Situé au pied de la colline de Fourvière, délimité par la Saône et la rue Ferrachat, Saint-Georges est l’un des plus petits quartiers de Lyon, mais aussi le plus ancien. Face à son voisin Saint-Jean, il joue les discrets, un peu en retrait et encore délaissé des touristes. Voici sept idées de visites et de balades pour découvrir l’ambiance médiévale de ce quartier.

Il est 16 heures. Depuis la passerelle Saint-Georges qui s’élance au-dessus de la Saône, le quartier éponyme se dévoile. Au-dessus, s’élevant en majesté, Fourvière veille sur la ville. Le soleil d’hiver caresse de ses derniers rayons les façades colorées des maisons qui s’alignent sur le quai Fulchiron. La Saône leur tend ici un miroir complice.
Souvent dans les brumes, étroit et humide, ce quartier va rester pendant longtemps dépourvu de commerce. Ravagé par la peste en 1348, il n’a pas toujours eu bonne presse. Dans les années 1960, voué à disparaître pour être remplacé par une voie express, Saint-Georges est sauvé de justesse. Aujourd’hui, petites boutiques, restaurants, bars mais aussi agences reviennent sur la pointe des pieds s’y installer. Les familles établies de longue date continuent d’apprécier son calme et son authenticité.
Visitez la soierie Saint-Georges
Au XVème et XVIème siècle, Saint-Georges est un quartier populaire. Nautes, pêcheurs, artisans, potiers, tulliers et ouvriers agricoles s’établissent le long de la Saône. Ainsi que les canuts, autrement dit les artisans de la soie, qui viennent y installer leur fabrique, faisant ainsi du quartier, le haut lieu de la soierie. En 1536, Lyon est le seul entrepôt de soie autorisé dans le Royaume de France. Au rez-de-chaussée d’un immeuble renaissance, la soierie Saint-Georges revient sur le passé flamboyant de cette étoffe et l’histoire des maîtres tisseurs. Dans l’atelier, on peut voir comment fonctionne un métier à tisser. Foulards, cravates, mousselines, écharpes, châles, velours ou satins dévorés… sont en vente dans la boutique.
11, rue Mourguet
Venez rire au café comique Le Boui Boui
Anthony Kavanagh a foulé ses planches, Florence Foresti s’est fait connaître ici… Bienvenue au café comique le Boui Boui. Comédie, one man/woman show, opéra ou cabaret … Dans la cave voutée, artistes débutants et confirmés présentent des pièces à l’humour cru, noir et décapant. Voici un petit aperçu des pièces à l’affiche ou passées : « Le sexe pour les nuls » par Brice Larrieu, « Hymne à la joie » de Thaïs, ou encore « La revanche du terroir » de Jean-Baptiste. Le Boui Boui a également lancé le succès du spectacle « d’Arrête de pleurer Penelope ». Le plus de cette salle ? La rencontre après le spectacle avec l’humoriste.
7, rue Mourguet

Promenez-vous dans les traboules
Avec ou sans guide, c’est aussi l’occasion de lentibardaner dans les traboules de la rue Saint-Georges. Du latin traverser, ce terme désigne un passage à travers des cours d’immeuble qui permettaient de se rendre d’une rue à l’autre sans se faire voir. A la fin de l’antiquité, les lyonnais commencent à s’installer dans la partie basse de la ville et construisent les maisons côte à côte sans prévoir de rue. Seuls d’étroits passages permettaient d’accéder à la rivière. Ainsi naquirent les traboules. A Lyon, on n’en compte pas moins de 500 qui tissent un réseau de passages secrets. Derrière une porte tout juste entrebâillée, qui n’est d’autre qu’une invitation à peine dissimulée pour entrer, se cachent de jolis couloirs voutés s’ouvrant sur des cours intérieures, des galeries renaissances, des escaliers à vis, des terrasses et des petits jardins intérieurs, comme au numéro 6 et 10. La plupart des traboules sont privées et inaccessible aux touristes. Car Saint- Georges aime à garder ses mystères.
Rue Saint-Georges
Découvrez le musée des Automates du Vieux-Lyon
Le musée des Automates présente une collection de 250 personnages animés en permanence et exposés sous forme de scène. Gargantua, le bossu de Notre-Dame, Peter Pan, mais aussi Guignol, le gone de Lyon…Tous les automates sont fabriqués de façon artisanale dans les ateliers, ainsi que les décors. « Chaque étape est importante et demande un travail de précision : recherches sur le sujet et croquis, étude des mouvements, construction de la mécanique et motorisation, modelage des parties du corps puis moulage en latex, peinture du visage et décoration, et enfin habillage et accessoires » , peut-on lire sur la page internet du musée. Les ateliers ne se visitent pas, et ne sont que très rarement ouverts au public. Cependant, les visiteurs peuvent venir les découvrir lors des journées du patrimoine de septembre.
100, rue Saint-Georges

Découvrir les spécialités lyonnaises au Café-Restaurant du Soleil
Réunissant en son centre la rue Tramassac, la rue Saint-Georges, la rue Ferrachat et la montée du Gourguillon, la place de la Trinité a un petit air d’Italie. Sur la place, une étroite façade attire le regard. La Maison du Soleil datant du XVIIème siècle est décorée d’un soleil doré sur fond bleu qui tire son nom de la famille Barou du Soleil qui vécut ici au XVIIIème et dont l’emblème était l’astre solaire. On trouve aussi le Café-Restaurant du Soleil. A Lyon, l’art de la table est religion. Dans ce restaurant à l’ambiance et à la déco typiquement « bouchon », on vient déguster la spécialité du chef : la quenelle de brochet sauce Nantua. A la carte, les assiettes sont copieuses et proposent des variétés de tripes, de la cervelle de canut et autres spécialités bien lyonnaises.
2, rue Saint-Georges
Faire une pause à La Mouss’tache
En quête d’un petit bar dans le quartier ? Pourquoi ne pas se laisser tenter par la Mouss’tache ? Un bar à bières au concept original. Les amateurs de petites mousses devraient être conquis. Ici, pas de file d’attente devant le bar. C’est simple, une tireuse à bière couplée à une tablette tactile, est installée sur chaque table. Le temps d’une soirée (ou de plusieurs) mettez-vous dans la peau d’un barman et servez-vous votre boisson. Il faudra tout de même passer par la case comptoir pour payer. Pour les petites faims, on peut aussi commander à manger. La carte propose un grand nombre de burgers, bagels ou encore des salades et des fajitas.
2, rue Saint-Georges
Revenir en enfance dans Les Ateliers de Marinette
Le soleil poursuit sa paresseuse descente, les derniers rayons relèvent le rose poudré virant sur l’orange rouge, des façades de la rue Saint-Georges. Papiers vintage, boutons anciens, vieux journaux Tintin, taille-crayons en forme de petite voiture, porteplumes, petits moulins à vent, décalcomanies… Non vous n’êtes pas dans le grenier de votre grand-mère mais bien dans les Ateliers de Marinette, une boutique qui dépoussière le concept un peu vieillot des brocantes. Ces « trésors vintage », c’est le propriétaire qui les a dénichés à travers toute la France et qui les a ensuite restaurés dans sa boutique. La collection d’appareils photo Polaroïd vaut à elle seule le détour.
46, rue Saint-Georges




