « village médiéval fortifié » qu'on s'en fait. Une bastide n'est pas une forteresse. C'est une ville neuve, décidée par un contrat, tracée à la règle, et peuplée par une publicité.

Le pays de Biron en compte une dizaine à moins d'une heure de route. Il est, avec le Gers et le Tarn, l'un des trois endroits de France où l'on peut comprendre ce que fut cette fièvre de fondations urbaines du XIIIe siècle. Et Monpazier, [à six kilomètres du château de Biron](https://allovoyages.fr/destinations/biron-dordogne/), en est l'exemple le plus pur qui existe.

## Une bastide, c'est quoi exactement

Le mot vient de l'occitan *bastida*, qui veut simplement dire « construction ». Entre les années 1220 et les années 1370, **plus de trois cents villes nouvelles** sont fondées dans le Sud-Ouest, du Périgord aux Pyrénées, par les grands pouvoirs du moment : le comte de Toulouse, puis le roi de France par l'intermédiaire de son frère **Alphonse de Poitiers**, et le roi d'Angleterre, duc d'Aquitaine, sous **Henri III puis Édouard Ier**.

Le mécanisme est presque toujours le même, et il s'appelle le **paréage**. Un seigneur local, un abbé ou un prieur possède la terre. Le prince possède l'autorité et l'argent. Ils signent un acte : le premier apporte le sol, le second fonde la ville, lui accorde une **charte de coutumes** qui fixe les libertés des habitants, et les deux se partagent les revenus. Puis on fait savoir dans les campagnes qu'une parcelle et des franchises attendent qui viendra s'installer. Les paysans viennent, parce qu'une bastide, c'est l'exemption de certaines taxes, un marché garanti et la protection d'un roi.

Le résultat est reconnaissable partout : **un plan en damier**, des rues qui se coupent à angle droit, **une place centrale bordée d'arcades** (les cornières ou couverts), une **halle** sur la place, et l'église rejetée d'un îlot, parce que le centre appartient au commerce. Les fortifications viennent souvent plus tard, quand la guerre de Cent Ans rend le pays dangereux. À l'origine, une bastide est ouverte.

Ce qui distingue une bastide d'un village médiéval ordinaire, c'est donc **la volonté**. Rien n'a poussé. Tout a été décidé, un jour daté, par des gens qui savaient ce qu'ils faisaient. Et c'est ce qui rend Monpazier si troublant : on marche dans le projet d'un administrateur de 1284, et il fonctionne encore.

## Le vocabulaire, en passant

Quelques mots reviennent sur tous les panneaux, et personne ne les explique. Les **cornières** (on dit aussi **couverts** en Gascogne) sont les arcades qui bordent la place et forment une galerie continue : on y tenait boutique à l'abri. Les **carreyrous** sont les rues rectilignes de la grille, du gascon *carrèra*. Les **andrones** sont les intervalles étroits laissés entre deux maisons, de vingt à trente centimètres, pour l'écoulement des eaux et pour couper le feu. La **halle** est le bâtiment de la place où se tenait le marché, avec ses **mesures à grain** taillées dans la pierre pour jauger les sacs. Et le **bayle** était le représentant du seigneur ou du roi dans la ville : sa maison est souvent la plus belle, comme à Molières.

Avec ces cinq mots, on lit une bastide comme un plan.

## Pourquoi tant de bastides ici

La frontière. Au XIIIe siècle, le Périgord et l'Agenais sont la zone de contact entre le duché d'Aquitaine, tenu par le roi d'Angleterre, et le domaine du roi de France. Chaque camp fonde des bastides pour fixer sa population, tenir son territoire et prélever l'impôt. Alphonse de Poitiers fonde côté français : Villefranche-du-Périgord, Castillonnès, Monflanquin, Villeréal, Eymet. Les Anglais fondent en face : Lalinde, Beaumont, Molières, Monpazier. Le résultat est une densité de villes neuves sans équivalent, parfois à moins de dix kilomètres l'une de l'autre.

## Les bastides du Pays de Bergerac

**Lalinde (1267)**. La première bastide anglaise du Périgord, fondée au bord de la Dordogne pour le roi Henri III. Lalinde a vécu du fleuve, des gabarres et, à partir du XIXe siècle, de son **canal de 15 kilomètres** creusé entre 1838 et 1843 pour contourner les rapides. Aujourd'hui 2 931 habitants, un marché le jeudi, une voie verte le long du canal, et le siège de la communauté de communes des Bastides Dordogne-Périgord. La plus urbaine du lot.

**Beaumont-du-Périgord (1272)**. Fondée par **Lucas de Thaney, sénéchal de Guyenne pour Édouard Ier**, sur des terres cédées par le prieur de Saint-Avit-Sénieur, l'[abbé de Cadouin](https://allovoyages.fr/destinations/abbaye-de-cadouin/) et le seigneur de Biron. Son plan est singulier : une tradition y lit un **H**, en mémoire d'Henri III, le père du roi, sans que l'hypothèse soit démontrée, avec deux rues qui partent de la place centrale pour former les jambages. L'**église Saint-Laurent-et-Saint-Front** est une église-forteresse à quatre tours d'angle, dont une de trente mètres à mâchicoulis, commencée en 1272 et achevée au début du XIVe siècle. Des seize portes d'origine, il reste la **porte de Luzier** et sa tour. Beaumont a fêté ses 750 ans en 2022.

**Molières (1284)**. La plus petite bastide du Périgord, et la plus inachevée. Fondée par Jean de Grailly, le même sénéchal que Monpazier, et dotée d'une charte d'Édouard Ier le 27 novembre 1285. Le château, des XIIIe et XIVe siècles, n'a jamais été terminé et se dresse en ruines au bord du village. L'église Notre-Dame-de-la-Nativité, du XIVe, et la **maison du Bayle**, la demeure du représentant du roi, avec ses baies jumelées, sont classées. 370 habitants, une pierre couleur de miel, un festival de théâtre en septembre et une fête de la noix en novembre. Encore relativement méconnue : allez-y.

C'est aussi la bastide que cite Agathe, chargée de promotion et conseillère en séjour à l'office de tourisme du Pays de Bergerac, Vignoble & Bastides, quand on lui demande le village le plus sous-estimé du circuit : Molières, « qui reste plus discrète que certaines bastides voisines mais qui mérite vraiment que l'on s'y arrête. Son caractère de bastide inachevée, les ruines de son château, son église et ses petites rues en font une étape particulièrement intéressante à découvrir. »

![Porche en arc brisé dans une rue de la bastide de Molières](https://allovoyages.fr/wp-content/uploads/2026/09/molieres-porche-bastide.webp)Un porche de Molières, la plus petite bastide du Périgord. Photo : Renhour48, CC0, via Wikimedia Commons.**Monpazier (1284)**. La bastide modèle, fondée le 7 janvier 1284 par paréage entre Jean de Grailly et Pierre de Gontaut, seigneur de Biron. Plan intact, place des Cornières intacte, trente-deux monuments protégés, Plus Beau Village de France. [Nous lui consacrons un article entier](https://allovoyages.fr/destinations/monpazier-bastide/). Si vous ne devez voir qu'une bastide dans votre vie, c'est celle-là.

**Eymet (1270)**. Bastide française d'Alphonse de Poitiers, au bord du Dropt, à 22 kilomètres au sud de Bergerac. Place Gambetta à arcades, château du XIIIe siècle transformé en musée, temple protestant reconstruit au XIXe. Eymet est aussi connue pour autre chose : **environ 20 % de ses 2 569 habitants sont britanniques**, ce qui donne au marché du jeudi un accent particulier. Les Anglais sont revenus dans une bastide française, sept siècles après. L'histoire a de l'humour.

Le Pays de Bergerac compte encore deux bastides plus discrètes : **Villefranche-de-Lonchat**, à l'ouest, bâtie sur un axe unique, et **Monestier**, fondée vers 1284 par des officiers du roi d'Angleterre.

## Les bastides du pays de Biron, côté Lot-et-Garonne

La frontière départementale n'existait pas en 1280. Trois bastides à moins de vingt minutes de Biron sont en Lot-et-Garonne, et elles font partie du même paysage.

**Villeréal (1267)**. Le **30 novembre 1267, Gaston III de Gontaut**, un ancêtre des seigneurs de Biron, cède un terrain dans la forêt de Montlabour à Alphonse de Poitiers pour y fonder une ville. Plan en quadrilatère, huit rues perpendiculaires, fossés de sept mètres de large. Ce qu'on vient voir : la **halle à étage du XVIe siècle**, portée par des piliers de bois, l'une des plus belles du Sud-Ouest, et l'**église Notre-Dame fortifiée**, avec ses deux tours. Villeréal est Plus Beau Village de France depuis le 30 juin 2018, compte 1 261 habitants, et tient un marché le samedi matin qui rivalise avec celui de Monpazier. Le peintre Roger Bissière y est né en 1886.

![Halle à étage de Villeréal portée par des piliers de bois sur la place de la bastide](https://allovoyages.fr/wp-content/uploads/2026/09/villereal-halle-a-etage.webp)La halle à étage de Villeréal, sur ses piliers de bois. Photo : MOSSOT, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons.**Castillonnès (1259)**. Le paréage est signé le 10 septembre 1259 : **Élie, abbé de Cadouin, cède les deux tiers des terres**, les frères de Mons le reste, et le sénéchal Guillaume de Bagnols fonde la ville pour Alphonse de Poitiers. On y voit la place centrale et ses couverts, une halle à galerie de 1758, et dans l'église Saint-Pierre un retable du XVIIe siècle venu de la cathédrale d'Agen. 1 346 habitants, sur la route de Bergerac à Agen.

**Monflanquin (1256)**. La plus haute, perchée sur sa colline au-dessus de la Lède, à la rencontre du Périgord, du Quercy et de la Guyenne. Fondée par Alphonse de Poitiers en 1256, charte confirmée en 1269. Place des Arcades, **maison du Prince Noir** du XIVe siècle, église Saint-André du XIIIe. Plus Beau Village de France, 2 342 habitants, et des **Médiévales** chaque mi-août. De la place, la vue porte jusqu'aux collines de Biron.

## Deux bastides plus loin, pour compléter

**Villefranche-du-Périgord (1261)**. À vingt minutes à l'est de Monpazier, à la limite du Lot. La charte est rédigée le **3 février 1261** pour Alphonse de Poitiers. Remparts dans les années 1290, détruits au XVIIIe. La **halle, reconstruite en 1818**, a gardé ses colonnes toscanes et ses mesures à grain ; les maisons à arcades vont du XIIIe au XVIe siècle. Mais Villefranche vit surtout de la châtaigne et du cèpe : un marché aux cèpes en saison, une Maison de la châtaigne, et **la Fête de la châtaigne et du cèpe les 17 et 18 octobre 2026**, trente-quatrième édition, avec concours de la plus grosse châtaigne, omelette géante aux cèpes et concours de cracher de pépins. 674 habitants.

**Domme (1281)**. Plus loin vers Sarlat, la bastide royale française de Philippe le Hardi est l'exception : perchée sur une falaise au-dessus de la Dordogne, elle n'a pas pu respecter le damier. Plus Beau Village de France, et des cars. Nous la citons pour être complets. Elle n'a plus grand-chose à voir avec la tranquillité du pays de Biron.

## Un circuit des bastides en deux jours

**Jour 1, les bastides anglaises.** Lalinde au matin pour le canal et le marché du jeudi si le calendrier le permet, Beaumont-du-Périgord et son église-forteresse, Molières et son château inachevé, puis Monpazier en fin d'après-midi, quand les cars sont partis. Nuit à Monpazier ou à Biron.

**Jour 2, le château et les bastides françaises.** [Le château de Biron à l'ouverture](https://allovoyages.fr/destinations/chateau-de-biron/), Villeréal pour la halle et le déjeuner, Castillonnès ou Monflanquin selon l'humeur, et retour par Villefranche-du-Périgord si vous êtes en octobre.

Cent cinquante kilomètres en tout, sur des routes départementales où l'on ne dépasse pas 70 km/h. C'est la bonne vitesse pour ce pays.

L'été, l'office de tourisme propose plusieurs animations pour voir les bastides autrement : visites aux flambeaux à Monpazier, jeu de piste et énigmes « Le Défi du gabarier » à Lalinde, soirée contée à Beaumont-du-Périgord et Cluedo nocturne à Cadouin. Tarif : 7 € par adulte, 5 € pour la participation à une autre animation, gratuit pour les moins de 8 ans.

## Pour aller plus loin

La **Fédération des Bastides d'Aquitaine** documente chaque bastide du Sud-Ouest et publie un plan pour chacune. Le **Bastideum de Monpazier** est le seul centre d'interprétation entièrement consacré au sujet, et le bon point de départ. Le bureau d'information touristique de Monpazier, place des Cornières, vend un topo-guide du secteur et renseigne sur les visites guidées de la bastide.

*Cet article a été préparé avec l'aide de l'office de tourisme du Pays de Bergerac, Vignoble & Bastides.*

## À lire aussi

- [Monpazier : visiter la bastide modèle du Sud-Ouest, du marché du jeudi aux Festoyades](https://allovoyages.fr/destinations/monpazier-bastide/)
- [Le château de Biron : mille ans d'histoire, quatorze bâtiments et un duc décapité](https://allovoyages.fr/destinations/chateau-de-biron/)
- [Cadouin : l'abbaye, le cloître flamboyant et le suaire qui n'en était pas un](https://allovoyages.fr/destinations/abbaye-de-cadouin/)
- [Que faire dans le Tarn, entre bastides et vignoble de Gaillac](https://allovoyages.fr/destinations/que-faire-dans-le-tarn-toscane-occitane/)
- [Les plus beaux villages du Tarn](https://allovoyages.fr/destinations/plus-beaux-villages-du-tarn/)

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*Source : [allovoyages.fr](https://allovoyages.fr/destinations/bastides-du-perigord/)*
