Quittons les sentiers battus de Barcelone pour des chemins de traverse, peuplés d’odeurs et chargés d’authenticités. Le temps d’un week-end, on part à la découverte de la capitale catalane en vivant comme ses habitants, nos pas réglés à l’heure barcelonaise.

Ville de contraste
11h. Le thermostat indique déjà 33 degrés sur la capitale catalane. Pourquoi ne pas profiter de la fraîcheur des venelles qui quadrillent la cité ? Entourée de douces collines comme celle de Montjuïc, Barcelone s’étend jusqu’à la mer. En haut, la ville plus moderne et ses larges avenues, en bas celle plus antique, accolée au port. Entre les deux, une résille de ruelles regroupées en plusieurs quartiers avec autant d’âmes différentes qu’il est bon d’humer ce matin-là. Depuis le quartier Gràcia situé sur les hauteurs, on descend vers le port. On laisse le Barrio Gótico et son enchevêtrement de ruelles médiévales. On y reviendra plus tard dans la soirée. Avec ses petites artères sombres et tortueuses et le linge qui sèche en dansant au vent, El Raval nous souffle des airs de petites Napoli. Une fois sur le port Olympique, enclave animée et lumineuse de la capitale, on suit la promenade bordée de palmiers. Direction la plage.
Coquillages et crustacés
Ici, les 7 plages sont loin d’être abandonnées. Très prisées par les Barcelonais, elles sont directement accessibles depuis le centre et confirment à la ville son cachet méditerranéen. Après une petite trempette, on file se régaler d’un poisson frais tout juste péché. L’odeur de sardine flotte dans l’air et les restaurants de fruits de mer ne manquent pas autour du port. Ancien quartier des pécheurs, la Barceloneta est l’un des exemples de la métamorphose urbaine, engagée pour les Jeux Olympiques de 1992.

Entrez dans la… Sardane !
Chaque samedi sur les coups de 18h30, un petit orchestre appelé « Cobla » s’installe sur les marches de la Cathédrale de la Santa Cruz y Santa Eulalia. Les instruments à vent et les tambourins invitent à la danse et plus précisément à la Sardane catalane. Cette danse typique et populaire remonterait à la nuit des temps. En cercle, main dans la main, et bras levés, les danseurs tournent et effectuent un enchaînement de petits pas lents mais rudement précis. Sur les visages, la concentration est palpable. Tout est dans le jeu de pied. Au son de la « Cobla », les groupes se font et se défont. On trouve des habitués, mais aussi des touristes qui se risquent à entrer dans les cercles, portés par le rythme entraînant de la ronde. Plus qu’une simple danse, la Sardane est surtout un symbole fort de l’identité catalane.
À la table d’un barcelonais
Quand le jour décline, Barcelone devient alors encore plus vibrante. Les rues sont pleines. Sur les grandes artères de la capitale, les vieux catalans se sont mis sur leur 31. Et les coquettes laissent sur leur passage des parfums capiteux. On se promène en famille, entre amis ou en amoureux. On se montre. On sort « tomar una copa », et « tapear », entendez pour cette expression : manger quelques tapas de bar en bar. Véritable institution en Espagne, les tapas étaient servies après le travail, et permettaient de tenir en attendant le repas du soir. Ces amuse-gueules de petites tailles se déclinent autour de la traditionnelle tortilla de patatas, mais aussi d’autres jamón, calamares, patatas bravas, croquetas ou morcilla. On les déguste entre amis autour de tonneaux de bois et accompagnées d’un bon vino tinto. A cette heure tardive, certains magasins restent encore ouverts. Les enfants veillent tard, la rue est devenue leur terrain de jeu. Il règne ici une paisible insouciance.

La Boqueria, marché aux mille couleurs
La nuit fut longue à Barcelone, alors rien de tel pour démarrer ce dimanche que d’aller flâner au marché. A Barcelone, on n’en compte pas moins de 39, constituant ainsi un patrimoine unique. Situé sur la fameuse rue de La Rambla, le marché de La Boqueria est le plus ancien de la capitale ainsi que le mieux achalandé. Au début du XIXème siècle, on trouvait déjà des vendeurs ambulants sur son emplacement actuel. Mais ce n’est que 50 ans plus tard, que sera construit un espace fixe. Sous sa structure métallique au style Art Nouveau, c’est un festival d’odeurs et de couleurs qui se joue dans une ambiance bouillonnante. Epices, poissons, olives, fromages, fruits, cornets de poulpes, pâtisseries…. Les étales débordent de produits frais. On vient manger sur le pouce des spécialités locales, accoudé à un coin du comptoir.
Un après-midi sur la colline de Montjuïc
Pour clore ce week-end, pourquoi ne pas prendre un peu de hauteur et paresser mollement dans les jardins de Montjuïc, tout en jouissant d’une vue imprenable sur Barcelone. La colline de Montjuïc fut le théâtre de l’Exposition universelle en 1929 ainsi que la scène principale des Jeux Olympiques en 1992. C’est le cimetière juif situé sur la colline qui lui donna son nom. Un voyage dans les airs, en funiculaire ou en téléphérique nous permet de rejoindre le sommet couronné par un château. Au Moyen-Age, ce n’est qu’une simple tour à signaux qui guidait les bateaux mais aussi prévenait des envahisseurs. Pendant les XVII et XVIIIème siècles, le lieu devient une forteresse militaire. En se promenant le long des remparts, suivant dans quelle direction se porte le regard, on peut admirer la mer et le port industriel centenaire ou bien la ville qui s’étale à nos pieds. De cette dernière, émerge les flèches de la Sagrada Família. Ainsi s’achève notre week-end barcelonais, tout près des cimes.
INFORMATIONS PRATIQUES POUR PREPARER VOTRE SEJOUR A BARCELONE :
Pour venir à Barcelone, depuis Paris, Lyon, Marseille ou bien encore Valence, pensez aux trains ! : www.renfe.com
Et pour dormir, la très sympathique Auberge de jeunesse, Casa Gracia, vous accueille à deux pas de la Casa Batlló et de la Pedrera, chefs-d’œuvre de Gaudi. www.casagraciabcn.com




