Perché à environ 130 mètres au-dessus de Paris, Montmartre est le point naturel le plus haut de la capitale. Ancien village de vignerons rattaché à Paris en 1860, la Butte a gardé ses ruelles pavées, ses escaliers et son atmosphère d’atelier. On y vient pour la vue depuis le Sacré-Cœur, pour les peintres de la place du Tertre, mais aussi pour une vigne bien réelle et quelques adresses insolites qui échappent aux cars de touristes. Voici de quoi organiser une balade d’une demi-journée dans le 18e arrondissement.
Monter au Sacré-Cœur pour la vue sur Paris
La basilique du Sacré-Cœur, construite entre 1875 et 1914 dans un style romano-byzantin, couronne le sommet de la Butte. Son parvis offre l’une des plus larges vues sur Paris, gratuite et ouverte à tous. L’entrée de la basilique est libre ; l’accès au dôme, payant, ajoute une vue à 360°. Pour monter, deux options depuis la place Saint-Pierre : gravir les escaliers du square Louise-Michel ou emprunter le funiculaire, qui fonctionne avec un ticket de métro. Arriver tôt le matin permet d’éviter la foule et de profiter de la lumière sur les toits de zinc.
Juste derrière la basilique se cache l’un des plus anciens édifices de Paris : l’église Saint-Pierre de Montmartre, consacrée au XIIe siècle, vestige d’une abbaye qui domina longtemps la colline. Devant le Sacré-Cœur, le square Louise-Michel dévale la pente en terrasses fleuries, avec son manège et ses pelouses où l’on s’installe volontiers pour contempler la ville. C’est aussi de ce belvédère que l’on saisit le mieux la géographie de Montmartre : une butte isolée, longtemps couverte de moulins et de vignes, restée à l’écart du Paris haussmannien.
Flâner de la place du Tertre au vignoble
À quelques pas de la basilique, la place du Tertre concentre portraitistes et caricaturistes installés sous les arbres : c’est le cœur touristique et animé de la Butte, ancienne place centrale du village. En redescendant côté nord, on découvre le Clos Montmartre, la dernière vigne en activité de Paris, plantée rue des Saules. Sa vendange, début octobre, donne lieu à la Fête des Vendanges de Montmartre, l’un des grands rendez-vous populaires du quartier. Juste en face, le cabaret Au Lapin Agile perpétue depuis la fin du XIXe siècle la tradition de la chanson montmartroise.

Sur les traces des peintres
Montmartre a abrité Renoir, Toulouse-Lautrec, Van Gogh, Picasso ou encore Suzanne Valadon. Le Musée de Montmartre, installé dans la plus ancienne maison de la Butte, retrace cette histoire artistique et donne accès aux jardins Renoir, d’où l’on surplombe le vignoble. Un peu plus bas, le Bateau-Lavoir, place Émile-Goudeau, fut l’atelier collectif où Picasso peignit Les Demoiselles d’Avignon : le bâtiment d’origine a brûlé en 1970, mais le lieu reste un jalon de l’art moderne. Non loin, le Moulin de la Galette, immortalisé par Renoir, rappelle qu’une trentaine de moulins tournaient jadis sur la colline.
Le Montmartre insolite, loin des cars
Sous la place des Abbesses, le square Jehan-Rictus abrite le Mur des « je t’aime » : une fresque de lave émaillée où la déclaration est écrite 311 fois, dans quelque 250 langues, œuvre de Frédéric Baron et Claire Kito inaugurée en 2000. Rue de l’Abreuvoir, la Maison Rose, ancienne guinguette peinte par Utrillo, est l’une des façades les plus photographiées de Paris. Place Marcel-Aymé, la statue du Passe-Muraille sort littéralement du mur, en hommage à la nouvelle de l’écrivain. Enfin, le cimetière de Montmartre, plus discret que le Père-Lachaise, abrite les sépultures de Dalida, Stendhal ou François Truffaut.
Descendre côté Abbesses et Pigalle
Le bas de la Butte, autour des Abbesses, concentre cafés, boutiques et bistrots dans une ambiance plus villageoise. La station Abbesses, sur la ligne 12, est la plus profonde du réseau parisien (environ 36 mètres) et conserve l’une des dernières entrées Art nouveau d’Hector Guimard. En poursuivant vers le sud, on rejoint Pigalle et le Moulin Rouge, cabaret ouvert en 1889 au pied de la colline. Pour prolonger la balade côté tables et verres, nos sélections d’adresses où manger à Montmartre et de bars insolites du quartier complètent l’itinéraire.
Cinéma, art brut et pauses gourmandes
Montmartre a nourri le cinéma autant que la peinture. Rue Lepic, le café des Deux Moulins a servi de décor au Fabuleux Destin d’Amélie Poulain (2001) et attire toujours les curieux. À deux pas, l’Espace Dalí, niché rue Poulbot, présente une collection d’œuvres surréalistes — sculptures et gravures — du maître catalan, dans une scénographie sombre et théâtrale. Au pied de la Butte, la Halle Saint-Pierre expose l’art brut et singulier, tandis que le marché Saint-Pierre voisin reste le rendez-vous des amateurs de tissus depuis des générations.
Côté gourmandises, la Butte se prête à la flânerie : boulangeries primées, chocolatiers et terrasses se succèdent dans les rues des Abbesses, Lepic et des Trois-Frères. La place Dalida, ornée d’un buste de la chanteuse qui vécut dans le quartier, offre une belle perspective sur la rue de l’Abreuvoir et la Maison Rose. Un peu plus loin, la rue Saint-Rustique, l’une des plus anciennes de Paris, donne une idée de ce à quoi ressemblait le village de vignerons avant son rattachement à la capitale : un dédale campagnard que les peintres du début du XXe siècle ont figé pour toujours sur leurs toiles.
Infos pratiques pour visiter Montmartre
Accès : métro Abbesses ou Anvers (puis funiculaire) pour le versant sud, Lamarck–Caulaincourt pour une montée plus douce côté nord. Prévoyez de bonnes chaussures : la Butte se parcourt à pied, entre pavés et escaliers. Le quartier est agréable toute l’année, mais le printemps et le début d’automne, hors des grosses affluences estivales, restent les meilleures périodes. Pour une balade au calme, visez la matinée en semaine. Cet article s’inscrit dans notre série de balades parisiennes : retrouvez notamment la station Abbesses, porte d’entrée de la Butte, et toutes nos idées de week-ends et de city-breaks en France.
Que faire à Montmartre : questions fréquentes
Combien de temps prévoir pour visiter Montmartre ?
Une demi-journée suffit pour l’essentiel (Sacré-Cœur, place du Tertre, ruelles et Mur des « je t’aime »). Comptez une journée entière si vous ajoutez un musée et une pause déjeuner.
Comment monter au Sacré-Cœur sans marcher ?
Le funiculaire de Montmartre relie la place Saint-Pierre au parvis de la basilique et s’utilise avec un ticket de métro classique.
Y a-t-il vraiment une vigne à Montmartre ?
Oui. Le Clos Montmartre, rue des Saules, est la dernière vigne en activité de Paris ; sa récolte est célébrée chaque octobre lors de la Fête des Vendanges.
Où voir le Mur des « je t’aime » ?
Il se trouve dans le square Jehan-Rictus, juste à côté de la place des Abbesses (métro Abbesses, ligne 12).
Quel est le meilleur moment pour éviter la foule ?
Tôt le matin en semaine, ou au printemps et au début de l’automne, hors de la haute saison estivale.