Cinq incontournables à voir à Deauville

Deauville. Son immense plage, ses parasols colorés, ses Planches, ses authentiques villas à colombages, ses boutiques de mode, son casino et son Festival du Cinéma Américain sont autant de facettes chics et glamour de cette ville balnéaire. Inspirée du style haussmannien, on dit d’elle que c’est le XXIème arrondissement de Paris. Suivez le guide.

Les Planches de Deauville, ©Elise Chevillard

Au commencement, Deauville n’était qu’un petit village situé sur le Mont Canisy, bercé par le vent. Il faut attendre la fin du XIXème siècle et l’impulsion du duc de Morny pour que le site balnéaire prenne enfin sa forme définitive et devienne un haut lieu de villégiature pour la bourgeoisie et la noblesse, voué aux loisirs élégants. Cinéastes, danseurs, créateurs de mode, peintres mais aussi photographes… Tous, s’y arrêtent, en quête d’inspiration, et y laissent leur empreinte. Aujourd’hui, la ville joue toujours un rôle actif dans le domaine de la création.

A la découverte de l’architecture de la ville

Un peu partout, les maisons et villas habillées de colombages donnent à la ville son cachet. La plus célèbre et la plus caractéristique des villas de la Belle Epoque, c’est la Villa Strassburger. Construite en 1907 pour le baron Henri de Rotschild et rachetée en 1924 par le milliardaire américain Ralph-Beaver Strassburger, elle occupe l’emplacement de la ferme ayant appartenu à la famille de Gustave Flaubert. Son rez-de-chaussée de briques et de pierres disposés en damiers et son étage à pans de bois, lui donnent ce côté pittoresque, qui se conjugue harmonieusement avec le luxe de son intérieur. La promenade tête en l’air se poursuit dans les rues paisibles de Gheest, Pasteur, Raspail et Laplace pour admirer d’autres exemples d’architectures à colombages. En revenant vers le front de mer, l’Hôtel Le Normandy Barrière se découvre sur le côté, pour s’imposer ensuite avec majesté. Inauguré en 1912, il servit d’hôpital pendant la guerre. De style manoir anglo-normand, il est assorti de colombages vert céladon. On y accède par 3 entrées : côté plage, côté cour Normande et côté Casino. Pendant le Festival de Deauville, l’hôtel voit défiler du beau monde et notamment le jury de la compétition. Pendant la nuit, le bar devient un lieu névralgique et fiévreux, où le jury délibère et échange avec passion sur le septième art. D’autres bâtiments comme la Mairie, construite en 1881, furent « normandisés » plus tardivement.

L’Hôtel Le Normandy Barrière, ©Elise Chevillard

Luxe, mode et machines à sous

Ce n’est pas un hasard si Gabrielle Chasnel, dit « Coco Chanel » choisit Deauville pour ouvrir sa première boutique de prêt-à-porter en 1913. On raconte que le beige Chanel fut inventé en référence au sable mouillé de la plage. Mais les champs de courses et la plage inspirèrent également à la créatrice une mode décontractée. Yves-Saint-Laurent venait aussi se ressourçait dans la station balnéaire. Une mini-place lui rend d’ailleurs hommage. C’est aujourd’hui le cœur névralgique de la mode, où s’alternent boutiques de luxe et enseignes glamour. Hermès, Ralph Lauren, Sonia Rykiel, Eric Bompard….Ils sont tous là. Sur cette même place, le Casino. Construit en 1912 et classé parmi les plus beaux d’Europe, il occupe l’emplacement du premier établissement ouvert en 1864. C’est le soir qu’il est encore plus étonnant, quand il s’éclaire, mettant ainsi en valeur les décors de ferronneries et les balustrades. Des lumières qui sont là pour nous rappeler le faste du XVIIIème siècle. A l’intérieur, les salles sont majestueuses. Poker, Roulettes, Blackjack, machines à sous… L’ambiance devient vite grisante. Les jeux sont faits, rien ne va plus.

Mais on vient aussi au Casino pour assister à des spectacles joués dans le très intime théâtre à l’italienne. Lors de cinq représentations données par les ballets Russe pour son ouverture, le danseur Nijinski interpréta le Spectre de la Rose. Le théâtre accueille aujourd’hui la programmation culturelle de la ville.

Côté cabines : Les bains pompéiens Art déco

Deauville c’est aussi, et surtout, ses cabines de bains. On en compte 450, réparties autour de neuf cours intérieures et donnant sur les Planches. Construites par Charles Adda en 1923, elles venaient remplacer celles en bois, jugées à l’époque désuètes. Les cabines font partie d’un ensemble de Bains Pompéiens. Fontaines, atriums, galeries à portiques, petits bassins intérieurs….L’architecte s’inspira des thermes romains tout en s’inscrivant dans la modernité avec l’utilisation du béton et de lignes épurées. Etonnante vision donc que cette architecture de couleur jaune, un jaune soleil qui rappelle les couleurs de la Provence, dans cette région du Nord. Mais aussi ces céramiques dans les tons bleus et verts, typiques des Années Folles, et qui habillent subtilement les cabines. A l’intérieur, on imagine aisément tous le matériel nécessaire de plage : transats, pèles et râteaux encore un peu recouverts de sable et qui attendent sagement le retour de l’été. Aujourd’hui, même si la plupart des cabines se transmettent de génération en génération, certaines parfois se libèrent et il faut alors postuler. Sinon, on peut aussi les louer à la journée, à la semaine, au mois ou pour la saison.

Les Bains Pompéiens. ©Elise Chevillard

Côté Planches : un « Sunset Boulevard » à la Française.

C’est encore Charles Adda qui crée en 1923 la Promenade des Planches. S’étirant le long du rivage sur 643 mètres, les Planches en bois exotiques, permettaient aux élégantes de se promener sans salir le bas de leurs toilettes. La promenade est bordée par les fameuses cabines de plages, séparées chacune par des barrières, portant le nom d’un acteur, d’un cinéaste qui ont honoré de leur présence le Festival du Cinéma Américain, comme Oliver Stone, James Dean, Julianne Moore, Stanley Donen, Harrison Ford et bien d’autres encore. Le Festival justement, qui attire chaque mois de septembre de nombreuses stars américaines. Depuis 1975, et pendant dix jours, c’est l’occasion de découvrir plus d’une centaine de films (car contrairement à Cannes, cet événement est accessible à tous), mais aussi des hommages, des documentaires, des leçons de scénario, sans oublier une compétition officielle. A l’origine de l’événement, Lucien Barrière, le propriétaire des trois « palaces » deauvillais (Normandy, Royal et Golf), et Michel d’Ornano, le maire de la station, qui souhaitaient prolonger la saison au-delà du mois d’août. Situé sur les Planches, le bar du Soleil, construit en 1929 et décoré de somptueuses mosaïques devint aussitôt le lieu où il fallait sortir le soir. On y croisait dans le temps, le peintre Foujita et les acteurs Buster Keaton et Clark Gable. Mais aussi  Françoise Sagan, qui trouvait à Deauville lorsqu’elle y séjournait, apaisement et inspiration.

Les Parasols, ©Elise Chevillard

Côté plage : les parasols multicolores

Ce petit matin d’automne, sur Les Planches, pas de stars, mais des joggeurs, des coquettes en fourrure, qui promènent leur chien, et des habitués qui commentent les dernières courses hippiques. Et puis en face, il y a la plage. Immensité plate de sable qui fait le bonheur des chevaux lancés au galop au bord de l’eau et reconvertie en piste le temps d’une marée basse. On y trouve aussi d’autres occupants à la silhouette reconnaissable, composés de cinq couleurs (rouge, bleu, jaune, vert et orange) et plantés dans le sable. Symbole de la ville de Deauville depuis 1875, les parasols s’ouvrent en été, se ferment en automne et se rangent en hiver. On peut les louer, d’avril à septembre. Ce matin, ils sont noués de manière élégante. Une entreprise située à quelques kilomètres de Deauville, les fabrique et les répare. Tout est fait main, la toile est en coton, et les couleurs soigneusement étudiées.

Fernand Léger qui aimait se rendre à Deauville, immortalisa en peinture les parasols qui lui inspirèrent une série de gouache en 1950. Ils sont aussi régulièrement le sujet des photographes. Et puis, il y a la mer vide, comme la décrivait Françoise Sagan dans Des bleus à l’âme. Mais aussi le ciel et ses reflets dans l’eau qui inspira de nombreux peintres comme Eugène Boudin et Raoul Dufy.

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