Il y a des villes que l’on traverse et d’autres que l’on savoure. Lyon appartient résolument à la seconde catégorie. Posée à la confluence du Rhône et de la Saône, adossée à deux collines qui la regardent depuis deux mille ans, la troisième ville de France ne se livre pas au premier coup d’œil : elle se mérite, ruelle après ruelle, traboule après traboule, bouchon après bouchon. Capitale des Gaules à l’époque romaine, cité de la soie et des canuts au XIXᵉ siècle, capitale unanimement reconnue de la gastronomie française, Lyon cultive un art de vivre discret et têtu, celui d’une ville qui a toujours préféré la profondeur à l’esbroufe.
Ce qui frappe, quand on arrive à Lyon, c’est cette impression d’espace ouvert entre deux fleuves, ces quais généreux où l’on marche et l’on pédale, ces façades ocre et rose qui prennent la lumière au coucher du soleil. Le Vieux Lyon aligne le plus vaste ensemble Renaissance sauvegardé d’Europe, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1998 avec les pentes de la Croix-Rousse, la presqu’île et la colline de Fourvière. La ville a inventé, avec ses passages secrets appelés traboules, une manière bien à elle de circuler d’une rue à l’autre à travers les cours d’immeubles. Chaque hiver, début décembre, elle s’embrase pour la Fête des Lumières, l’un des plus grands rendez-vous lumineux du monde. Et tout autour, à portée de train, s’ouvrent les vignes du Beaujolais, la vallée du Rhône, les Alpes enneigées et le soleil de Provence. Lyon n’est pas seulement une destination : c’est un point de départ vers tout le sud-est de la France.
Pourquoi visiter Lyon ?
On visite Lyon pour une raison qui les résume toutes : c’est une ville complète. Rares sont les cités qui condensent autant d’époques et d’ambiances dans un périmètre aussi accessible à pied. On y vient pour l’Histoire, dense et lisible dans la pierre : un théâtre romain toujours debout sur la colline de Fourvière, un quartier Renaissance intact au bord de la Saône, une colline ouvrière — la Croix-Rousse — qui raconte la révolution de la soie, et un quartier flambant neuf, la Confluence, qui écrit le Lyon du XXIᵉ siècle en verre et en couleurs.
On y vient aussi, et peut-être surtout, pour manger. Lyon est le berceau des bouchons, ces petits restaurants conviviaux à la cuisine généreuse ; la ville des « mères lyonnaises » qui ont fait rayonner une gastronomie familiale devenue référence mondiale ; la patrie de Paul Bocuse, chef parmi les plus célèbres du XXᵉ siècle. Manger à Lyon n’est pas une simple pause : c’est une part entière du voyage.
On apprécie enfin Lyon pour sa taille humaine et sa qualité de vie. Assez grande pour offrir de grands musées, un opéra et une scène culturelle bouillonnante, assez ramassée pour se parcourir à pied, la ville se traverse d’une colline à l’autre en une journée. Ajoutez des berges de fleuve aménagées, l’un des plus grands parcs urbains de France et une position idéale au carrefour de l’Europe, et vous obtenez une destination qui convient aussi bien à un week-end en amoureux qu’à un séjour familial ou à une escapade gourmande entre amis.
Le Vieux Lyon et la colline de Fourvière
Si l’on ne devait garder qu’un quartier, ce serait celui-là. Le Vieux Lyon déploie au pied de la colline de Fourvière, sur la rive droite de la Saône, un dédale de rues pavées, de façades colorées, de tourelles et de cours cachées qui constituent l’un des plus beaux ensembles Renaissance d’Europe. On y entre comme dans un décor de théâtre, et l’on comprend vite pourquoi ce quartier fut parmi les tout premiers en France à bénéficier d’une loi de protection du patrimoine, la loi Malraux de 1962. C’est le cœur historique de Lyon, celui qui a échappé aux démolitions et livre un voyage dans le temps quasi intact.

Le Vieux Lyon Renaissance
Le Vieux Lyon se divise traditionnellement en trois quartiers, articulés autour de leurs églises : Saint-Jean, Saint-Paul et Saint-Georges. L’axe le plus vivant est la rue Saint-Jean, artère médiévale et Renaissance bordée de boutiques et de restaurants, qui grouille de monde à la belle saison. En levant les yeux, on repère les fenêtres à meneaux, les balcons ouvragés et les tourelles d’escalier qui signalent les demeures des riches marchands et banquiers italiens installés à Lyon au moment des grandes foires, quand la ville était l’une des places financières majeures d’Europe.
Au bout de la rue se dresse la cathédrale Saint-Jean, la primatiale, dont la construction s’est étalée du XIIᵉ au XVᵉ siècle et mêle roman et gothique. À l’intérieur se cache l’un de ses trésors : une horloge astronomique monumentale, l’une des plus anciennes d’Europe, qui indique les positions astronomiques, les fêtes religieuses et anime de petits automates à certaines heures.
Mais la vraie magie du Vieux Lyon se joue dans les traboules. Ces passages, dont le nom vient probablement du latin transambulare (« traverser »), permettent de passer d’une rue à une autre par les couloirs, cours et escaliers des immeubles. Ils servaient jadis aux canuts pour transporter les pièces de soie à l’abri de la pluie, et jouèrent un rôle discret pendant la Seconde Guerre mondiale. Beaucoup sont aujourd’hui accessibles au public : on pousse une porte anodine et l’on débouche sur une cour secrète, une galerie voûtée, un escalier à vis. La plus célèbre, la longue traboule qui relie la rue Saint-Jean à la rue du Bœuf, traverse plusieurs immeubles ; la cour de la tour rose, avec sa tourelle ocre-rosé, compte parmi les plus photographiées. Explorer les traboules, c’est jouer à cache-cache avec la ville — l’un des grands plaisirs d’une visite à Lyon.
La colline de Fourvière
Au-dessus du Vieux Lyon veille la colline de Fourvière, que les Lyonnais surnomment « la colline qui prie » — par opposition à la Croix-Rousse, « la colline qui travaille ». On y monte à pied par des montées raides et des jardins en terrasses, ou plus commodément par le funiculaire, la fameuse « ficelle ». En quelques minutes, on passe de l’animation des ruelles au silence de la colline.

Au sommet trône la basilique Notre-Dame de Fourvière, silhouette blanche à quatre tours qui domine tout le paysage lyonnais. Édifiée dans la seconde moitié du XIXᵉ siècle, après le vœu des Lyonnais épargnés par une épidémie puis par la guerre de 1870, elle mêle avec exubérance les styles romano-byzantins. L’intérieur éblouit : mosaïques dorées, colonnes de marbre, vitraux et sculptures composent un décor d’une richesse rare. À côté, l’ancienne chapelle abrite une statue dorée de la Vierge dont l’illumination, en 1852, est à l’origine de la Fête des Lumières.
Devant la basilique, l’esplanade offre l’un des plus beaux panoramas de France. Par temps clair, le regard embrasse toute la ville, les deux fleuves, la Part-Dieu et son gratte-ciel surnommé « le Crayon », et, au loin, la chaîne des Alpes avec, parfois, le mont Blanc à l’horizon. C’est ici que l’on comprend la géographie de Lyon d’un seul coup d’œil.
Fourvière n’est pas seulement la colline chrétienne : c’est aussi le cœur de la Lyon romaine. Sur son flanc s’étend le site archéologique de Lugdunum, du nom de la colonie fondée en 43 av. J.-C. et devenue capitale des Gaules. On y visite deux théâtres antiques remarquablement conservés : le grand théâtre romain, l’un des plus anciens de Gaule, qui sert encore de cadre à des concerts ; et l’odéon voisin, plus intime. Le musée Lugdunum, à demi enterré dans la colline, expose mosaïques, inscriptions et objets qui font revivre la cité gallo-romaine, dont la célèbre Table claudienne, plaque de bronze gravée d’un discours de l’empereur Claude, né à Lyon.
La Presqu’île, le cœur de ville
Entre les deux fleuves s’étire la presqu’île, longue langue de terre qui constitue le centre névralgique de Lyon. C’est là que bat le pouls de la ville : grands magasins, cafés, théâtres, musées, places monumentales et rues commerçantes. Si le Vieux Lyon est le Lyon de la pierre et de l’Histoire, la presqu’île est celui du mouvement, de la vie quotidienne et du shopping, avec ses immeubles haussmanniens de couleur claire alignés le long d’avenues rectilignes.

Le point de repère central est la place Bellecour, l’une des plus vastes places piétonnes d’Europe. Ce grand rectangle de sable rougeâtre, bordé de façades ordonnées, sert de point kilométrique zéro à la ville et de lieu de rendez-vous immanquable. En son centre se dresse la statue équestre de Louis XIV, œuvre du XIXᵉ siècle qui remplaça un monument fondu à la Révolution. De Bellecour partent en éventail les grandes artères ; c’est de là que l’on rayonne dans tout le centre.
Vers le nord, la rue de la République, que les Lyonnais appellent « la Ré », file en ligne droite : c’est l’artère commerçante par excellence, entièrement piétonne, bordée d’enseignes et de beaux immeubles. Elle conduit jusqu’à la place des Terreaux, l’une des plus élégantes de la ville. Là se font face l’imposant Hôtel de Ville, chef-d’œuvre du XVIIᵉ siècle à la façade richement ornée, et la spectaculaire fontaine Bartholdi, sculptée par l’auteur de la statue de la Liberté : quatre chevaux fougueux, symbolisant les fleuves courant vers l’océan, jaillissent de l’écume dans un mouvement d’une puissance saisissante.
Sur la même place s’ouvre le musée des Beaux-Arts, installé dans un ancien palais abbatial autour d’un cloître et de son jardin paisible. C’est l’un des plus riches musées de France, souvent présenté comme un « petit Louvre » : peintures de toutes les écoles européennes du Moyen Âge au XXᵉ siècle, antiquités égyptiennes, sculptures, objets d’art. Le jardin du cloître offre une parenthèse de calme au cœur de l’agitation.
La presqu’île abrite aussi l’Opéra de Lyon, dont la rénovation par l’architecte Jean Nouvel a coiffé le bâtiment historique d’une immense verrière en demi-cylindre, spectaculaire lorsqu’elle s’illumine de rouge la nuit. Plus au sud, le quartier des Célestins, autour de son théâtre et de sa jolie place, concentre restaurants, bars et vie nocturne. C’est dans ce secteur, entre Bellecour et la place des Jacobins, que se trouvent les rues du shopping de luxe et les boutiques de créateurs. Le quartier des Cordeliers, autour de l’église Saint-Bonaventure et du palais de la Bourse, complète ce centre foisonnant.
La Croix-Rousse, la colline qui travaille
Au nord de la presqu’île, la colline de la Croix-Rousse se dresse comme un village dans la ville. C’est ici que s’écrivit, au XIXᵉ siècle, l’un des grands chapitres de l’histoire lyonnaise : celui de la soie. Quand le métier à tisser Jacquard, plus haut que les anciens, imposa des plafonds élevés, les tisserands — les fameux canuts — s’installèrent en masse sur cette colline dans des immeubles conçus tout exprès, aux fenêtres immenses pour capter la lumière et aux plafonds de plus de quatre mètres. On les entendait travailler du matin au soir dans le fracas des métiers, dans un monde à part fait de labeur, de solidarité et de misère.
La Croix-Rousse fut aussi le théâtre des révoltes des canuts, en 1831 et 1834, parmi les premiers grands soulèvements ouvriers de l’ère industrielle, menés au cri de « vivre en travaillant ou mourir en combattant ». Cette mémoire imprègne encore la colline, aujourd’hui l’un des quartiers les plus attachants de Lyon, à la fois populaire, bohème et créatif, avec ses ateliers d’artistes, ses cafés et son esprit de village revendiqué.
Comme dans le Vieux Lyon, on y traboule. Mais les traboules de la Croix-Rousse ont une autre saveur : plus verticales, elles dévalent la pente par de longs escaliers et permettaient aux canuts de descendre leurs pièces de soie vers la presqu’île. La plus spectaculaire, la cour des Voraces, avec son extraordinaire escalier à volées superposées sur six étages, est un lieu emblématique de la colline.
La Croix-Rousse est aussi la capitale lyonnaise du mur peint, cette spécialité locale de fresques en trompe-l’œil qui décorent les pignons aveugles. Le mur des Canuts, l’un des plus grands d’Europe, met en scène une rue en pente avec ses habitants, ses commerces et ses escaliers dans un réalisme bluffant. Dans un autre registre, la Fresque des Lyonnais, sur les quais de Saône, rassemble une trentaine de personnages célèbres liés à la ville — des frères Lumière à l’Abbé Pierre, d’Antoine de Saint-Exupéry à Paul Bocuse — que l’on s’amuse à identifier.
Le boulevard de la Croix-Rousse accueille enfin l’un des marchés les plus vivants de la ville, quotidien et généreux, où l’on croise les habitants faisant leurs courses parmi les étals de fruits, de légumes, de fromages et de fleurs. Flâner ici, s’attabler à une terrasse ensoleillée, c’est goûter à l’authenticité lyonnaise loin des circuits touristiques.
La Confluence, le Lyon contemporain
À la pointe sud de la presqu’île, là où le Rhône et la Saône se rejoignent enfin, un tout autre Lyon a surgi de terre en une vingtaine d’années. Le quartier de la Confluence, aménagé sur d’anciennes friches industrielles et portuaires, est devenu l’un des plus grands projets de renouvellement urbain d’Europe et la vitrine de la ville du XXIᵉ siècle. Ici, l’audace architecturale est reine : immeubles aux formes découpées, façades vertes, jaunes ou orangées, bâtiments signés par des architectes de renommée internationale, cubes de verre reflétant l’eau des fleuves.
La pièce maîtresse du quartier est le musée des Confluences, posé à l’extrême pointe comme un vaisseau de verre et d’acier. Ce « nuage » de métal déconstruit, œuvre d’un cabinet d’architectes autrichien, abrite un musée des sciences et des sociétés qui raconte, de manière transversale, l’histoire de l’humanité et du vivant : origines de l’univers, évolution des espèces, diversité des cultures. Ses collections mêlent squelettes de dinosaures, météorites, objets ethnographiques et cabinets de curiosités dans une scénographie moderne. Même sans entrer, l’architecture vaut à elle seule le détour, surtout au coucher du soleil.
La Confluence, c’est aussi un art de vivre nouveau : des berges réaménagées le long de la Saône, un port de plaisance, des logements écologiques et un grand centre commercial à ciel ouvert, doté de terrasses, de cinémas et de restaurants. Le quartier se rejoint facilement en tramway. Il offre un contraste saisissant avec le Vieux Lyon : en une seule journée, on peut passer de la Renaissance italienne à l’architecture la plus contemporaine, et mesurer ainsi toute l’amplitude historique de la ville.
Au fil de l’eau : Rhône et Saône
Lyon est une ville d’eau, façonnée par ses deux fleuves aux caractères opposés. Le Rhône, large et puissant, descend des Alpes ; la Saône, plus lente et plus douce, serpente entre les collines. Comprendre Lyon, c’est comprendre ce dialogue permanent entre les deux, et l’une des plus belles façons de découvrir la ville est de suivre ses berges.

Les berges du Rhône, sur la rive gauche, ont été transformées en une longue promenade paysagère qui fait la fierté des Lyonnais. Anciennement occupés par des parkings, ces quais rendus aux piétons et aux cyclistes offrent plusieurs kilomètres de pelouses, de guinguettes et de pontons où l’on vient courir, pique-niquer ou prendre un verre au soleil. En été, c’est le rendez-vous de toute la ville, et certaines péniches amarrées se sont muées en bars et clubs, prolongeant la fête jusque tard dans la nuit.
Les quais de Saône, plus intimes, offrent une tout autre atmosphère. Rive droite, ils longent le Vieux Lyon et sa succession de façades pastel qui se reflètent dans l’eau ; c’est là que court la Fresque des Lyonnais. Rive gauche, une promenade aménagée de jardins thématiques permet de marcher au fil de l’eau. À la tombée du jour, la lumière rasante sur les vieilles pierres et l’eau tranquille de la Saône compose l’un des tableaux les plus romantiques de la ville.
Impossible d’évoquer la nature en ville sans le Parc de la Tête d’Or, l’un des plus grands parcs urbains de France, aménagé au XIXᵉ siècle sur la rive gauche du Rhône. Ses immenses pelouses, ses allées ombragées et son grand lac où l’on peut faire du bateau en font le poumon vert des Lyonnais. Le parc abrite un zoo entièrement gratuit, avec sa plaine africaine où évoluent girafes et zèbres, et une roseraie exceptionnelle qui rassemble des milliers de variétés et s’épanouit somptueusement au début de l’été. On y trouve aussi de grandes serres botaniques et de vastes espaces pour flâner, courir ou pique-niquer. C’est le lieu idéal pour une pause en famille.
Enfin, pour prendre un peu de recul, rien ne vaut une croisière fluviale. Plusieurs compagnies proposent des balades commentées sur la Saône et le Rhône, de la simple promenade à la croisière-déjeuner ou dîner, qui font défiler les quais, le Vieux Lyon, Fourvière et la Confluence depuis l’eau. Une façon reposante de saisir la géographie si particulière de la ville.
Lyon, capitale de la gastronomie
Il faut le dire sans détour : on ne visite pas vraiment Lyon si l’on n’y mange pas. La ville revendique depuis longtemps le titre de capitale mondiale de la gastronomie, une formule attribuée au gastronome Curnonsky au début du XXᵉ siècle. Cette réputation ne tient pas du hasard : Lyon se trouve au carrefour de régions d’une richesse agricole exceptionnelle — les volailles de Bresse, le bœuf du Charolais, les poissons des Dombes, les fruits et légumes de la vallée du Rhône, les vins du Beaujolais, des Côtes du Rhône et de la Bourgogne toute proche.

L’institution la plus emblématique reste le bouchon lyonnais. Ce n’est pas un simple restaurant, mais une catégorie à part : un lieu convivial, souvent petit, aux nappes à carreaux et aux murs couverts de vieilles affiches, où l’on sert une cuisine roborative et sans façon, arrosée de pots de vin — ces bouteilles épaisses de 46 centilitres, au fond renforcé, typiques de la ville. On y va pour l’ambiance chaleureuse autant que pour l’assiette. Attention toutefois : tous les établissements qui affichent « bouchon » ne se valent pas, et les vrais bouchons authentiques font l’objet d’un label pour distinguer la tradition du décor de carte postale.
Que mange-t-on dans un bouchon ? Le répertoire est solide et assumé. La quenelle, d’abord, spécialité emblématique : une préparation légère à base de semoule ou de farine, d’œufs et souvent de brochet, pochée et gratinée, généralement nappée d’une sauce Nantua à l’écrevisse. L’andouillette lyonnaise, saucisse de tripes au caractère affirmé, réservée aux amateurs. Le tablier de sapeur, morceau de gras-double (estomac de bœuf) mariné, pané et poêlé. La salade lyonnaise, où frisée, lardons, croûtons et œuf poché composent une entrée réconfortante. Sans oublier les charcuteries — rosette, saucisson pistaché, jésus.
Côté fromages et desserts, la cervelle de canut n’a rien de cérébral : c’est un fromage blanc frais battu avec fines herbes, ail, échalote, huile et vinaigre. Et pour finir sur une note sucrée, la praline rose, amande enrobée de sucre rose vif, se décline en tartes brillantes et en brioches gourmandes qui font le bonheur des vitrines de boulangeries.
Cette culture culinaire doit énormément aux « mères lyonnaises », ces cuisinières qui, à partir du XIXᵉ siècle et surtout au XXᵉ, ouvrirent leurs propres établissements et élevèrent la cuisine familiale au rang d’art. La Mère Brazier, l’une des plus célèbres, fut parmi les premières femmes à obtenir la plus haute distinction gastronomique, et forma un jeune apprenti nommé Paul Bocuse. Ce dernier, devenu l’un des chefs les plus célèbres du monde, symbole de la nouvelle cuisine et infatigable ambassadeur de Lyon, a marqué la ville au point de donner son nom à ses grandes halles couvertes.
Les Halles de Lyon Paul Bocuse sont précisément l’étape gourmande incontournable. Ce marché couvert haut de gamme rassemble sous un même toit les meilleurs artisans de bouche de la ville : fromagers affineurs, charcutiers, poissonniers, chocolatiers, primeurs, pâtissiers. On y achète de bons produits, mais on y déguste aussi sur le pouce, au comptoir, un plateau de fruits de mer ou une assiette de charcuterie, dans une ambiance de fête permanente. Lyon compte par ailleurs de nombreux marchés de plein air, comme celui de la Croix-Rousse ou les marchés des quais, où l’on prend le pouls d’une ville profondément attachée au bien-manger.
La gastronomie lyonnaise ne s’arrête pas aux bouchons : la ville compte aussi de grandes tables. Pour un déjeuner ou un dîner d’exception avec, en prime, une vue panoramique sur les toits, on grimpe sur la colline de Fourvière jusqu’à la table étoilée de Christian Têtedoie (une étoile au Guide Michelin) — l’un des plus beaux points de vue gastronomiques de la ville.
Lyon côté sport
Lyon est aussi une grande ville de sport, et assister à une rencontre fait partie des expériences à vivre sur place, quelle que soit votre discipline de prédilection.
- Football masculin : l’Olympique lyonnais évolue au Groupama Stadium (le Parc OL), son écrin inauguré en 2016 à Décines, à l’est de l’agglomération, qui accueille près de 59 000 spectateurs.
- Football féminin : les OL Lyonnes comptent parmi les clubs les plus titrés de la planète (record de victoires en Ligue des champions). Elles jouent dans le complexe de Décines, leurs plus grandes affiches se disputant au Groupama Stadium.
- Basket : le LDLC ASVEL, le club présidé par Tony Parker, dispute ses matchs de championnat à l’Astroballe, à Villeurbanne, et ses plus grands rendez-vous européens à la LDLC Arena de Décines.
- Rugby : le LOU Rugby a, lui, pris ses quartiers au stade de Gerland, l’ancien antre de l’OL.
Quand visiter Lyon ?
Lyon se visite toute l’année, chaque saison offrant une lumière différente. Le printemps et l’automne sont sans doute les périodes les plus agréables : températures douces, lumière chaude sur les façades, terrasses animées mais moins bondées qu’en plein été. L’été peut être chaud, parfois lourd dans la cuvette entre les collines, mais les berges du Rhône et les parcs prennent alors tout leur sens. L’hiver est plus frais et parfois gris, mais c’est aussi la saison de l’événement le plus magique de l’année.

La Fête des Lumières est le grand rendez-vous lyonnais, celui qu’il faut avoir vu au moins une fois. Chaque année, autour du 8 décembre, pendant quatre soirées, la ville entière se transforme en scène lumineuse. L’origine est populaire : le 8 décembre 1852, les Lyonnais illuminèrent spontanément leurs fenêtres de petites bougies — les lumignons — pour célébrer l’inauguration de la statue de la Vierge à Fourvière, et la tradition n’a jamais cessé. Aujourd’hui, elle s’est doublée d’un immense festival d’installations lumineuses, de mappings vidéo projetés sur les monuments et d’œuvres d’artistes du monde entier, qui attire des millions de visiteurs. Les façades des Terreaux, la cathédrale, Fourvière, le Parc de la Tête d’Or s’embrasent de couleurs. C’est une période magnifique, mais aussi la plus fréquentée de l’année : il faut réserver son hébergement longtemps à l’avance et accepter la foule.
L’été a lui aussi ses grands moments. Les Nuits de Fourvière, festival de renom, investissent chaque année de juin à fin juillet le théâtre antique romain : concerts, théâtre, danse, opéra et cirque s’y succèdent dans le cadre des gradins deux fois millénaires, sous les étoiles. Autre temps fort, plus électronique, les Nuits Sonores rassemblent au printemps, autour du week-end de l’Ascension, la scène des musiques électroniques et indépendantes dans des lieux souvent atypiques du patrimoine industriel lyonnais. Autant de rendez-vous qui donnent à la ville une énergie particulière.
Où loger à Lyon ?
Lyon se prête bien au séjour car ses quartiers, tous reliés par les transports et facilement accessibles à pied, ont chacun une personnalité forte. Le choix dépend surtout de l’ambiance recherchée.
- La Presqu’île est l’option la plus centrale et la plus pratique. Loger entre Bellecour, les Terreaux et les Cordeliers, c’est être au cœur de tout : commerces, restaurants, musées, transports. Idéal pour un premier séjour ou un court week-end, car on rayonne à pied dans toutes les directions.
- Le Vieux Lyon séduit ceux qui recherchent le charme et l’atmosphère. Dormir dans le quartier Renaissance, au pied de Fourvière, offre un décor de rêve et une immersion historique totale. En contrepartie, les rues touristiques peuvent être bruyantes à la belle saison, et le stationnement y est difficile.
- La Croix-Rousse conviendra aux amateurs d’authenticité et d’esprit village. Plus résidentielle et bohème, la colline offre une ambiance de quartier, de bons cafés et de belles vues sur la ville, à quelques minutes du centre. Un choix intime et agréable pour qui veut vivre Lyon comme un habitant.
- La Confluence attire les amateurs d’architecture contemporaine et de modernité. Le quartier, encore récent, propose un cadre design au bord de l’eau, avec le centre commercial et les berges à portée de main. Il est un peu excentré mais bien relié au centre par le tramway.
- La Part-Dieu, autour de la principale gare et du quartier d’affaires, est le choix des voyageurs privilégiant la praticité, notamment pour un séjour combinant tourisme et déplacements en train. Moins pittoresque, ce secteur très bien desservi rejoint rapidement le centre en métro.
Quel que soit le quartier, on privilégiera un hébergement proche d’une station de métro ou de tramway : les distances lyonnaises sont raisonnables et les transports efficaces.
Comment se déplacer
La bonne nouvelle, c’est que Lyon se parcourt en grande partie à pied. Le centre historique, la presqu’île, les berges et une bonne part des collines se découvrent bien mieux en marchant, et beaucoup des plus beaux moments d’une visite — traboules, ruelles, quais — ne se vivent qu’ainsi. Prévoyez de bonnes chaussures, car les montées vers Fourvière et la Croix-Rousse sont raides.
Pour les distances plus longues, le réseau de transports en commun, le TCL, est dense et efficace : plusieurs lignes de métro traversent la ville rapidement, un réseau de tramways dessert notamment la Confluence, la Part-Dieu et la périphérie, et de nombreuses lignes de bus complètent l’ensemble. À cela s’ajoutent les deux funiculaires — les « ficelles » — qui montent depuis le Vieux Lyon vers Fourvière et vers Saint-Just, bien commodes pour éviter la grimpette. Un même titre permet de combiner métro, tram, bus et funiculaire, et des formules à la journée existent pour les visiteurs.
Les amateurs de deux-roues apprécieront les Vélo’v, le système de vélos en libre-service lyonnais, l’un des plus anciens et des plus développés de France. Avec ses nombreuses stations et les pistes cyclables aménagées le long des berges, c’est une façon idéale de circuler, en particulier le long du Rhône et de la Saône.
Pour arriver ou repartir, Lyon est remarquablement connectée. L’aéroport Lyon-Saint-Exupéry, à l’est de la ville, accueille de nombreux vols nationaux et internationaux ; il est relié au centre par le Rhônexpress, une navette tramway rapide qui rejoint la Part-Dieu en une trentaine de minutes. Côté train, Lyon dispose de deux grandes gares : la Part-Dieu, principale gare TGV, hub majeur pour la France et l’Europe (Paris est à moins de deux heures), et Perrache, plus ancienne, au sud de la presqu’île. Cette excellente desserte fait de Lyon une base idéale pour explorer tout le quart sud-est du pays sans voiture.
Combien de jours à Lyon ?
Lyon se découvre bien en un week-end, mais mérite qu’on s’y attarde. Voici trois formules selon le temps dont vous disposez.
Une journée — Si vous n’avez qu’un jour, concentrez-vous sur l’essentiel historique. Commencez tôt par le Vieux Lyon et ses traboules, montez à Fourvière en funiculaire pour la basilique et le panorama, redescendez déjeuner dans un bouchon. L’après-midi, traversez la Saône vers la presqu’île : place Bellecour, rue de la République, place des Terreaux et sa fontaine Bartholdi. En fin de journée, une promenade sur les berges du Rhône au coucher du soleil. Dense mais possible.
Deux jours — Avec un deuxième jour, on respire. Consacrez la première journée au Vieux Lyon, à Fourvière et au site romain de Lugdunum. Réservez la seconde à la presqu’île (musée des Beaux-Arts, shopping, Opéra) le matin, puis à la Croix-Rousse l’après-midi : traboules des canuts, mur des Canuts, ambiance de village. Terminez par un vrai bouchon et une balade sur les quais illuminés.
Trois jours — Trois jours permettent d’ajouter la modernité et la nature. Après le Vieux Lyon–Fourvière et la presqu’île–Croix-Rousse, consacrez la troisième journée à la Confluence et à son musée spectaculaire, puis au Parc de la Tête d’Or pour une pause verte. Vous aurez le temps de flâner sans courir, de vous perdre dans les Halles Paul Bocuse et, pourquoi pas, d’embarquer pour une croisière fluviale. Avec quatre jours ou plus, on commence à envisager les escapades dans les environs.
Que faire autour de Lyon ?
La position de Lyon en fait un point de départ exceptionnel pour rayonner dans une région d’une grande diversité. En quelques dizaines de minutes, on quitte la ville pour des paysages de vignes, des cités médiévales, des vestiges romains ou des sommets alpins.
Le Beaujolais, immédiatement au nord de Lyon, déroule ses collines de vignes et ses villages de pierres dorées. C’est le pays du vin du même nom, célèbre pour son beaujolais nouveau fêté chaque troisième jeudi de novembre, mais qui recèle aussi de grands crus plus sérieux. La partie dite « pierres dorées », au sud, doit son nom à la belle teinte ocre-jaune de ses villages, parmi les plus pittoresques de France. Une escapade idéale pour une journée de dégustation et de balade dans les vignes.
Pérouges, à l’est de Lyon, est l’une des plus belles cités médiévales de France, perchée sur une colline et ceinte de remparts. Ses ruelles pavées, ses maisons à colombages et sa place centrale semblent figées dans le temps, au point d’avoir servi de décor à de nombreux films historiques. On y déguste la fameuse galette de Pérouges, tarte fine et croustillante au sucre. La visite se fait en une demi-journée.
Vienne, au sud de Lyon le long du Rhône, fut une importante cité romaine et en conserve des vestiges remarquables : un temple antique magnifiquement préservé en plein centre-ville et un théâtre romain adossé à la colline. La ville, également connue pour son festival de jazz estival, se rejoint facilement en train et offre une belle escapade sur les traces de la Gaule romaine.
La vallée du Rhône, qui s’étire vers le sud, est l’une des grandes régions viticoles de France. Ses coteaux escarpés produisent des vins réputés, et l’itinéraire qui descend le fleuve vers Valence puis la Provence traverse des paysages de plus en plus méridionaux, où l’olivier et le cyprès annoncent le Midi. C’est la route naturelle vers Avignon et la Méditerranée.
Enfin, les Alpes sont à portée de main. En moins de deux heures de route ou de train, on rejoint les massifs et les grandes stations, pour skier l’hiver, randonner l’été ou simplement admirer les sommets. Chambéry, Annecy et son lac turquoise, Grenoble au pied des montagnes, et même Genève ne sont pas loin. Cette proximité fait de Lyon une base rêvée pour combiner découverte urbaine et grand air en un seul et même voyage.
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